‹ Des anévrysmes et de leur traitementChapitre 3 sur 217 · II PRÉFACE · texte numérisé non relu

II PRÉFACE

(le toutes los inéiliodes colle qu'on a étudiL'O avoc le plus de légèreté. On a îidmis une fois pour toutes que, pour guérir les anévrysmes, il fallait lier l'artère au-dessus du sac, puis, ce principe une fois posé, on a réduit la chirurgie des anévrysmes à une pure question de médecine opératoire. Toute l'activité des investigateurs s'est dirigée de ce côté ; on a créé des procédés sans nombre ; on a appris à lier lestement les vaisseaux les plus profonds ; on n'a pas reculé devant les plus gros troncs artériels ; des expériences multipliées ont permis de discuter la valeur relative des divers moyens capables de faire oblitérer les artères ; les ligatures rondes ou plates, grosses ou petites, végétales ou animales , médiates ou immédiates, temporaires ou permanentes ont eu leurs partisans et leurs adversaires. C'est dans ce cercle que les chirurgiens ont tourné pendant plus de quarante ans.

Ces recherches ont eu sans doute leur utilité. Mais en s'occupant de perfectionner Vopération, on a négligé d'étudier la méthode; en cherchant com n.n la ligature agissait sur V artère, on ne s'est pas inquiété de savoir comment elle agissait sur la tumeur. Je ne puis m'expliquer autrement qu'on ait accordé si peu d'attention au mode d'action de la méthode d'Anel , et aux modifications souvent fort dangereuses qu'elle fait subir aux tumeurs anévrysmales. Cette acune, très-fâcheuse pour la théorie et plus fâcheuse encore pour la pratique, était pourtant bien facile à combler, car on ne manquait ni d'observations ni d'autopsies. Mais personne ne prenait la peine de réunir un nombre suffisant de faits. Chacun s'en rapportait à ce qu'il avait vu, et qu'est-ce que l'expérience d'un homme lorsqu'il s'agit d'une affection aussi rare que l'anévrysme, aussi capricieuse dans sa marche, aussi multiple dans ses formes?

J'ai donc été obligé, non-seulement d'édifier la description des méthodes nouvelles, mais encore de recommencer d'un bout à l'autre l'étude de toutes les autres méthodes. C'est ce qui explique la longueur insolite de cet ouvrage. Pour être certain de ne pas sortir de la réalité, j'ai rassemblé, analysé et groupé près de 1 ,4 00 observations d'anévrysmes ; j'ai accordé une attention toute spéciale aux faits accompagnés d'autopsie ; — j'ai acquis ainsi des notions précises sur le mode d'action des diverses méthodes , et j'ai pu décrire plusieurs phénomènes importants dont les auteurs jusqu'ici ne s'étaient pas même occupés.

Je n'ai pas pu éviter de donner quelquefois des explications dont on pourra contester la valeur, et je dois déclarer que moi-même j'y attache peu d'importance. Mais j'ose dire que, dans mes descriptions , je n'ai pas émis une seule assertion qui no reposât sur des observations bien positives. Pour les phénomènes que tout le monde a étudiés et qui ne sont l'objet d'aucune contestation , j'ai cru pouvoir me dispenser de citer les faits particuliers, qui auraient été trop nombreux , et dont la seule énumération aurait allongé indéfiniment cet ouvrage. Mais pour les phénomènes moins connus , pour

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ceux que les auteurs classiques ont passés sous silence, pour ceux qu'ils ont mal interprétés, j'ai dû m'entourer de preuves matérielles et j'ai eu soin de citer les observations en renvoyant exactement aux sources.

Les cinq premiers paragraphes du long chapitre de la compression indirecte et les deux tableaux placés à la fin du volume ont déjà paru, en 1854, dans la Gazette hebdomadaire. Jai fait dans le texte des additions nombreuses et importantes en profitant des observations et des documents que j'ai recueillis depuis lors. Les deux derniers paragraphes paraissent aujourd'hui pour la première fois. Toutes les descriptions de ce chapitre reposent sur l'analyse des cent soixante-trois observations de la période irlandaise, qui composent mon deuxième tableau. J'aurais pu compléter ce tableau en y ajoutant les faits qui se sont produits depuis deux ans, et cinq ou six faits plus anciens qui avaient échappé âmes premières recherches ; j'aurais pu encore en retrancher les observations de M. Tyrrel, qui sont antérieures à la période irlandaise, ainsi que je l'ai récemment reconnu, et qui dès lors auraient mieux trouvé leur place dans mon premier tableau. Mais cela aurait eu l'inconvénient de changer le numéro d'ordre de toutes les observations mentionnées dans le texte, de modifier tous les relevés, de m'obliger sans utilité à refondre entièrement la rédaction et de m'exposer tout gratuitement à commettre quelques erreurs déchiffres. Au reste, je ne tiens nullement à entendre dire que mes tableaux contiennent toutes les observations d'anévrysmes traités par la compression indirecte, et je n'ai pas la prétention d'avoir lu tous les journaux qui ont paru depuis quinze ans dans tous les pays où on cultive la chirurgie. J'ai voulu simplement mettre sous les yeux du lecteur le résumé des faits nombreux qui ont servi de base à mes descriptions; j'ai voulu encore me donner le droit de désigner les observations par leur numéro d'ordre, en évitant la répétition incessante et fastidieuse des noms propres.

J'ai accordé une attention toute spéciale aux questions d'histoire et de bibUographie. Ceux qui aiment la vérité historique me sauront gré peut-être des efforts que j'ai faits pour débarrasser la science d'un grand nombre d'erreurs qui depuis longtemps se transmettent de livre en livre. J'ai pu en laisser persister quelques-unes, mais j'ai fait tout ce qui dépendait de moi pour éviter d'en commettre moi-même. J'ai tenu à vérifier de mes propres yeux tous les textes et toutes les citations , et il y a tel fait isolé qui m'a coûté plusieurs semaines de recherches. Je saisis avec empressement cette occasion pour remercier messieurs les bibliothécaires de la Faculté de leur inépuisable complaisance , et du concours éclairé qu'ils ont bien voulu me prêter. Lorsqu'il m'a été impossible de me procurer les documents originaux, j'ai dû me contenter de citer de seconde main, mais cela ne m'est arrivé que bien rarement, et jai eu soin alors de laisser la responsabilité de la citation à l'auteur à qui je l'empruntais.

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