INTRODUCTION
Ce travail, dernier acte de nos études médicales, a été inspiré par une observation recueillie dans le service de M: le professeur agrégé Puech, par les soins de M. Reynès, son chef de clinique, pendant Flannée scolaire 1902-1903. Comme un cas unique ne saurait servir de base solide à une théorie quelconque, comme rien de bien stable ne pourrait être étayé dessus, il a bien fallu élargir le cadre de nos recherches et prendre un peu partout les documents indispensables à une argumentation, que nous avions la bonne volonté de rendre beaucoup plus sérieuse qu’elle ne l’est,sans - doute, en réalité.
C'est dire que ce qu'on a voulu faire ici est une revision des travaux d'autrui plutôt qu'un travail original, Et comme la matière est vaste, pour ne pas trop distraire l'attention, on
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a choisi, parmi les arthrites pelviennes qui surviennent pendant la puerpéralité, l’arthrite sacro-iliaque, la plus importante de toutes. L'inflammation de la symphyse pubienne et celle de l'articulation sacro-coccygienne n’en diffèrent pas d’ailleurs profondément, et ce qui s’applique à l'une peut, au moins en partie, s'appliquer aux autres.
Pour montrer comment la question a été comprise, il est nécessaire :
1° De définir ce qu'est la puerpéralité ; 90 De faire connaître les formes diverses de l’arthrite : 3° D'établir un plan qui limite et précise le sujet.
Qu'est-ce donc que la puerpéralité? De l'avis de la plupart des auteurs, la puerpéralité ou état puerpéral est l’époque qui s'étend de l’imprégnation jusqu'à la fin de l’allaitement,ou jusqu'à 3 mois après l'accouchement quand la mère ne nourrit pas (Auvard;.:
Cet espace de temps est déjà bien long,et il ne nous sem-
ble pas qu’on doive, à la suite de Lorain et de ses élèves, y.
faire entrer la menstruation. Si on entrait dans cette voie à sa suite, il serait fort difficile de s'arrêter et l'on ne voit pas trop pourquoi le développement ovulaire qui précède la
ponte de l’ovule n'en ferait pas partie, ce serait alors toute
la vie génitale qui constituerait la puerpéralité ; or ce sont deux termes fort différents.
Tel qu'il est avec ses quatre stades : grossesse, accouchement, postpartum, allaitement, le puerpérium paraît encore trop long à certains auteurs, comme Quinquaud, qui proposent de n’y comprendre que la grossesse, l’accouchement et le postpartum qui en est la période de réparation et
qui s'étend Jusqu'à trois mois environ après cet accouchement,
Le ASE, »
Quoique inexacte, cette opinion nous suffira pour étudier les arthrites sacro-iliaques pendant la puerpéralité.
Il est évident que toutes les inflammations aiguës ou chroniques qui frappent les articulations en dehors de la grossesse, peuvent frapper pendant la grossesse l'articulation qui nous occupe.
Autrefois, toutes les arthrites étaient noyées dans le chaos confus du rhumatisme, et c’est seulement pendant le dernier siècle qu’on en a séparé les diverses espèces.
Ce sont d’abord les arthrites diathésiques (en prenant le mot diathèse dans le sens le plus large) qui ont été isolées.
Du moment où l'on a connu la tuberculose comme entité
morbide, on a noté les arthrites qui l'accompagnent quand la maladie est générale, et l’on a vu la ressemblance de ces manifestations avec les osléo-arthrites, qu’on ne savait pas encore en être une localisation articulaire.
‘ On à noté de même la coexistence d’arthrites avec les manifestations de la syphilis, et, à cause de l'aspect particulier qu’elles présentent, on les a isolées et décrites à chacune des périodes de la maladie.
On a isolé plus tard l’arthrite blennorrhagique, dont l’essence n’est peut-être pas encore tout à fait connue, et autour de laquelle se battent encore les auteurs comme on se battait en 1866-67, mais dont la forme clinique est parfaitement connue.
On a enfin séparé tout à fait, de nos jours, après les travaux de Bouchard et de ses élèves, les arthrites liées aux différentes infections, et Lapersonne en a donné un tableau qui ne demande qu'à s'agrandir et à se compléter.
En définitive, on connaît à celte heure :
4° Les arthrites rhumatismales, dont la pathogénie est encore ignorée ;