DE LA SOLANINE
Cet alcaloïde glycosidique est, avant tout, un poison nerveux. Son action s'étend sur tout le système nerveux : centres, nerfs moteurs, nerfs sensitifs qu'il paralyse.
Tous les auteurs qui ont étudié l’action physiologique de la solanine, sont d'accord sur ce point.
A faible dose elle modère le fonctionnement des systèmes nerveux.
A forte dose elle le paralyse.
Nous étudierons successivement : L'action centrale.
L'action sur la température.
Les actions viscéales diverses, L'action périphérique.
I, — Action centrale.
L'action modératrice, puis paralysante de la solanine sur le fonctionnement des centres nerveux, a été mise en lumière par Husemann, Schriff, Fronmüller, etc.
Bardet et Gaignard (thèse de Paris 1887), arrivent aux mêmes conclusions; l’action du toxique se mani-
ne
feste d’abord par de l’apathie, engourdissement de la motricité et sensibilité, puis des convulsions et finalement de la paralysie.
Geneuil, le premier (4), étudie la solanine au point de vue thérapeutique; il conclut à l'emploi de cette substance dans toutes les maladies où il y a indication de combattre l'excitation, la douleur et le spasme. Il la recommande spécialement contre les névroses accompagnées d’hyperexcitation, contre les névralgies et les névrites, le rnumatisme musculaire, la coqueluche.
Grasset et Sarda (2) confirment entièrement l’action physiologique et thérapeutique de la solanine. Ils mettent bien en lumière son pouvoir parétique sur les nerfs moteurs et anesthésique sur les nerfs sensitifs. Pour eux, la solanine présente une admirable efficacité contre les phénomènes douloureux et contre les troubles de la motricité (par hyperexcitabilité).
Parmi les premiers, ils citent surtout la sciatique, les névrites, le rhumatisme musculaire, les douleurs fulgurantes de l’ataxie.
Parmi les seconds, ils notent particulièrement les tremblements (sclérose en plaque — paralysie agitante, etc.), le tic douloureux de la face, l’hémiathétose, etc.
Enfin, Capparoni (3) est arrivé à des conclusions identiques. |
.‘ (4) Bul. thér., 30 sept. 1886, p. 263.
(2) Congrès pour l'avancement des sciences, Oran, 1888, et thèse de Sarda, Montpellier, 1888.
(3) Rivista clinica, 1387 et Bul. gén. thér., 1888, page 185.
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Comme on le voit, tous les auteurs, physiologistes et cliniciens, sont unanimes à reconnaître l’action modératrice puissante de la solanine, s’exerçant sur toutes les parties du système nerveux. Cette unanimité, si rare dans les opinions thérapeutiques, et la netteté des faits observés par tous, semble indiquer que la solanine est capable de rendre des services considérables dans les maladies nerveuses avec hyperexcitation, quelle que soit la portion atteinte du système nerveux.
On ne peut qu'être profondément étonné du dédain des cliniciens pour cette substance. Elle mériterait certainement d'être essayée dans le tétanos, la rage, lépilepsie, hystérie convulsive, etc.
On sait que la dose moyenne à laquelle on emploie la solanine est assez élevée et va de 0,05 à 0,30 et même davantage.
Il. — Action sur la température (f).
L'administration de la solanine produit un abaissement constant de la température, abaissement rigoureusement proportionné à la dose absorLée. Lorsqu'il s’agit de doses toxiques, la température de l’animal en éxpérience peut s'abaisser jusqu’à 31°5.
(1) Dupuy. Les Glucosides, 1891. FAT