EXPÉRIENCES SUR LES GRENOUILLES
La peau des grenouilles étant absorbante et se laissant facilement imprégner et pénétrer par les substances actives en contact avec elle, nous avons essayé de comparer l’action anesthésique locale de la spartéine, comme celle de nos autres alcaloïdes en la faisant agir sur la patte des grenouilles dans les conditions suivantes ;
On fixait l’animal sur la planchette eton s’arrangeait pour qu’une des extrémités postérieures soit libre en arrière et puisse être plongée dans un verre de montre contenant la solution d’alcaloïde. On laissait la pénétration se faire ainsi et l’on prolongeait l'immersion
jusqu’à modification de la sensibilité. Cette modification de la sensibilité était facile à reconnaître par le pincement alternatif des deux pattes. postérieures ; l'exploration de la patte insensibilisée ne donnait au- cun résultat, la grenouille ne bougeait pas, tandis qu’à
l'exploration de la patte opposée, elle réagissait immédiatement.
Voici ce que nous avons obtenu chez les grenouilles ainsi traitées à l’aide de la solution de spartéine A0 re Te
L’anesthésie apparaît seulement au bout de 30 ou 40 minutes. 1e |
Elle paraît un peu moins profonde que celle de la cocaïne.
Elle persiste très longtemps, trois heures en moyenne; dans deux cas elle a duré quatre heures et quatre heures vingt-cinq. |
Elle ne s'accompagne pas d'irritation ni d'aucun phénomène local appréciable. — Pas d'intoxication, même après un contact très long. S
Si l’on compare ces effels à ceux de la cocaïne, on voit qu'avec cette dernière l’anesthésie apparait dans la patte après quinze à vingt minutes, et ne dure guère : qu’un quart d'heure. Elle est très profonde et très courte,