CONCLUSIONS
[.— Des applications cutanées de certains alcaloïdes ou glucosides ont une influence nette sur la thermogénèse.
IT. — Parmi ceux que nous avons essayés (tous connus pour agir sur les extrémités nerveuses) quatre seulement, la cocaïne, l’helléboréine, la solanine, la spartéine, ont présenté d’une façon nette et constante cette action thermique.
III. — Ces produits ont comme caraclères essentiels et communs, d’être des poisons du système nerveux produisant, à haute dose, des convulsions, de la paralysie, l'arrêt de la respiration.
IV. — Par action locale, ce sont tous quatre des anesthésiques très puissants. Mais la solanine et l’helléboréine, irritants etcaustiques, ne sauraient être utilisées dans ce but. La spartéine est exempte de. ces graves inconvénients; son action, à peu près aussi intense que celle de la cocaïne, est plus lente et beaucoup plus prolongée. Elle est moins texique que cette
dernière et ne produit pas d’ischémie par son contacs. Elle nous.paraît destinée à rendre de grands services comme agent d’anesthésie locale.
V. — Pour les applications cutanées, on peut se servir de pommades ou de solutions. La quantité nile titre de la préparation n’ont d'importance bien nette et pratiquement on peut s’en tenir à la dose physiologique, incorporée dans 2 ou 4 gr. d’excipient. L'application doit être recouverte d’un enveloppement imperméable. Condition capitale : elle doit être faite à un moment de la journée où la température n’est pas en phase d’augment.
VI. — L'effet de ces applications est une régulation remarquable de la thermogénèse, abaissant la température dans l’hyperthermie, la relevant dans l’hypothermie, tendant manifestement, chez les fébricitants, à proportionner à la lésion causale, la réaction thermique de l’économie.
Cette régulation ne s’observe pas dans les maladies aiguës à détermination cutanée. Ici, l'effet des badigeonnages est une baisse constante et considérable de la fièvre.
VII. — L'action thermique dure environ de trois à cinq heures avec la cocaïne, la solanine et l’hellébo. réine ; avec la spartéine, elle dure de six à douze heures : et plus. è
VIII. — Au point de vue thérapeutique, ces applica: tions n’ont aucune influence sensible sur la marche
des maladies à localisation viscérale, dontelles peuvent tout au plus abréger la période de défervescence.
IX. — Elles ont, au contraire, une action curative des plus nettes et des plus fidèles sur les maladies aiguës à détermination cutanée, toutes les fois qu’elles ne présentent pas de complications viscérales. C’est, croyons-nous, le traitement de choix de ces affections.
X. — La spartéine est l’alcaloïde qui doit être préféré à cause de la longue durée de son action.
XI. — Cette double action, thermique et thérapeutique, n’est pas due à l’absorption des médicaments, et ne peut s’expliquer que par une action nerveuse, à point de départ périphérique.
La physiologie de la peau, l'examen des faits, l’analyse des urines, les expériences comparatives viennent, à l'appui de cette interprétation.