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CHOIX DES AIGUILLES

de Grove (1). Il ne fixe pas le nombre des couples et paraît par conséquent attacher plus d'importance à l'intensité qu'à la tension. Je ne cache pas que je suis disposé à adopter cette opinion, et que la pile de Bunsen, de moyen format, à deux ou trois éléments, me semble de nature à remplir toutes les indications.

On fait pénétrer l'électricité dans le sac au moyen de l'acupuncture, et le choix des aiguilles n'est pas indifférent.

On donne généralement la préférence aux aiguilles composées d'un métal très-facile à oxyder, comme le fer doux ou l'acier. Ces aiguilles conduisent beaucoup mieux l'électricité que les aiguilles d'or, d'argent et de platine. Elles s'échauffent moins sous l'influence des courants ; mais je crois avoir démontré que cet avantage est tout à fait illusoire. On pense aussi qu'elles augmentent l'action chimique de la pile ; que par leur affinité pour l'oxygène elles favorisent la décomposition de l'eau; que l'oxyde qui en résulte, par son affinité pour les acides, favorise la décomposition des sels ; qu'enfin toutes ces circonstances réunies favorisent la décomposition de l'albumine. Je ne conteste pas ces diverses propositions, mais je ne pense pas que la question soit jugée sans appel ; je n'ai pas trouvé , pour ma part , de différence bien prononcée entre les aiguilles d'acier et les aiguilles de platine, et je ne m'explique pas comment M. SteiUn a pu être conduit à dire que ces dernières ne produisaient aucune action sur l'albumine.

On a pensé encore que les métaux oxydables avaient l'avantage d'absorber une partie de l'oxygène dégagé. C'est incontestable ; mais l'oxygène ne constitue que le tiers du volume total de la masse gazeuse qui résulte de la décomposition de l'eau, et j'ai déjà dit, d'ailleurs, combien sont exagérées les craintes qui ont été émises sur l'influence nuisible des gaz que la galvano-puncture met en liberté.

Les aiguilles oxydables ont un inconvénient dont il faut tenir compte : l'aiguille positive oxydée perd son poli et devient plus grosse ; il en résulte qu'elle est quelquefois difficile à retirer. Il faut alors exercer des tractions assez fortes , en faisant tourner sur elle-même l'aiguille, dont les rugosités déchirent les tissus.

(1) Gaz, méd, de Paris, 1852, p. "778.

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J'attribue volontiers à cette circonstance les petites hémorrhagies qu'on a observées , et je pense en outre que la dilacération des tissus accroît beaucoup les chances de l'inflammation.

J'invite donc les chirurgiens à faire quelques tentatives avec des aiguilles d'or, d'argent ou de platine. Je n'ose rien prédire à l'avance ; mais je crois pouvoir affirmer que les raisons théoriques qui ont fait rejeter ces métaux n'ont pas une valeur suffisante.

J'ajoute que M. Ch. Burci, dont le travail, publié à Pise il y a trois ans, a été analysé dans la Gazette médicale, a été conduit par ses expériences à donner la préférence aux aiguilles inoxydables (1).

11 ne faut jamais négliger de vernir la partie moyenne des aiguilles avec une substance isolante quelconque, pour empêcher la dissémination de l'électricité dans les tissus , et pour réduire autant que possible les chances de l'escharificalion hnéaire qu'on observe si souvent sur le trajet des aiguilles. L'extrémité extérieure des aiguilles doit se terminer en anneau ou en crochet, afin de facihter l'application des rhéophores.

Quel doit être le volume des aiguilles ?

Les conducteurs les plus volumineux sont ceux qui opposent le moins de résistance au passage de l'électricité. Il semble donc utile, pour favoriser l'action coagulante de la pile, d'employer des aiguilles aussi grosses que les fils conducteurs. Si on agit autrement, on diminue l'activité de la pile; mais cela n'est vrai que lorsqu'on se contente d'employer une seule aiguille positive et une seule aiguille négative. Si, au lieu d'une seule aiguille grosse, on fait communiquer chaque pôle avec plusieurs aiguilles petites, on laisse à la pile toute son action.

Or, les aiguilles de petit volume ont plusieurs avantages trèsmanifestes. Et d'abord, elles peuvent être introduites en plus grand nombre dans le sac, ce qui permet de multiplier les sources du caillot, suivant l'expression de M. Pétrequin. En second lieu, le courant, disséminé sur plusieurs aiguilles, moins fort, par conséquent, sur chacune d'elles, respecte bien mieux l'intégrité des parties molles que ne le ferait un courant plus énergique traver-

(1) Gaz. médicale de Paris , 1853, p. 778.

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sant une grosse aiguille. La multiplicité des aiguilles n'empêche pas , en définitive , l'électricité de pénétrer tout entière dans le sac ; mais, pour y pénétrer, elle suit à travers les parties molles plusieurs trajets isolés. L'irritation est ainsi rendue moins forte , et les chances de l'escharification sont considérablement diminuées. Je rappellerai encore à ce propos ce que j'ai observé dans deux cas où j'ai employé trois aiguilles positives et une seule aiguille négative. L'aiguille négative unique, recevant toute l'électricité , détermina dans les tissus des lésions beaucoup plus considérables que les autres aiguilles. Ainsi, le principal avantage des aiguilles fines est tiré de la possibilité d'en introduire plusieurs pour chaque pôle. Certes, il ne serait pas impossible d'introduire delà même manière plusieurs aiguilles grosses, surtout lorsque l'anévrysme est volumineux; mais cela exposerait, sans la moindre utilité , à déterminer dans les parties molles une irritation plus considérable. Le trajet a en efiet d'autant plus de chances de suppurer que l'aiguille est plus volumineuse.

On a craint que les aiguilles trop déliées ne fussent rendues cassantes par l'oxydation , et que leur pointe ne restât après la galvano-puncture dans le sac anévrysmal. Cette objection serait applicable tout au plus aux aiguilles très-oxydables ; elle est d'ailleurs entièrement théorique. Je ne sache pas que jamais, ni sur les animaux, ni sur l'homme, on ait vu la pointe de l'aiguille la plus fine se briser ainsi dans les tissus. — On a encore objecté que les aiguilles fines s'échauflent plus facilement que les autres et doivent exposer tout particulièrement à la formation des eschares, erreur capitale que je n'ai plus besoin de réfuter. Je crois pouvoir affirmer au contraire que les chances de l'escharification, toutes choses égales d'ailleurs, sont plus considérables lorsqu'on emploie de grosses aiguilles.

En résumé, je donne la préférence aux aiguilles vernies à leur partie moyenne, large d'environ -j millimètre et multiples pour chaque pôle.

Lorsqu'on a fait choix delà pile et des aiguilles les plus convenables , on procède à l'opération. On se propose toujours d'obtenir la coagulation immédiate, parce que la coagulation consécutive, due à l'inflammation, constitue un mode de guérison plus incertain et plus dangereux que le premier.

3aft (iALVANO-PUNCTURE.

Toutes les fois que cela est possiblo, on commence par exercer une compression méthodique sur l'artère au-dessous de la tumeur, afin de diminuer l'énergie de la circulation dans l'anévrysme et de protéger les caillots naissants contre la violence des courants sanguins. Pendant toute la ,durée de l'opération , cette compression, faite soit avec les doigts, soit avec un tourniquet, doit être totale, c'est-à-dire poussée au point d'aplatir entièrement le vaisseau. Lorsque l'opération est terminée, on peut maintenir pendant quelques heures encore la compression totale , après quoi on la remplace par une compression partielle permanente qu'on laisse à demeure pendant plusieurs jours, afin de donner aux caiUots le temps de se consolider. Je ferai connaître plus loin, dans le chapitre de la Compression indirecte, les appareils dont on doit se servir pour gêner le cours du sang artériel, M. Pétrequin, qui a insisté sur l'utiUté de cette manœuvre auxiliaire, a peut-être eu tort de ne pas indiquer le degré de compression nécessaire en pareil cas. On n'a pas oublié qu'un tourniquet trop serré n'avait pas été étranger à la gangrène dont fut atteint le malade cité par M. Constant Roux, Tuais revenons aux préliminaires de la galvano-puncture.

Lorsque le siège de la tumeur ne s'y oppose pas , il est bon , pendant la durée de l'opération, de comprimer également la partie du vaisseau située au-dessous de l'anévrysme. On a ainsi le double avantage de diuiinuer encore la quantité de sang qui passe dans la tumeur , et de forcer ce liquide à distendre fortement le sac. Je proposerais même de commencer par cette compression inférieure, et, lorsque la poche serait bien distendue, d'appUquer le tourniquet supérieur. La compression inférieure, ne devant être maintenue que pendant la durée de la galvanopuncture, sera autant que possible rendue totale; mais il est rare que le siège de la tumeur permette d'exercer celte compression inférieure avec toute l'efficacité désirable. Les anévrysmes du pli du coude ne s'y accommodent en aucune façon; ceux du jarret y sont encore plus réfractaires; ceux de la sous-clavière , de l'axillaire ou de l'ihaque externe s'y prêtent au contiaite fort bien , et lorsqu'on se décide à traiter ces anévrysmes par la galvano-puncture, on doit d'autant plus tenir à la compression inférieure que a compression, même passagère, de l'artère au-dessus du sac, est

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