‹ Des anévrysmes et de leur traitementChapitre 99 sur 217 · REMARQUES PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

REMARQUES PRÉLIMINAIRES

abdominale. On a commencé par admettre le précepte de lier l'artère au-dessus de la tumeur ; puis on a réduit la chirurgie des anévrysmes à une pure question de médecine opératoire. C'est à qui inventera quelque nouveau procédé pour découvrir en un tour de main des artères qui ne seront peut-être jamais liées sur l'homme vivant; c'est à qui instituera sur les animaux de nouvelles expériences pour apprécier la valeur relative des diverses sortes de fils. Ces tentatives sont louables et ont donné des résultats utiles ; mais en concentrant toute l'attention des chirurgiens sur l'artère Uée, elles ont fait perdre de vue la tumeur elle-même. Aujourd'hui, il n'est personne qui n'ait étudié avec soin les effets directs de la ligature sur les vaisseaux; et presque tout le monde ignore les effets indirects de la méthode d'Anel sur les anévrysmes. L'artère une fois liée, la tumeur devient ce qu'elle peut. Le chirurgien se résigne à n'être plus qu'un simple opérateur. Si l'anévrysme récidive, s'il suppure, s'il se rompt en donnant Heu â une hémorrhagie funeste, on subit ce malheur avec calme, on paraît croire que les anévrysmes ne peuvent guérir qu'à ce prix, et loin de s'en prendre à la ligature, on part de là pour rejeter les autres méthodes sous prétexte qu'eUes sont moins énergiques et qu'elles doivent, bien plus que la hgature, exposer à la récidive, à la rupture de la tumeur et aux abcès suivis d'hémorrhagies.

En d'autres termes, on se résigne à courir les chances graves qui sont inséparables de la ligature d'une grosse artère, parce qu'on s'imagine que ce moyen, le plus propre de tous à maîtriser la circulation, doit être en même temps le plus certain et le plus satisfaisant dans ses effets sur la tumem*. Or cette théorie est complètement fausse, et elle n'aurait pas vu le jour si on avait étudié avec plus de soin le mode d'action de la méthode d'Anel sur les anévrysmes.

Pour établir un parallèle vraiment scientifique entre la ligature et les autres méthodes , il faut poser de nouvelles bases. C'est pour cela que j'ai tant insisté sur la physiologie pathologique des anévrysmes et sur les divers modes de guérison. J'irai jusqu'au bout dans cette voie, et contrairement à ce qui a été fait jusqu'ici, je laisserai de côté tout ce qui se rattache à ropé/Y/tionrfe la hgature , au choix des moyens de constriction et à l'oblitération de

UUO MÉTHODE d'aNEL.

Tarière liée, pour concentrer toute mon attention sur lOiinéthode en elle-même, c'est-à-dire sur les modifications qu'elle fait subir aux parties malades.

L'opération de la '.ligature, en effet, n'a rien de spécial. Elle n'appartient pas plus à l'histoire des anévi-ysmes qu'à celle des plaies artérielles. Qu'il s'agisse d'une tumeur anévrysmale ou de toute autre affection , on procède de la même manière pour mettre l'artère à nu, on la soumet aux mêmes manœuvres, on y provoque les mêmes phénomènes, on fait courir aux malades les mêmes chances de phlébite et d'hémorrhagie consécutive. Je n'ai pas plus à décrire ici l'opération de la ligature, que je n'aurai à décrire l'amputation lorsque je parlerai des cas où l'anévrysme exige le sacrifice du membre. Je prendrai donc la ligature comme un fait que je supposerai connu dans tous ses détails , et je débarrasserai ainsi l'étude de la méthode d'Anel d'un grand nombre de questions qui lui sont tout à fait étrangères.

C'est en vain qu'on s'est efforcé de trouver les premiers vestiges de la méthode d'Anel dans les écrits antérieurs au xviir siècle. Avant d'opérer les anévrysmes du pli du coude , qu'ils traitaient invariablement par l'ouverture du sac, les chirurgiens grecs du temps de la décadence commençaient par lier l'artère humérale à sa partie supérieure (1); mais cette opération préliminaire n'avait pour but que de les mettre en garde contre l'hémorrhagie, et ils ne se doutaient pas qu'elle fût capable à elle seule de guérir la tumeur anévrysmale.

Ceux qui n'ont pas réfléchi sur les habitudes des anciens , s'étonneront peut-être que cette pratique absurde n'ait pas conduit à la découverte de la méthode d'Anel. Mais les anciens , aveuglés par leurs théories, croyaient que l'anén-ysme devait ses propriétés nuisibles au sang vicié qu'il contenait ; les caillots qui existent presque toujours dans le sac, et qui sont pour nous les agents de la guérison, étaient alors xîonsidérés comme une substance nuisible dont l'extraction paraissait indispensable. Après avoir lié l'artère humérale, on ne pouvait pas ne pas s'aperce-

(1) Voy. plus haut , p. 20'; (Aètics).

HISTORIQUE. — GUILLEMEAU. lxl\i

voir que la tumeur s'affaissait et cessait de battre. Chose étrange, pourtant! l'idée ne vint à personne qu'il filt possible d'en rester là ou qu'il fût seulement permis d'attendre pendant quelques jours. On avait hâte de donner issue au prétendu sang corrompu de l'anévrysme et on pratiquait aussitôt une seconde opération beaucoup plus grave que la première.

La méthode décrite par Aétius se composait comme on le voit de deux opérations distinctes : on chercha bientôt à la simplifier. De ces deux opérations , on rejeta celle qui était bonne et on garda celle qui étail mauvaise. On abandonna la ligature, et on conserva l'ouverture du sac. Mais aussi c'était l'époque de la décadence, et le moyen âge approchait.

L'antiquité n'a donc pris aucune part à la découverte de la méthode de la hgature. Les Arabes et les Arabistes n'ajoutèrent rien aux connaissances déjà acquises, et laissèrent même presque entièrement tomber en désuétude l'opération de l'ouverture du sac, trop hardie pour eux. Cette opération ne reprit faveur qu'à l'époque de la Renaissance, et il s'écoula longtemps encore avant qu'on songeât à lui faire subir des modifications, A la fui du xvr siècle Guillemeau, opérant un anévrysme traumatique du pli du bras , introduisit dans le manuel opératoire une innovation malheureuse qui servit plus tard de texte à de longues discussions , et qui n'était pas digne de tant d'honneur; au Ueu de commencer par inciser le sac, il lia d'abord le bout supérieur de l'artère, après quoi il fendit la tumeur et la vida « de tout le sang groumelé, et autre caillé » qu'elle contenait (1). Telle fut l'opération dans laquelle on a cru trouver la première origine de la méthode d'Anel. Lohi de faire une découverte, Guillemeau avait simplement commis une imprudence en s' abstenant de lier le bout inférieur et en exposant le malade à une liémorrhagie ultérieure. Comme ses prédécesseurs , il continuait à croire que les anévrysmes devaient leur gravité à la présence des caillots ; comme eux , par conséquent, il continuait à considérer l'extraction de ces caillots comme le -sine quà non de la guérison. Cela résulte clairement du texte.

(1) Guillemeau. Les Œuvres de chirurgie , édit. de Rouen , 1649, iii-fol., p. 699. La !'• édit, de sa Chirurgie est de isg't.

Guillemeau distingue l'anévrysme spontané, qu'il nomme anastomose, de l'anévrysme traumatique. Dans le premier cas « l'es- « prit, comme le plus subtil, sort premier que le sang et ainsi la « tumeur est presque toute spiritueuse : mais si l'artère est rompue, (( il sort beaucoup de sang qui fait la tumeur plus Immoralle que « spiritueuse, qui en fin se caille et fait distention à la partie. » Un peu plus loin il parle de son opéré : « auquel après vne sai- « gnee faite au ply du bras, luy estoit suruenu vn petit Aneurisme, (( qui par succession de temps estoit accreu de la grosseur du « poing auquel en fin le sang contenu en iceluy se groumela , ce « qui fut cause d'engendrer quelque commencement de pourrici ture en ladite tumeur, etc. » C'est pourquoi Guillemeau jugea utile d'extraire ces caillots nuisibles et de pratiquer l'incision du sac, c'est-à-dire la méthode ancienne. On a o]3Jecté, il est vrai, que, dans le cas particulier dont il s'agit , la tumeur étant déjà enflammée, ulcérée et peut-être même gangrenée, l'extraction des caillots était réellement nécessaire, mais que sans cette circonstance, Guillemeau se serait bien gardé d'ouvrir le sac. Cette supposition toute gratuite est en contradiction flagi^ante avec le reste du chapitre, car l'auteur, se demandant si on doit opérer les anévrysmes des grosses artères, répond négativement, parce que (( souuent les incisant, il sort vne si grande abondance de sang « et ensemble d'esprit vital, que souuent le malade demeure entre « les mains du Chirurgien. » Guillemeau ne supposait donc pas qu'on pût opérer les anévrysmes sans ouvrir le sac , et lorsqu'il ajoute plus loin qu'on doit lier le bout supérieur de l'artère « sans (( autre cérémonie, » il veut dire simplement par là qu'on peut se dispenser de lier le bout inférieur.

Si j'insiste tant sur ce détail historique, c'est parce que, désignant une méthode d'après le nom de celui qui l'a créée, je dois légitimer cette dénomination et prouver que personne avant Anel n'avait conseillé la simple ligature au-dessus du sac. D'ailleurs, l'opinion de ceux qui dépouillent Anel en faveur de Guillemeau a été admise par beaucoup d'histoiiens et, malgré la savante réfutation de Dezeimeris, elle compte encore des partisans. Lisfranc l'a adoptée et défendue dans un style qui ne lui était pas habituel , avec une habileté qui aurait surpris tout le monde , si , à travers sa signature , on n'avait reconnu la

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plimie d'un critique éminent , dont l'autorité est égale aujourd'hui à celle de Dezeimeris (1). Le fait est que le texte de Guillemeau est plein d'obscurité. Il ne le cède sous ce rapport qu'à un autre passage qu'on a extrait des œuvres d'A. Paré, et où on a cru trouver encore l'indication de la méthode d'Anel. Pour qui Teut argumenter sur les mots , il y a là matière à d'interminables discussions. Mais , pour qui lit d'un bout à l'autre les écrits de Paré et de Guillemeau sur l'anévrysme, pour qui se pénètre bien des doctrines de ce temps-là , le doute ne tarde pas à disparaître. On ne supposait même pas , au xvr siècle , qu'il pût venir un jour où on opérerait l'auévnsme sans inciser le sac ; il était convenu une fois pour toutes qu'on devait pratiquer cette incision, et, pour éviter des détails jugés inutiles, on n'insistait que sur la partie de l'opération qui présentait quelque chose de spécial , c'està-dire sur la ligature de l'artère. Deux siècles plus tard , lorsque les chirurgiens ont connu une autre méthode, les descriptions de A. Paré et de Guillemeau ont pu paraître ambiguës. Mais elles ont été fort claires pour lem's contemporains , pom' leurs élèves et pour leurs successeurs. Pendant deux cents ans , on a lu et étudié les travaux de ces deux maîtres célèbres ; lem's ouvrages, réimprimés un très-grand nombre de fois, ont été l'objet des méditations de tous les chirurgiens; tous les autem's qui ont écrit sur l'anévrysme y ont largement puisé , et il n'est venu à l'idée de personne que Paré et Guillemeau eussent proposé de ne pas ouvrir le sac (2). Quand on songe à l'espèce d'orage que souleva, au xviip siècle, la première opération d'Anel, à l'ignorance dont on accusa ce chirurgien , aux doutes injurieux qu'on émit sur son observation , on est obligé de reconnaître qu'Anel fut bien le véritable inventeur de la méthode qui porte aujourd'hui son nom.

L'opération d'Anel fut pratiquée le 30 janvier 1710 , et elle est

(1) LiSFRANC. Des diverses méthodes pour L'oblitération des artères, th. de concours. Paris, 183i , in-J»", p. 18. — Dezeimeris. Quelques remarques sur l'histoire de l'anéirysme, en réponses aux critiques de M. Lisfrauc, Paris, 183£i, in-8°, réimprimé dans ses Lettres sur l'hist. de lu médecine. Paris, 1838, in-8», p. 339 et 353. — Lisfranc. Quelques recherches sur l'hist. chirurgicale des anévrismes, p. 38.

(2) Voy, en particulier le passage où Thévenin expose le proc'-dé de Guillemeau , et où il dit expressément qu'après avoir lié l'artère, il faut ouvrir l'anévrysme pour évacuer le sang qui forme la tumeur. Les Œuvres de maître Thévenin. Paris, 1669, in-£i°, p. 55.

hliU MÉTHODE d'ANEL.

assez importante pour que j'en reproduise ici les principaux détails :

10^ Observation (Anel) (1). — Anévrysme Iraumatique du pli du coude. — Ligature au-dessus de la tumeur. — Guérison.

Le Révérend Père Bernardino de Bolzemo se fit saigner par un opérateur maladroit qui lui piqua l'artère humérale. Quinze jours après , un anévrysme se forma tous la cicatrice ; la plaie se rouvrit et donna lieu à une hémorrhagie qui fut directement arrêtée au moyen de la compression. Plus tard , la tumeur continua à se développer et devint très-volumineuse. Le malade se contia aux soins de Dominique Anel, qui l'opéra le 30 janvier 1710 :

« Je fis une incision aux tegumens sans toucher en aucune manière au sac « aneurismal, je cherchai l'artère et je la trouvai située au-dessous le nerf, (( ce qui n'est pas ordinaire. Je l'en séparai avec toute sorte de circonspection « et, l'aiant fait soutenir avec une Erine, j'en fis la ligature le plus près de (( la tumeur qu'il me fut possible. L'artère étant liée, je fis lâcher le tourni- « quet et pour lors un petit rameau musculaire , que j'avois coupé en disse- « quant l'artère , donna du sang et m'obligea de nouveau à faire serrer sur « le champ le tourniquet et à lier de rechef l'artère un peu plus haut. Le « tourniquet étant levé , je ne vis plus d'hemorrhagie ni de pulsation dans la « tumeur. Alors j'appliquai l'appareil et le bandage convenable. »

Il ne survint aucun accident. L'un des fils tomba le 17 février, l'autre ne se détacha (|ue dix jours plus lard. Le 5 mars , la cicatrisation était complète. La tumeur, dont la consistance n'est pas indiquée , s'affaissa graduellement et finit par disparaître.

Ceci est un peu plus clair que le texte de Guillemeau. Dans les réflexions qui suivent son ol)servation , Anel ajoute (2) :

« Quant à la manière de faire l'opération que j'ai pratiquée d'une (( façon un peu différente de celle que les auteurs nous décrivent, « que j'ai veu pratiquer à des bons maîtres et que j'avois déjà (( pratiquée moi luême plusieurs fois , car au lieu que l'on a ac- « coutume de faire la ligature en haut et en bas de l'aneurisme, (( je ne la fis que du coté d'en haut : d'ailleurs , on ouvre le sac « aneurismal et je ne l'ai point touché du tout ne doutant pas que « le sang contenu dans le sac ne se dissipât aiant la liberté de se « porter du coté de l'extrémité et que ce sac une fois vuide ne se

(1) Suite de la nouvelle métliode de ijucrir les fistules lacrimalcs ou discours apologetique, par Dominique Anel. Turin, ITl'i, lii-ii", p. 257.

(2) Lac. cit., p. 260,

HISTORIQUE. — DOMINIQUE ANEL. tUiS

(( rempliroit plus de nouveau ; que les tuniques des membranes (( qui le formoient ne manquerojent pas de s'affaisser et qu'ainsi (( la tumeur devoit disparoître : ce qui n'a pas manqué d'arriver « de même que je l'avois pensé. » Anel termine en disant que cette opération est moins douloureuse , moins laborieuse et donne une plaie moindre de moitié que l'opération ordinaire.

Ces citations prouvent qu'Anel savait parfaitement ce qu'il faisait et pourquoi il le faisait. Le sang contenu dansl'anévrysme ne lui paraissant pas dangereux pour l'économie, et lui paraissant au contraire susceptible de se dissiper sans accidents , Anel renonça sciemment à l'ouverture du sac et créa ainsi une méthode entièrement nouvelle.

Un aussi beau succès aurait dû être accueilli avec enthousiasme, 11 en fut tout autrement. Anel était Français, et il avait eu le tort d'aller exercer la chirurgie à Rome. Pour diminuer l'influence de ce rival redoutable, les praliciens romains nièrent qu'Anel eût guéri un anévrysme, par la raison toute simple qu'il n'avait pas ouvert le sac. Non fii che una semplice legatura di picciola arteria. Le chirurgien français fut déchiré par des libelles diffamatoires, et pour répondre à ces accusations il fut obligé de pubher une lettre de son opéré, et une autre lettre écrite à Fantoni par Lancisi qui avait constaté par lui-môme les résultats du traitement (1). Après cela , il ne fut plus possible de contester la chose, mais on prétendit que l'opération d'Anel n'avait réussi que par hasard, et qu'elle était très-inférieure à l'opération ancienne. Dans un mémoire communiqué à l'Académie de Bologne , Molinelli réfuta la nouvelle méthode (2), et s'efforça de prouver que le retour du sang par les collatérales devait infaihiblement faire récidiver l'anévrysme. Malgré cette opposition, la méthode d'Anel, désignée par tous les auteurs du xviir siècle sous le nom de metliodus Ajielii , operatio aneliana , — car on ne songeait pas encore à dépouiller l'auteur de sa découverte , — la méthode d'Anel , dis-je , ne tarda pas à être connue dans toute l'Europe. L'histoire de l'anévrysme du P. Bernardino fut reproduite à peu près textuellement dans le Journal de Trévoux (3) et dans la Bibliothèque

(1) Don. Anel, toc. cit., p. 2W-250.

(2) Commenlar. Acml. Poiioniensis, T. 11 , pars I, p. 182. Bologne, 1745, iii-'i", (.^5) Journal ilc Tr^roîM, janvier 1716, p. 102.

khd MÉTHODE D ANEL.

de Planque (1). Heister décrivit la nouvelle méthode dans son grand ouvrage et conseilla de l'appliquer au traitement des anévrysmes réductibles (2), Jac. Weltin et Verbrugge lui donnèrent place dans leurs dissertations sur l'anévrysme (3). Bertrand!, qui ne brillait pas par l'érudition et qui ignorait tout particulièrement l'histoire des anévrysmes , connaissait cependant la métliode d'Anel qu'il avait même vu mettre deux fois en pratique : <( J'ai « connu, dit-il , un chirurgien qui , pour ne pas s'embrouiller en « coupant l'aponévrose du biceps et en découvrant l'artère dans « l'anévrysme faux ou dans le vrai peu considérable , découvroit (( l'artère brachiale à la partie interne de l'humérus, au-dessus du « condyle, endroit où on peut facilement la trouver, car elle n'y est « recouverte que par les téguments ; quand ill'avoit découverte, il (( y faisoit une simple ligature. J'ignore si ce chirurgien a quelque- « fois opéré de cette manière avec plus de succès ; mais je l'ai vu (( pratiquer deux fois cette méthode, et les deux fois l'anévrysme « récidiva, etc. {k). » Ces deux récidives n'ont pas lieu de nous surprendre aujourd'hui; elles s'expliquent très-bien par cette circonstance que les deux anévrysmes occupaient le pli du coude et étaient très-probablement variqueux. Or, le bon Bertrandi ignorait jusqu'à l'existence de cette variété d'anévrysme, décrite pourtant par Wihiam Hunter en 1757, c'est-à-dire depuis six ans. Mais il ignorait bien autre chose encore puisqu'il ne savait même pas que la méthode de la simple ligature avait été inventée et appliquée avec succès dans son propre pays par Dominique Anel, cinquante ans auparavant.

Quoi qu'il en soit, il est intéressant pour nous d'apprendre que la méthode d'Anel avait déjà pénétré dans la pratique, et qu'il y avait en Italie au moins un chirurgien qui lui donnait la préférence sur la méthode ancienne. Nous ne connaissons de la pra-

(1) Planque, Bibliothèque clioisie de médecine, article Anévrisme, l'' édit. Paris, nw, in-ft», T. II , p. un.

(2) Heister. Institutiones cliinn-g., pars II, sect. I, cap. XIII, § 20, { Amstel., 1739, in-^i", T. I , p. txtih. )

(3) Jacobus Weltinus. De Aiieurysmate vero. Bâle, nso, § 2fi. — Jacobus Verbrugge. De Aneiirysmate. Leyde, 1773, sect. IV, § 26. Ces deux dissertations sont reproduites dans la collection de Lautli sur les anévrysmes. Strasbourg, 1785, in-;!", p. a39 et p. U93-li.

(I») Amb. Bertrandi. Traité des opérations, trad. fr. Paris, 1769, in-8", p. tt'iG. La preniièrc édition italienne est de 1763,

HISTORIQUE. — BRASDOR. UM

tique de ce chirurgien inconnu, que les deux insuccès rapportés par Bertrandi; mais nous savons que la même méthode donna de meilleurs résultats en Allemagne, en Hollande. Plenck nous apprend que Leber guérit ainsi un anévrysme de l'artère temporale (1) et nous lisons dans Verbrugge que J. van Hespel répéta la môme opération avec le même succès sur l'artère huméraie (2).

Trois quarts de siècle s'écoulèrent ainsi. La méthode d'Anel , connue de tout le monde, n'avait encore été appliquée qu'aux anévrysmes des artères peu volumineuses , et si elle n'était pas devenue usuelle, c'était parce qu'à tout prendre on n'avait pas lieu d'être mécontent de la méthode ancienne, La crainte de la gangrène avait empêché jusqu'alors d'entreprendre le traitement chirurgical des grands anévrysmes des membres; on n'opérait que les petits anévrysmes, et l'ouverture du sac, pratiquée dans ces conditions, ne donnait pas de trop mauvais résultats. Mais lorsqu'on connut les ressources de la circulation collatérale, lorsqu'on sut que l'oblitération de l'artère fémorale n'était pas nécessairement suivie de gangrène, lorsque Keyslère eut osé attaquer par l'incision les anévrysmes poplités , alors les dangers de l'ouverture du sac devinrent évidents pour tous les yeux; et tandis que Guattani cherchait dans la compression une ressource moins périlleuse, tandis que la plupart des praticiens anglais, revenant d'un demi-siècle en arrière , reportaient leurs préférences sur l'amputation de la cuisse, quelques chirurgiens se demandèrent s'il ne serait pas possible de diminuer les dangers de l'opération de l'anévrysme, en généralisant les préceptes si heureusement posés par Dominique Anel.

Il ne serait pas impossible que Brasdor eût émis cette idée dans ses cours avant J. limiter, et même avant Desault. Mais Brasdor n'a rien écrit sur les anévrysmes; la tradition seule s'est chargée de nous transmettre ses conceptions, et la tradition ne suffit pas pour établir des titres de priorité. Ce fut seulement en 1799 ( 22 prairial an vi ) , après la mort de Brasdor, de Desault et de

(1) J.-J. Plenck. Sammlung von Beobaclitungcn uber cinige Gegenstande der IVundar'zneykunst , Jh. U, art. I, s. 9 et sq. ; cité dans Verbrcgge, De Aneurysmate, disseii. Delphis , l'773 ; et dans la collect. de Lauih. Strasbourg . 1785, in-ft", p. /»39.

\;i) Uitgeiogte Verliamlelingcn , vol, VII , p. 189 ; cin'- par Vei hriigge , loc. cil., p. '(39.

l\liH MÉTHODE d'aNEL.

Hnnter, que Roussille-Chamsëru éleva une réclamation en faveur de Brasdor, son oncle par alliance (i). Mais cp témoignage tardif n'est peut-être pas suffisamment désintéressé, et ne doit être accepté qu'avec réserve.

D'un autre côté, M. Placide Portai, de Païenne, cité par MM. Martin et Velpeau, s'est efforcé de faire valoir les droits de Spezzani, chirurgien de l'hôpital de Modène (2). — Il est certain qu'en 1781, Spezzani lia avec succès l'artère fémorale dans un cas d'anévrysme poplité; mais le hasard seul eut le mérite de la cure. Laissons parler Assalini, témoin oculaire : « En 1781, j'ai vu faire par (( Spezzani, à l'hôpital de Modène, la ligature de la fémorale à son « tiers inférieur, dans un cas d'anévrysme poplité avec menace « de sphacèle (3). Spezzani se proposait de pratiquer ensuite la (( désarticulation du genou, lorsque la gangrène consécutive à la «ligature se serait limitée à ce niveau. L'artère, dénudée, fut « étreinte avec un large ruban de fil; après quoi, à la très-grande « surprise du chirurgien, et à la satisfaction des assistants, les « parties se ravivèrent, les ulcères se cicatrisèrent, la jambe se « rétablit, et l'opéré marcha rapidement vers la guérison (k). »

Ce fut bien malgré lui, comme on le voit, que Spezzani guérit son malade. Les collatérales artérielles déjouèrent le plan absurde qu'il avait conçu. Il n'était vraiment plus permis en 1781 de croire que la hgature de l'artère fémorale dût nécessairement produire la gangrène de la jambe; il était plus impardonnable encore de chercher à provoquer la gangrène pour éviter la gangrène, et d'avoir recours à de pareils détours pour pratiquer une amputation qu'on jugeait indispensable. Si maintenant nous envisageons cette observation au point de vue de nos connaissances actuelles, nous sommes conduits à dire que Spezzani fit probablement une opération inutile, puisque la tumeur, au moment de l'opération, était déjà dans un état gangreneux conséculif au travail inflammatoire qui préside aux guérisons spontanées accidentelles. En tout cas ,

(1) Journal de Scdillot , T. VIJI , p. ^56.

(2) Plac, Portal. Clin, cliirurg., T. 1, p. IbU. — Velpeau. Mcd. opératoire. Paris, 1839, in 8°, T. II, p. 80.

(3) 11 paraît qu'il y avait, plus que menace de sphacèle, puisqu'il est dit plusloin qu'aprts la ligature, les ulcères se cicatrisèrent. Quel était le siège de cette gangrène ? Tout permet de croire que c'était au niveau de la tumeur anévrysniale, et qu'il s'agissait d'une gangrène par inllamniation , puisque la ligature de la fémorale ai rèia les progrès de la mortification.

(4) .\SSAUNI. Manuale di chirurgia. Napoli, 1819, in-8°, p. 20!t, Disc. V, § 10,

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l'ignorance , l'empirisme et la témérité , pour ne pas dire pis encure , ne sam'aienl constituer des droits à la reconnaissance de l'hisloire, et le plus grand service qu'on pût rendre à Spezzani serait de ne plus parler de son observation.

Ce fut donc Desaultqui, en 1785, appliqua pour la première fois la méthode d'Anel au traitement de l'anévrysme poplité. Les chirurgiens anglais, mus par le désir louable de rehausser la gloire de John Hunter, ont prétendu que Desault n'avait pas senti la portée de cette innovation, qu'il avait agi sans but déterminé, et que l'empirisme, plutôt que la vraie science, l'avait dirigé dans sa tentative. Ils ont ajouté que Hunter, au contraire, avait été conduit, par de mûres réflexions et par une connaissance approfondie du sujet, à ériger en méthode générale une opération que le hasard seul avait inspirée à Desault. Puis, néghgeant dédaigneusement les travaux d'Anel, ils ont décrit la ligature sous le nom de méthode de Hunter. M. Velpeau a défendu avec beaucoup de force les droits d'Anel si injustement méconnus, et la priorité de Desault qu'on n'avait pas craint de mettre en suspicion (1). 11 paraît pourtant qu'il n'a pas réussi à modérer les prétentions britanniques. Je n'ose pas me flatter d'être plus heureux que lui, mais je crois devoir faire connaître les résultats de mes recherches sur cette importante question d'histoire.

J'ai étudié avec le soin le plus scrupuleux les travaux de Desault et de Hunter sur les anévrysmes. Je me suis efforcé de suivre pas à pas le développement des idées qui ont dirigé ces deux illustres chirurgiens. Laissant de côté les polémiques antérieures, j'ai voulu me faire une opinion par moi-même ; j'ai lu et médité toutes les publications du temps.

Or, je crois être en mesure de démontrer que Desault a agi en pleine connaissance de cause, et qu'il a découvert le véritable principe de la méthode d'Anel, tandis que Hunter a obéi à une théorie entièrement erronée. La science est du côté de Desault , et si l'empirisme est quelque part , c'est du côté de John Hunter.

Déjà en 1776, Desault, alors professeur à l'École pratique de chirurgie, avait eu l'occasion de disséquer un anévrysme poplilé

(1) VtLPtAl'. Médecine opératoire. Paris, 1839, T. U , p. 8t.

Z|50 MÉTHODE D'AREL.

guéri par une oblitération spontanée. « Le tronc de l'artère po- «plitée, qui formoit un anévrisme vrai, étoit bouché par une «concrétion sanguine. L'artère fémorale, jusqu'à la naissance « des musculaires, étoit oblitérée, de même que le tiers supérieur « des tibiales (1). » Desault ne perdit pas le souvenir de ce fait, et entrevit dès lors la possibilité de guérir les anévrysmes en y faisant coaguler le sang. Pour atteindre ce but , il crut ne pouvoir mieux faire que de condamner le sang anévrysmal au repos en interceptant la circulation dans l'artère au-dessus du sac.

Deux moyens se présentèrent à son esprit, la compression indirecte et la ligature. Depuis longtemps déjà , les injections faites sur le cadavre, et les expériences faites sur les animaux (2), lui avaient démontré qu'on pouvait sans danger lier les grosses artères des membres (3) ; mais il ne connaissait pas encore la possibilité de lier l'artère sous-clavière ; cette opération hardie lie devait voir le jour qu'au xix'= siècle.

Les choses en étaient là lorsque Desault, devenu chirurgien de la Charité, reçut dans ses salles un malade atteint d'anévrysme axillaire. N'osant lier l'artère sous-clavière, il résolut de la comprimer sur la première côte, au-dessus de la clavicule. Il fit donc construire un appareil compressif qui fut appliqué pendant quelque temps. Assalini assista à cette tentative. Roux et CailHot nous apprennent que le malade, fatigué ou effrayé, quitta bientôt l'hôpital de la Charité, et alla se mettre entre les mains de Ferrand, chirurgien de l'Hôtel-Dicu. Mais il n'eut pas lieu de se féliciter de ce changement. Ferrand prit l'anévrysme pour un abcès, l'ouvrit largement, et quelques minutes après le malade était mort d'hémorrhagie {U).

Il s'agit maintenant de fixer la date de cette observation. Ferrand mourut le 9 février 1785, et Desault fut désigné pour le

[1) Journal de médecine, suite de Vaiidermoiule , T. LXX, p. ^73.

[2) Journal de Vandermonde , T. LXX , p. 472. Ces expériences et ces injections daiaienl déjà de 1767.

[3) Desault (lisait dans ses cours qu'on pouvait lier impunément , sur le même individu , les quatre artères principales à leur sortie du tronc, ainsi que les deux carotides (Deschamps, dans Journal de Sédillot, T. V, p. 213 ).

{U) Voy. pour plus de détails la niûme observation, qui est reproduite plus loin dans \<t Chapitre XIX, % 1 , Historique, Virinde française.

HISTORIQUE. — DESAULT. Zj.Vl

remplacer le 28 février suivant (1). La chose s'est donc passée avant le 9 février 1785,- et, selon toutes probabilités, fort peu de temps avant cette époque, car Assalini, qui ne passa qu'un an à Paris et qui partit pour Londres avant la fin de 1785, assista à la tentative de Desault.

Quelques mois plus tard , Desault , devenu chirurgien de l'Hôtel-Dieu, eut à traiter un autre malade atteint d'anévrysme. Cette fois, la tumeur occupait le creux poplité. Toujours dominé par la même idée, Desault résolut encore d'opposer mi obstacle à l'abord du sang dans l'anévrysme. La compression pm'e et simple n'ayant pas eu, sur son premier malade, l'efficacité qu'il en attendait, il fit choix de la ligature, qui heureurement était praticable, et procéda à cette opération le 22 juin 1785. J'emprunte cette date précise au Journal dit de Vandermonde (2). Partout ailleurs, on se contente de dire que l'opération fut pratiquée au mois de juin 1785. L'observation n'a malheureusement

(1) Pour relrouver la date de cette observation importante, j'ai clé obligé de nie livrer à de pénibles recherches qui sont restées longtemps infructueuses. J'étais moralement convaincu que cette date était antérieure à celle de la première opération de Desault ( 22 juin 1785 ) ; mais cela ne pouvait suffire, et j'ai dû, dans la l'' édition de mon Mémoire sur la coïnprcssiou indirecte , laisser celte question indécise. J'ai même poussé la réserve jusqu'à laisser à Ford et à ses confrères de Londres { 24 septembre 1785 ) la priorité de la découverte de la conipression indirecte. Tous ceux qui ont écrit la vie de Desault ont copié la biographie placée par Bichat en lêie des œuvres de ce chirurgien. Bichat ne pouvait ignorer que son maître était arrivé h l'Hôlel-Dieu en 1785, mais une faute d'impression fixa cette date h l'année 1788. Tout le monde a depuis lors reproduit cette erreur. — Or, le Journal de Vandermonde, au mois de mars 1787, donne à Desault le titre de premier chirurgien de l'Hôtel-Dieu (p. ^171), et Assalini, dans son Essai médical sur les vaisseaux lympliatiqucs , publié à Turin en 1787, |)arle de deux auptosies qu'il a vu faire au mois de juillet 1785, à l'Hôtel-Dieu de Paris, en présence de Desault. Ces documents m'ayant paru suffire pour réfuter l'erreur de Bicliat , j'ai tenu à rectifier la date de la nomination de Desault. Mais j'ui rencontré bien des obstacles. On ne s'imagine pas combien il est difficile de connaître le mouvement du personnel des hôpitaux avant la Révolution de 1789. Les journaux et les almanachs du temps n'en font pas mention. Les immenses registres de l'Hôtel-Dieu et de la Charité , que j'ai laborieusement compulsés, nomment scrupuleusement les infirmiers, los religieux et religieuses, les fournisseurs, les administrateurs et les malades, mais on n'y trouve pas une seule fois les noms des médecins et des chirurgiens.

J'étais sur le point de renoncer à cette recherche, lorsque Jl. Briau a bien voulu me communiquer un numéro du Mercure de France, à la date du 2C mars 1785. Dans la partie intitulée Journal politique de Bruxelles, p. 39 , on lit : • Jean-Bapt.-Guillaume Ferrant, « ancien prévost, chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu, etc., est mort à Paris, le 9 février 1785. »

D'un autre côté , j'ai trouvé dans les archives de l'Administiation centrale des hôpitaux de Paris (salle 3, armoire 84, tablette 6, liasse 37, n° KiSS), le plumitif des séances du bureau de l'Hôtel-Dieu, de 1783 à 1790. Dans ce fascicule se trouve l'acte de nomination de Desault à l'Hôlel-Dieu , à la date du 28 février 1785. J'ai pris copie de cette pièce iniportanie, (|ue j'ai publiée dans le n" 33 du Moniteur des Hôpitaux , T. IV, p. 257, 18 mai s 1856.

(2) Journal de Vandermonde, 1787, 'J'. LXX, p. i\l\.

Zt52 MÉTHODE d'ANEL.

jamais été publiée dans tous ses détails ; mais tous les auteurs contemporains l'on mentionnée, et les quelques divergences qui existent entre eux sur les suites de l'opération, s'expliquent aisément par la nature même des résultats qui furent obtenus. Le malade survécut pendant onze mois et succomba au bout de ce temps par suite d'une nécrose du tibia, 11 en est résulté que les uns ont pul)lié le fait comme un succès, les autres comme un revers. Puis la tradition s'en est mêlée , et l'observation , passant de bouche en bouche, a subi d'autres altérations moins importantes. Après avoir pris connaissance de toutes les relations qui nous en restent, et les avoir contrôlées l'une par l'autre, je crois pouvoir rétablir et compléter cette observation importante :

41*" Observation (Desault). — Anévrysme poplité. — Ligature deVartère poplitée au-dessus du sac. — Rupture du sac sans hémorrhagie le dix-neuvième jour. — Guérison. — Mort onze mois après par suite d'une nécrose de l' extrémité inférieure du tibia.

Le malade, âgé de 30 ans, était d'un caractère inquiet, d'un tempérament sanguin et très-irritable. La tumeur, grosse comme un œuf de dinde , occupait le creux du jarret; c'était un anévrysme vrai de l'artère poplitée. Le membre était empâté et douloureux , les douleurs étaient surtout vives à la partie antérieure et inférieure du tibia (1). Boyer, qui était alors attaché à la clinique de Desault, constata avant l'opération qu'une des brancties de l'artère articulaire interne et supérieure était dilatée au point qu'on pouvait facilement en sentir les battements sur le condyle interne du fémur (2). Après avoir préparé le malade, De«ault procéda à l'opération le 22 juin 4785. Il fit une incision d'environ deux pouces, à la partie supéiieure de la tumeur, et mit à découvert l'artère poplitée, immédiatement au-dessous de l'anneau du troisième adducteur (3). L'artère fut alors séparée du nerf , soulevée et liée. Le pansement fut simple ; on évita surtout de serrer le membre , afin de ne pas gêner la circulation dans les vaisseaux superficiels (4). « Trois lieures après , le malade éprouva dans « la jambe un léger sentiment de froid, lequel dura peu de temps, et la « fièvre symptomatique qui s'éleva ne fut pas très-forte. Le sixième jour,

(1) Cailliot. Essai SU7- l'anêiTysme ,Thh&e inaug., in-S». Paris, an VII (1799), n" û, p. 69. - Sabatier. Médecine opératoire, V mi. Paris, 1796, in-S", T. 111, \\ 212.

(2) Cailliot , lac. cit. , p. 16.

(3) Cailliot, loc. n(.,p. 09.

(!|) ASSALIM. Essiii ini'dical sur les icisscavx lympUaliiitics. Tiiiiii , 1787, iii-S". Je n'ai \,u me piocurer l'.diiioii originale; mais cet ouvrage est Irailiiit lextiicllcnienl dans le SammliiiiQ aiiserlesencr AhhancUnngen. Leipzig, 1792, in-8", Bd XV. —Le passage qi;eje cile se trouve à lj fin (!c la pa[;e 172,

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