CHAPITRE Y
Styptiqiies ou astringents.
Les styptiques n'ont guère été employés que comme moyen palliatif ou adjuvant. On les applique sur la peau qui recouvre l'anévrysme dans le but de rendre aux parois de l'artère la tonicité qu'elles ont perdue. Ce but est tout à fait illusoire, et si les styptiques ont paru quelquefois donner de bons résultats, c'est parce qu'on les a associés à la compression directe, ou parce que quelques-uns d'entre eux peuvent, en s' évaporant, soustraire aux tissus une certaine quantité de calorique et agir comme réfrigérants.
On a proposé successivement un grand nombre d'emplâtres et de liquides jouissant de propriétés plus ou moins styptiques ou astringentes. Tels sont le tan, la poudre d'encens, l'emplâtre de cyprès, le vinaigre, l'eau de Rabel, le vin, l'argile, l'écorce de chêne , etc.
Les chirurgiens chinois appliquent sur les anévrysmes traumatiques un emplâtre composé de trois parties d'encens et de sept parties d'alun fondu. Pour les anévrysmes spontanés ils exercent une compression directe, après avoir placé sur la tumeur de l'encre liquide contenue dans la moitié d'une coque de longyuen (1).
Aétius conseillait déjà d'appliquer l'emplâtre de cyprès sur les anévrysmes du cou (2). Guy de Ghauhac(3), Pierre de Largelata (h), et, après eux, un grand nombre d'autres, ont également
(1) p. Sue. Sur l'ctal de la cliirttrgie en Chine, dans Journal de SédiUot, T. IX , p. 129 (an VUl).
(2) Aétius. Tetrab. IV, serm. Ui, cap. \.
(3) Guy de Chauliac. Éclit. de Laurent Joubert , Traicté II , doclr. Il , chap. IV.
W Pierre de Largelata. Cirurgia. Venise, l'i97, in-fyl. goili., p. 2U , verso, col, 2.
228 MÉTHODE Di; LARREV.
parlé des astringents. Cette méthode est donc fort ancienne; mais elle n'a aucune action propre et ne mérite pas de nous arrêter plus longtemps.