‹ Des Arthrites InfectieusesChapitre 26 sur 55 · ENS: ARS · texte numérisé non relu

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des observations d’Elliotson, on note la présence de pus dans le genou. Depuis lors presque tous les médecins ont observé des lésions semblables portant en première ligne sur les genoux, dans des cas moins fréquents sur la hanche, l'épaule, le coude, etc. Parfois ce n’est pas l'articulation elle-même qui est prise, mais bien les tissus périarticulaires ; il se forme des synovites des gaînes tendineuses qui arrivent rapidement à la suppuration et qui coïncident avec les manifestations cutanées, musculaires ou viscérales. Dans ce cas, il est possible que l'articulation ne soit pas envahie par le processus infectieux ; on ne constate alors à l’autopsie qu’un peu de rougeur et d'injection de la synoviale, et un épanchement de sérosité louche plus ou moins abondant.

On sait que les auteurs décrivaient et décrivent encore, au point de vue clinique, quatre variétés différentes : le farcin aigu, le farcin chronique, la morve aiguë et la morve chronique. Dans les premières variétés, ce sont surtout les tissus superficiels, constituant les parties molles des membres, depuis la peau jusqu'aux muscles, qui sont plus particulièrement atteints; dans les deux dernières, les cavités, comme les fosses nasales, les parenchymes, comme le poumon, se prennent à leur tour. Aujourd'hui on fait des distinctions beaucoup moins tranchées entre les différentes localisations de l'infection farcino-morveuse. On a remarqué que bien souvent les divers types cliniques se mélangeaient ou se transformalent rapidement sur le même individu : que par exemple la Iymphangite avec abcès sous-cutanés du farcin aigu s’accompagnait bientôt des ulcérations des fosses nasales et des pustules caractéristiques de la morve aiguë. Mais ce qui permet encore de rapprocher davantage ces différents types cliniques, ce sont précisément les manifestations articulaires qui, plus communes peut-être dans la morve aiguë se rencontrent aussi dans la forme farcineuse (Tardieu). On peut retrouver les différents

degrés d’arthrites que nous avons mentionnés dans la première partie de ce travail : tantôt des douleurs articulaires, vagues d’abord, passant brusquement d’une articulation à l’autre ; plus souvent de véritables polyarthrites aiguës, comme dans le rhumatisme articulaire, qui pourraient quelquefois en imposer au début : dans la grande majorité des cas des arthrites purulentes d'emblée qui ont l’évolution des arthrites pyohémiques.

Le diagnostic qui présentera, en effet, les plus grandes difficultés en clinique, c’est précisément celui de linfection purulente, aussi bien à cause des manifestations articulaires que des manifestations cutanées. Voici une observation,recueillie avecle plus grand soin, où la maladie ayant revêtu la forme farcineuse aiguë, aurait pu, jusqu’à un certain point, être prise pour un type de ces rhumatismes infectieux que nous relatons plus loin.

Os. XI, (résumée), M. Bucquoy. Académie de médecine, 1883.

Le 9 novembre 1883, un malade entrait à l'hôpital Cochin, présentant des symptômes analogues à ceux d’une fièvre typhoïde en cours d'évolution.

Le malade (Pugimont Charles, âgé de 19 ans) exerçait la profession de cocher. Il disait être souffrant depuis une quinzaine de jours.

Les symptômes qu'il accuse se rapportent surtout à une grande courbature, une lassitude générale. C’est un alcoolique, ayant une syphilis récente ; il est fatigué par des excès de tous genres. l

Notons en outre que D... avait sur la face externe de la jambe droite, près du tibia, une ulcération de l4 largeur d’une amande, à aspect fongueux, à bords décollés. Cette ulcération frappa vivement M. Bucquoy qui émit sur le champ l’idée que cette plaie avait pu être la porte d'entrée de quelque germe septique. Interrogé sur l'origine de cette plaie, D... déclara ne pas savoir d’où elle provenait et ignorer même son existence. .

En l'absence de renseignements, nous pouvions penser que l’ulcération du mollet avait succédé à l'ouverture d’un phlegmon circonscrit ; ce qui rendait cette supposition fort plausible, c'est que D... portait sur la cuisse du même côté une petite tuméfaction fluctuante, violacée, de la grosseur d’une noix, absolument analogue à un de ces abcès qu'on observe à la suite des contusions.

Le diagnostic porté au moment de l’entrée à l'hôpital fut celui de

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