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INFLAMMATION DES ANÉVRYSMES. — RÉSOLUTION

inférieures ; mais il peut se faire que la dilatation des collatérales marche avec une trop grande lenteur, qu'elle soit insuffisante, et qu'une mortification plus ou moins étendue en soit la conséquence. La gangrène débute alors le plus souvent sur l'extrémité inférieure du membre , et remonte à une hauteur variable. Cet accident, au surplus, ne se présente que rarement. Je n'ai pu me dispenser d'en parler; mais je dois ajouter qu'il ne dépend pas entièrement de la nature de la cause qui produit l'oblitération des anévrysmes. Toutes les fois qu'un anévrysme guérit par un procédé quelconque, par une cause naturelle ou accidentelle, par un travail spontané ou provoqué, l'artère tend à s'oblitérer au niveau de l'anévrysme, et le malade court par conséquent quelques chances de sphacèle. Ces chances, toutefois, sont plus nombreuses lorsque la tumeur se remplit de caillots passifs que lorsqu'elle est oblitérée par des caillots actifs , parce que , dans ce dernier cas, la solidification est moins rapide et qu'elle laisse aux collatérales la facilité de se développer graduellement.

3" Terminaison par résolution. — L'inflammation des anévrysmes peut enfin se terminer par résolution. Cette terminaison est préférable aux deux autres, parce que du moins elle n'expose pas immédiatement les jours du malade; mais elle est loin d'être exempte d'inconvénients et de dangers, car si, dans quelques cas, elle est suivie d'une guérison satisfaisante, d'autres fois elle laisse persister l'anévrysme, et plus souvent encore elle est suivie, au bout d'un temps variable , d'une inflammation nouvelle qui est provoquée par la présence des caillots passifs, et qui aboutit inévitablement à la suppuration et à la rupture du sac.

Quoi qu'il en soit, la résolution de l'inflammation anévrysmale est annoncée par des phénomènes qui n'ont pas besoin d'être décrits. La douleur, la chaleur, la tuméfaction du tissu cellulaire, la rougeur de la peau, la fièvre s'il y en a, se dissipent graduellement. Je n'y insisterai pas. Voyons maintenant ce que devient la tumeur anévrysmale.

Quelquefois cette tumeur recouvre peu à peu ses caractères primitifs. Devenue un peu plus ferme et un peu moins pulsatile pendant la durée de l'inflammation, elle se ramollit de nouveau dès que l'inflammation est passée , et les battements ne tardent pas à reprendre leur ancienne énergie. L'explication de ces phé-

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nomènes est facile à donner : l'inflammation a fait pre'cipiter dans le sac quelques caillots passifs, le sac est néanmoins reste perméable au sang, et ces caillots, incessamment battus par les ondées sanguines, n'ont pas tardé à se dissocier et à disparaître. C'est là, comme on le sait bien aujourd'hui, la destinée ordinaire des caillots passifs qui sont exposés au choc des liquides en circulation. En parlant de l'électro-puncture , j'aurai l'occasion de citer plus d'un fait du même genre.

Il arrive pourtant quelquefois qu'après la résolution de l'inflammation, l'anévrysme reste plus dur, moins réductible, et moins pulsatile (ju'il ne l'était auparavant. Est-ce parce que quelques caillots passifs se sont condensés au point de résistera l'action mécanique des ondées sanguines ? Est-ce parce que des caillots fibrineux se sont déposés pendant que la présence des caillots actifs ralentissait la circulation? Est-ce parce qu'une certaine quantité de lymphe plastique a été sécrétée parles parois de la poche enflammée, ou parce qu'il est survenu quelque changement dans la forme et les dimensions de l'orifice de l'anévrysme ? Ce sont ici des questions que je pose sans les résoudre.

Dans les cas les plus heureux, on trouve que la tumeur a coni- ])létement cessé de battre. Sans présenter la dureté comme fibreuse des anévrysmes oblitérés parla fiJjrine pure, elle possède une consistance assez ferme, ne laisse percevoir aucune fluctuation, et est tout à fait irréductible ; en un mot, elle est entièrement remplie de caillots passifs qui se prolongent en général jusque dans l'artère.

Mais le malade, pour cela, ne doit pas être considéré connue guéri ; il est encore soumis à plusieurs éventualités : celles-ci ne dépendent pas de la cause qui a produit la coagulation du sang, mais de la nature même de cette coagulation , qui est constituée par des caillots passifs. Plusieurs méthodes thérapeutiques font déposer dans les anévrysmes des caillots de même nature, et exposent les malades aux mêmes éventualités.

Ceci me conduit à étudier d'une manière générale les diverses conséquences de l'oblitération du sac par des caillots passifs. Je demanderai la permission d'insister quelques instants sur ce point si peu connu de l'histoire des anévrysmes, afin de pouvoir me dispenser d'y revenir lorsque j'étudierai en particulier les

CONSÉQUENCES DE I,'01ir,lTÉRATI0N PASSIVE. 173

méthodes qui agissent en provoquai) t la coagulation passive du sang.

Conséquences de l'oblitération par les caillots passifs.

Toutes les fois que l'oblitération d'un anévrysme est due à des caillots passifs, on doit craindre d'une part la récidive, d'une autre part la suppuration consécutive et la rupture du sac. Ces deux éventualités fâcheuses ne sont pas suffisamment compensées par les chances favorables d'une résolution pure et simple.

Il est possible en premier lieu que l'artère, oblitérée au niveau del'anévrysme, recouvre sa perméabilité par suite de la destruction des caillots passifs qui l'encombrent. Le sang se présente donc de nouveau à l'orifice de l'anévrysme : là il rencontre d'autres caillots passifs qui ont le même sort que les précédents; peu à peu il pénètre dans la tumeur, s'y creuse une cavité toujours croissante, dissocie et entraîne les caillots passifs qui y sont renfermés, et rend à l'anévrysme tous ses anciens caractères (1). La guérison n'a été que momentanée ; une récidive plus ou moins prompte a succédé à l'oblitération insuffisante que produisent les caillots passifs.

Ainsi s'expliquent les récidives qui s'observent à la suite de l'application- de certaines méthodes, telles que la galvano-punctiire et la ligature. Toute méthode qui fait déposer des caillots passifs dans le sac anévrysmal expose à la récidive au même titre que l'oblitération spontanée produite par l'inflammation. Les caillots passifs ne sont pas organisables ; ils ne résistent que par leur force de cohésion , qui est toujours assez faible, et le choc des courants sanguins finit souvent, au bout d'un temps variable, par les dissocier et les entramer. Voilà pourquoi les oblitérations de ce genre , qu'elles soient spontanées ou provoquées par l'art, exposent à la récidive.

Le plus souvent, toutefois, les anévrysmes oblitérés par suite de rinflammation restent définitivement imperméables au sang artériel : c'est parce que le caillot passif qui bouche l'artère adjacente ne tarde pas à être soutenu par des dépôts fibrlneux. Ce bouchon est un corps étranger intra-vasculaire sur lequel

Cl) Cas (le Schiferli , Juurmt de Sfdillot, T, UT, p. (iGI.

la colonne sanguine vient se heurter, et, s'il résiste pendant quelques jours, la fibrine du sang se dépose peu à peu à sa surface, jusqu'au niveau de la première collatérale. L'oblitération de l'artère peut donc devenir définitive , comme elle peut n'être que temporaire. Dans ce dernier cas, la récidive survient, comme on l'a vu plus haut ; dans le cas contraire , les caillots passifs , emprisonnés dans le sac , restent définitivement à l'abri du courant sanguin, et il y à lieu de se demander ce qu'ils vont devenir.

La tumeur, assez ferme pendant les premiers jours , ne tarde pas à se ramollir ; elle peut même devenir tout à fait fluctuante. — Privés d'organisation , incapables de participer à la vie , les caillots passifs se résolvent en une sorte de bouillie noire et grumeleuse , semblable à celle qui s'écoule lorsqu'on incise un foyer de sang datant de quelques jours. Quelquefois cette matière inerte n'exerce sur les parois de la poche anévrysmale aucune action nuisible; elle ne provoque aucune inflammation et finit par se résorber. Cette résolution , au surplus , ne s'effectue que très-lentement, et il s'écoule quelquefois plusieurs mois avant que la tumeur ne commence à s'affaisser. Pendant la plus grande partie de ce travail , l'anévrysme reste fluctuant et ressemble , à s'y méprendre , à une collection de liquide ; néanmoins , le contenu de la poche conserve en général la consistance de la gelée ; c'est une masse d'un rouge noirâtre et gélatiniforme. La tumeur, malgré sa mollesse, reste irréductible et privée de pulsations, ce qui s'explique par l'oblitération de l'artère adjacente.

Au bout d'un temps variable, l'anévrysme, réduit à un volume moins considérable , commence enfin à prendre un peu plus de consistance. Il fluctue encore , mais d'une fluctuation obscure , comparable à celle d'un kyste à parois très-épaisses. Cette fluctuation n'existe plus qu'au centre de la tumeur, dont les couches extérieures sont dures et solides. Plus tard , enfin , la tumeur diminue encore, et se réduit à un noyau plus ou moins volumineux, ferme, arrondi, qui peut s'affaisser encore, mais qui peut aussi rester longtemps stationnaire. Lorsque les choses en viennent \k le malade est en général guéri ; la récidive est impossible, et la plupart des accidents sont conjurés. Il peut se faire néanmoins qu'au bout de plusieurs mois et même de plusieurs années, il se fasse au niveau de la tumeur un abcès plus ou moins con-

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