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L’acide azoto-sulfurique se forme accidentellement dans la fabrication industrielle de l'acide sulfurique lorsque la vapeur d’eau vient à manquer ; car alors l'acide sulfureux, le bioxyde d’azote et l'air se combinent comme dans l’expérience de H. Pavy et laissent déposer des cristaux connus sous le nom de cristaux des chambres de plomb. L'acide azoto-sulfurique cristallise en prismes droits rectangulaires qui fondent à 50° en répandant d’abondantes vapeurs rouges ; si la fusion a eu lieu dans un tube fermé, les vapeurs sont de nouveau absorbées par le refroidissement et les cristaux se reforment.
Exposé à l'air, il en attire l'humidité ; le bioxyde d’azote s’oxyde et il en résulte un mélange d’acide sulfurique aqueux et d’acide nitreux. Il est énergiquement décomposé par l’eau en donnant de l'acide sulfurique, de l'acide azotique et du bi-oxyde d’azote. Si l’on n’ajoute que fort peu d’eau, on forme un liquide bleu renfermant de l’anhydride azoteux ; si la quantité d’eau ajoutée est plus grande, il se produit d’abondantes vareurs nitreuses. Il est soluble dans l’acide sulfurique aqueux que l’on peut ensuite séparer par la distillation, car il est plus volatil que l'acide azoto-sulfurique. La solution a une couleur jaune tant qu’elle est chaude; mais, par le refroidissement, elle devient incolore. La compo sition brute de l'acide azoto-sulfurique est exprimée par la formule : S2Az20°, établie par de la Prevostaye.
Le plus souvent on l’envisage comme une combinaison d’anhydrides sulfurique et azoteux ; sa composition est représentée par la formule : S? 05, Az N°
Il L’acide sulfurique anhydre forme avec l’acide chlorazoteux AzO?C1 une combinaison :
S2 0°, ‘(Az O*CI) cristallisée, fusible, déliquescente et décomposable par la chaleur, en acides sulfurique, chlorhydrique et bioxyde d’azcte.
Cette combinaison est si avide d’eau qu’elle est décomposée même par l’acide sulfurique concentré.
(Berzélius, t. I; Pelouze et Frémy, t. I.)
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Action de l’anhydride sulfurique sur les composés du phosphore.
Le phosphore ne $e combine pas avec l'acide sulfurique anhydre ; lorsqu'on les met en contact, le phosnhore s’enflamme au bout de quelques instants et brûle aux dépens de l'acide. Il se produit de l’acide phosphorique anhydre et il se dépose. du'sonfre sur les parois du vase; mais l’acide sulfurique anhydre forme plusieurs combinaisons avec les chlorures de phosphore.
LH. Rose a trouvé que, lorsqu'on condense des vapeurs d’acide sulfurique anhydre dans du protochlorure de phosphore (PhCÏ3), jusqu’à ce que l’acide sulfurique qu’on condense ne reste plus en dissolution dans la liqueur, la partie liquide consiste en une combinaison d’acide sulfurique anhydre et de protochlorure de phosphore.
« Lorsque cetle combinaison est soumise à la distillation, le phos- « phore s’oxyde aux dépens le l’acide sulfnrique : il se forme de l’acide « sulfureux et de l’acide phosphorique, et la réaction continue jusquà ce « que dés chlorides de soufre et de phosphore aient pris naissance. En « même temps l'acide sulfurique anhydre est mis en liberté ot se volati- « lise. Il reste alors une combinaison d’aci-chloride des deux radicaux. « À 1485° cette combinaison entre en ébullition, mais de telle maniére « que le point d’ébullition s'élève graduellement jusqu’à + 165, tandis « que l’acichloride se partage en une combinaison qui est plus volatile « et en une autre qui l’est moins.
« Le produit de la distillation contient une partie de cette dernière, « mêlée avec une grande quantité de la première ; le résidu, dans la « Cornue, au contraire, renferme les &eux combinaisons plus ou moins « volatiles dans un rapport inverse. Traitées par l’eau elles donnent « toutes deux de l’acide sulfurique, de l’acide phosphorique et de Pacide « chlorhydrique.
« Les expériences analytiques auxquelles Rose soumil ce composé,
HER « répondent à une combinaison de quinquaci-chloride sulfurique, avec « du biaci-chloride phosphorique, mais en proportions variables. » (Berzélius tome I, p. 528.)
Il Lorsqu'on fait passer des vapeurs de perchlorure de phosphore sur de l'acide sulfurique anhydre, on obtient une combinaison ayant pour formule :
PhCF, (S°0°)
Si l’on remplace l'acide sulfurique anhydre par du sulfate de mercure et que l’on chauffe, il se produit un autre composé dont la formule est :
2PhCF, S° 0°
Ces deux combinaisons sont liquides et facilement décomposables par
l’eau en acide sulfurique phosphorique et chlorhydrique.
Action de l’anhydride sulfurique sur l'acide arsénieux.
Dans un canal destiné à conduire dans les chambres de plomb le gaz sulfureux provenant de la combustion des pyrites, on a trouvé des cristaux tubulaires fort altérables à l'air, au contact duquel ils laissent peu à peu échapper de l’acide sulfurique , en donnant lieu à un résidu pseudo-morphique ne contenant plus que de l'acide arsénieux, La composition'de ces cristaux s’accorde avec la formule SO5, AgO®°. Ils se décomposent à chaud. (Reich. J. de pharmacie XLV, p. 184.)
Laurent en traitant de l'acide arsénieux par de l’acide sulfurique bouillant, a obtenu des prismes rectangulaires brillants dont la composition est représentée par la formule (A8O*,S05) +S9*,HO.
Cette formule nous la donnons sous toute réserve, car elle se trouve dans une note publiée par Nicklés, qui l’avait trouvée dans les travaux inédits de Laurent.
A la vue des résultats de Laurent et de l’observation de Reich, nous avons pensé que l’on pourrait obtenir en traitant l'acide arsénieux par ’anhydride sulfurique, ou un corps pouvant le produire. (Acide de Nordhausen.) des combinaisons d’acide arsénieux et d’anhydride sulfurique, analogues à celle observée dans les chambres de plomb.
Nous avons trailé par l’anhydride sulfurique et par l'acide de Nordhausen l'acide arsénieux, nous sommes arrivés aux résultats suivants :
Anhydride sulfurique et acide arsénieux.
Après bien des essais infructueux que nous n’avons pas besoin de rapporter, nous avons pensé à employer la méthode des tubes scellés. Deux grammes d’acide arsénieux et quatre centimètres cubes environ d’anhydride sulfurique ont été placés dans un tube de verre vert (Ce sont les quantités qui donnent les plus beaux cristaux). Une élévation de température assez considérable a été observée. Après avoir scellé Jé tube nous l’avons abandonné à lui-même, ancun phénomène apparent ne s’est manifesté. Le même résultat négatif a été observé après avoir laissé le tube au bain-marie à 100° pendant 24 heures. Nous l’avons alors introduit dans un tube de fer forgé et nous l’avons chauffé à 120° pendant 48 heures. Pendant l'opération nous nous sommes assurés que l'acide arsénieux était entièrement dissout dans l’anhydride sulfurique. Après le refroidissement complet de l’étuve , nous avons trouvé dans le tube une quantilé assez considérable de cristaux baignés par l’acide en excès.
Nous les avons purifiés en faisant passer un courant d’air qui avait traversé un flacon contenant de l’acide sulfurique bouilli &un'e éprouvelte à chlorure de ‘calcium, et enfin un tube à acide phosphorique anhydre.
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On avait eu soin de placer un flacon contenant de l'acide sulfurique entre le tube aux cristaux et l’aspirateur. Nous chauffions le tube à 80°, point d’ébullition de l’anhydride sulfurique,
Mode d'analyse. — Nous avons titré une liqueur de potasse avec un acide sulfurique dont la richesse était connue. Un volume d onné de la liqueur alcaline était partiellement saturé par un certain poids de cristaux. Nous avons apprecié par un dosage alcalimétrique la quantité de potasse qui n'avait pas été saturée. La différence entre le nombre primitif et ce dernier donnait évidemment le poids de la potasse saturée par la somme des acides formant la combinaison.
L’acide sulfurique a été dosé par le chlorure de baryum dans une liqueur acide.
Pour l'acide arsénieux nous avons suivi la méthode généralement employée : le dosage par le sulfure.
Voici les résultats que nous avons trouvés :
Expérience. Théorie.
A;$ DO — S O — Ce qui nous donne la formule
Acide de Nordhausen et acide arsenieux.
Les mêmes expériences ont été répétées avec l’acide de Nordhausen. Dans ce cas, l'élévation de température au moment du mélange était moins considérable. Le tube, au lieu d’être porté à 4120° pendant 24 heures, à êté maintenu à 180° pendant deux jours. Nous avoas observé qu’il fallait élever le tube à cette température pour obtenir les meilleurs résultats. La proportion des deux acides a été la suivante : 6 g. acide arsénieux, — 40 g. acide de Nordhausen.