‹ Des Angiocholites et Cholécystites SuppuréesChapitre 70 sur 70 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

L'histoire pathologique des angiocholites et cholécystites suppurées a été créée presque entièrement par l’École de médecine de Paris.

Les principaux auteurs, en effet, qui ont contribué tout d’abord à élucider leur étude ont été Andral, Louis, Cruveilhier, Monneret, Charcot. À MM. Gilbert et Girode revient l’honneur d’avoir fourni les premiers et les plus nombreux documents bactériologiques et d’avoir ainsi jeté une vive lumière sur la pathogénie jusque-là obscure de ces affections.

L'infection de la bile, c’est-à-dire, la première phase du processus qui doit conduire à la suppuration de l’appareil biliaire, peut survenir en deux grandes circonstances. De là cette division étiologique :

Angiocholites et cholécystites suppurées par obstruction (calculs biliaires, cancer, entozoaires, etc.) ;

Angiocholites et cholécystites suppurées dans les maladies microbiennes (fièvre typhoïde, choléra, pneumonie, etc.).

Le mécanisme de l'ascension des germes est le même pour ces deux catégories. Il dépend toujours des deux facteurs suivants :° diminution ou arrêt du cours de la bile, grande mobilité et virulence extrême du micro-organisme envahisseur. Le bacterium coli, le bacille typhique et le bacille-virqule sont ainsi dans les meilleures conditions pour envahir les voies biliaires ; le streptocoque, les staphylocoques, le pneumocoque sont également favorisés par la stase biliaire, mais, étant dépourvus de mobilité, ils sont appelés à ascensionner moins souvent l'appareil excréteur du foie.

Le bacterium coli, microbe mobile, habite normalement le duodénum en nombre de beaucoup supérieur aux autres espèces. IL se trouve ainsi désigné pour immigrer dans les voies biliaires dans tous les cas de la 4"° catégorie.

Dans ceux qui composent la 2e catégorie, on peut établir que : dans les maladies à microbe mobile, fièvre typhoïde et choléra, c'est le germe pathogène lui-même qui, en règle générale, remontera les voies biliaires ; dans les maladies à microbe immobile, pneumonie, tuberculose, etc., le bacterium coli est immédiatement appelé à faire

cette ascension.

Les observations rapportées dans ce travail montrent le pouvoir bilio-pyogène de ces différents microbes et en particulier celui du coli-bacille. Les nombreuses constatations du germe dans le pus biliaire sur le vivant, détruisent l’objection de l'invasion post mor-

tem, faite par quelques auteurs.

Les nombreuses expériences que nous avons faites, M. Gilbert et moi, confirment leur action pathogène dans /es angiocholites et cholécystites suppurées. |

La bile n’est nullement antiseptique. Ainsi, une fois que le germe, quel qu’il soit, a pénétré dans les canaux biliaires, il pourra librement exercer son action pathogène sur les tissus : agir d’abord sur les épithéliums cavitaires, provoquer l’infiltration parvicellulaire des parois et gagner successivement, dans le foie, les espaces portes et les lobules ; dans les voies extra-hépatiques, les différentes couches pariétales et la séreuse péritonéale. 11 déterminera ainsi dans le premier cas, la formation d’abcès hépatiques multiples, de grandeur très variable, et des lésions de nécrobiose plus ou moins étendues ; dans le second, des abcès pariétaux, des ulcérations plus ou moins profondes et une péritonite suppurative.

Le germe pénètre en même temps le torrent circulatoire et va porter au loin son action nocive en d’autres membranes, endocarde et méninges.

La fièvre bilio-septique est le signe de cette septicémie. Ses caractères sont extrêmement variables dans les angiocholites et cholécystites suppurées et dépendent surtout des forces réactives de l’organisme.

Ce symptôme, tout en étant le principal, est loin d’être constant dans ces affections, qui peuvent évoluer dans l’apyrexie complète.

Il n’acquiert une valeur diagnostique que lorsque son type intermiltent habituel se transforme en rémittent et continu.

Le diagnostic doit donc être toujours réservé, ainsi que le pronostic, qui est fatal en règle générale.

Les signes cliniques des angiocholites et cholécystites suppurées de la deuxième catégorie s’effacent devant ceux des maladies générales qu’elles compliquent.

Le traitement doit surtout être préventif. Je le résume ainsi : Tout biliaire doit êlre rigoureusement soumis au régime lacté absolu et à la médication salicylée.

Une fois la maladie déclarée, le traitement symptomatique s’impose.

La cholécystite suppurée réclame avant tout l'intervention chirurgicale.

La lecture des observations montre que le bacterium coli est de tous les microorganismes celui qui produit le tableau anatomopathologique le plus achevé des angiocholites et cholécystites suppurées, et celui qui provoque le plus souvent la péritonite au cours de ces affections. Il crée de bonne heure une colibacillémie dont les traces anatomiques les plus frappantes sont l’endocardite, la méningite et la tuméfaction de la rate.

Les lésions suppuratives des voies biliaires comportent dans ces cas une marche clinique aiguë et même suraiguë.

Vu:

Le Doyen, P. BROUARDEL. Vu :

Par le Président de la thèse, HAYEM.

Vu et permis d'imprimer :

Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris, GRÉARD.

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