‹ Des applications périphériques de certains alcaloïdes ou glucosides: Nouveau procédé de régulation de la thermogenèse. Nouveau traitement des maladies aiguës à détermination cutanée. Nouvel agent d'anesthésie localeChapitre 9 sur 75 · HISTORIQUE. — INTRODUCTION · texte numérisé non relu

HISTORIQUE. — INTRODUCTION

Les recherches qui font le sujet de cette thèse ne prêtent pas à un long développement d'historique.

Il s’agit en effet d’une idée physiologique tout récemment émise et d’une méthode thérapeutique nouvelle.

Les seuls faits antérieurs qui s’y rattachent sont ceux qui ont rapport aux badigeonnages de gaïacol.

Nous n’avons pas à rappeler ici les très nombreux travaux faits sur cette question depuis que les effets des applications gaïacolées furent mises en lumière par les observations cliniques de M. Sciolla et de M. Bard.

Nous parlerons seulement des interprétations qui furent proposées pour expliquer ces effets, parce qu'elles se rattachent directement à nos propres recherches et que nous aurons à choisir entre elles.

Ces interprétations sont au nombre de deux :

L'opinion première, celle de M. Sciolla, attribue les effets des badigeonnages de gaïacol à l'absorption pure et simple du médicament,

La deuxième explication fut proposée par M. Gui-

nard (1). Pour lui, l'abaissement thermique devait être attribué à une action spéciale du gaïacol sur les terminaisons nerveuses cutanées, influant, par voie réflexe, sur les centres de la thermogénèse.

Le gaïacol agirait sur la peau, comme peuvent le faire normalement diverses influences extérieures qui mettent en jeu, par cette voie, le système thermogénétique.

M. Guinard se basait, pour soutenir son opinion, sur deux faits principaux :

. A). — La ron constatation du gaïacol dans les urines. |

B). — Des expériences très conclüuantes (2), mon- . trant qu'après section du sciatique, l'application du gaïacol sur le membre inférieur n’abaissait plus la température.

Ces faits expérimentaux n’ont pas été contredits ; mais la première assertion, de l’absence du médicament dans les urines, a été reconnue fausse par M. Güinard lui-même, grâce à des procédés de recherche plus précis. De plus, MM. Guinard et Stourbe (3), montrèrent bientôt, expérimentalement, que le gaïacol était bien absorbé par la peau, et absorbé à l’état de

(4) L. Guinard. Société des sciences médicalés de Lyon et Bulletin général de thérapeutique, 1898.

(2) Bul. gén. thérapeutique, 1893. -

(3) Guinard et Stourbe. Soc, des sciences médicales, 17 janvier 1894,

vapeurs. Ces faits furent confirmés par MM. Linossier et , Lannois (1).

C'est en s'appuyant sur cette absorption et sur l'identité des résultats des injections sous-cutanées et des badigeonnages, que M. Lannois adopte entièrement l'opinion de M. Sciolla et rejette toute influence:: périphérique.

Maigré cela M. Guinard, devant la netteté de ses observations expérimentales sur la section du sciatique, persistait à croire à une action réflexe.

En décembre 1893, quelques recherches faites dans le service de M. le professeur Teissier, par M. Pardon, interne provisoire des hôpitaux, et par nous-même, : nous permettaient d'affirmer que des applications de solutions de cocaïne donnaient un effet thermique : qui pouvait être rappproché de celui du gaïacol, bien que beaucoup moins intense (2).

Ces recherches furent confirmées par des applications que fit M. Guinard sur le lapin.

M. Védrine,dans sa thèse (3),constata les mêmes faits.

Mais on devait supposer que la cocaïne n’était pas le seul produit qui possédât cette propriété. Ces premières constatations appelaient de nouvelles recherches aux-quelles nous nous mîmes immédiatement, en collaboration avec M. Guinard.

Les résultats obtenus ont fait l’objet de communi-

(1) Linossier et Lannois. Biologie, 3 février 1894. (2) Soc. des sciences médicales, 13 décembre 1893. (3) Védrine, — Thèse de Lyon, 1895.

cations à l’Académie des sciences, à la Société des sciences médicales de Lyon et ont été résumés dans une publication « du Lyon médical » (23 juin et 1+ juillet 1894).

Ce sont eux que nous allons développer dans cette thèse.

Tous les essais, toutes les expériences que nous allons rapporter appartiennent à M. Guinard et à nousméme. L’explication physiologique lui est personnelle; mais, pour notre part, nous l’adoptons entièrement et la croyons seule capable de donner la clef des phénomènes observés.

Depuis la publication du Lyon médical, nous avons pu arriver à la connaissance de faits nouveaux et importants que nous développerons : tels que l’action anesthésique de la spartéine et les recherches sur le traitement de la rougeole, de la scarlatine, etc.

Nous avons divisé notre travail en deux parties.

La première partie est consacrée à l'exposition des faits, aux idées qu’ils nous ont inspirées, aux conséquences thérapeutiques.

La deuxième partie est réservée à l'interprétation que nous croyons pouvoir donner de nos observations ; à l'explication physiologique de nos expériences.

Ces deux parties présentent, à des points de vue différents, une importance égale ; mais, obligé de nous borner, nous nous sommes surtout étendu sur la question thérapeutique parce que, personnellement, elle nous intéressait daväntage et parce qu’à nos yeux,

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le côté spéculatif de la théorie cèdera toujours le pas au côté pratique du fait.

Nous avons ainsi subdivisé la première partie : Chapitre I. — Choix des alcaloïdes et essais négatifs. Chapitre II. — Résumé des propriétés physiologiques et thérapeutiques de nos quatre alcaloïdes.

Chapitre IIT. — Action des badigeonnages sur ia température des 24 heures.

Chapitre IV. — Action des badigeonnages sur la marche de la maladie et la courbe thermique générale.

La deuxième partie sera ainsi comprise :

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