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ACTION DU PERCHLORURE SUR LE SANG

chlorure soit due uniquement à l'excès d'acide. Je suis convaincu, au contraire, que ce sel est caustique par lui-même. Mais il est clair, d'une part, qu'il y a tout avantage à l'employer à l'état de pureté, et, d'une autre part, que son action sur les tissus, qu'elle soit caustique ou simplement irritante, doit décroître à mesure qu'on l'emploie en solutions plus étendues.

Étudions maintenant l'action du perchlorure sur le sang.

Les expériences très-nombreuses qui ont été faites, et que j'ai répétées pour la plupart, prouvent que cette action est toute chimique et qu'elle est due à la combinaison du perchlorure avec l'albumine du sang.

Qu'on agisse sur une colonne sanguine emprisonnée entre deux compressions sur les artères des animaux , ou sur le sang de l'homme au moment où il s'écoule de la veine, ou sur ce même sang défibriné par le battage, ou enfin sur le sérum d'une saignée ordinaire, les résultats qu'on obtient sont dans tous les cas à peu près les mêmes. M. Burin-Dubuisson a cependant cru remarquer que la présence de la fibrine donne un peu plus de consistance au caillot (1).

L'expérience faite sur le sérum pur et simple donne un résultat vraiment surprenant. En versant avec un flacon cinq ou six gouttes de perchlorure à 30° dans 1 centilitre de ce sérum, et en agitant le mélange, on voit le liquide se prendre au bout de 30 secondes en une masse sofide, demi-transparente, de couleur sucre d'orge, légèrement grumeleuse, et assez dure pour qu'un bâton de verre y puisse rester debout. Le volume du coagulum est exactement le même que celui du sérum employé. Au bout de deux à trois heures, on trouve que le coagulum a pris une consistance beaucoup plus considérable encore, qu'il s'est trèslégèrement affaissé, et que quelques gouttes d'un liquide citrin se sont séparées de la masse solide.

Ce premier résultat ne doit pas être attribué à la coagulation pure et simple de l'albumine. Il y a combinaison chimique et formation d'un corps nouveau, le chloro-ferrate d'albumine.

In excès de perchlorure ne tarde pas à ramollir et même à dissoudre le coagulum.

(1) Gat. méd. de Lyon , 1853, T. V, p. 173.

39^1 INJECTIONS COAGULANTES.

'■ Sur le sang défibriné et sur le sang vivant, les résultats sont à peu près les mêmes, sauf la couleur du caillot. Je les décrirai avec soin parce que l'élude de ces phénomènes domine pour ainsi dire toute l'histoire des injections coagulantes.

Lorsqu'on laisse tomber dans un vase immobile qui renferme du sang défibriné quelques gouttes de perchlorure à 30", les deux liquides ne se mélangent pas. Les gouttes de perchlorure vont au fond du vase. Au bout de cinq à six minutes, le sang paraît encore tout à fait liquide; mais, si on décante, on trouve qu'il y a au fond du vase une masse solide noire, surmontée de plusieurs petits bâtons de même nature implantés perpendiculairement sur le caillot principal. Ces bâtons sont des caillots formés sur le trajet que chaque goutte a parcouru en allant au fond du vase ; ils ont 2 à 3 millimètres de large, et ils sont tellement solides qu'ils peuvent avoir jusqu'à 3 centimètres de long et ne pas se rompre pendant l'opération du décanlage. Leur consistance est toujours la même, quelles que soient les proportions relatives du perchlorure et de la masse sanguine.

Au reste, on a beau prolonger l'expérience, attendre une demiheure ou une heure avant de décanter, le coagulum ne dépasse jamais le volume qu'il avait déjà au bout de six minutes. Il devient seulement un peu plus dur.

Le volume du caiUot, celui des bâtons, sont d'autant plus considérables qu'on emploie une solution moins concentrée. C'est parce que, dans ce dernier cas, le perchlorure se mêle plus aisément au sang.

Voilà tout ce qu'on obtient lorsqu'on se contente de verser le perchlorure sans agiter le liquide. Jamais on ne réussit à coaguler entièrement la masse sanguine, même en y faisant tomber une dose de solution bien supérieure à celle qui est indiquée comme capable de produire une solidification complète.

Pour obtenir le résultat désiré, il faut agiter le hquide avec une baguette de verre, afin de mettre successivement toutes les molécules du sang en contact avec le perchlorure. Le caillot qu'on produit par ce procédé ne présente plus, comme dans le cas précédent, un volume fixe et une consistance uniforme. 11 varie suivant le nombre et le degré de concentration des gouttes de perchlorure employées pour une quantité déterminée de sang.

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