‹ Des Automutilations Chez Les AliénésChapitre 24 sur 54 · RUE · texte numérisé non relu

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tes, se jela par la fenêtre, croyant passer par la porte. Dans la précipitation de la fuite il aurait pu tout aussi bien se heurter à un mur, une table, et se blesser. Vous connaissez le dicton populaire (il y à un Dieu pour Jes ivrognes.) Il cache sous une forme banale et obscure une vérité pathologique, savoir « que la sensibilité est souvent très émoussee chez l’alcoolique, qu’enfin c’est à elle qu’ils sont redevables de linnocuitérelative deleurs traumatismes ». Les alcoo: ques, on le sait, font des chutes fréquentes, souvent dangereuses; ils peuvent tomber de grandes hauteurs, rouler des pentes rapides, se laisser entraîner sous les roues de Jeurs voitures etc., ils se Llessent, ils ne se tuent que rarement.

De même (pour cuver leur vin) ils peuvent passer des nuits entières exposés à toutes les rigueurs du froid, ils tomheront malades mais ne contracteront que rarement des affections qui puissent les pousser au tombeau.

Ce sont bien là si l’on veut, des aulomutilations.

9, — MORPHINOMANIE

UN

On sait combien est intense le besoin de morphine qui suitl'abshinence morphinique, combien impérieuse est l’obsession. En cet état, le morphinomane déploie tout ce qui lui reste de facultés pour arriver à s’en procurer, il ruse avec son entourage, combine tous les moyens de Jui échapper, commet des vols longuement prémedités, etc., etc. (1).

(1) Chambard. — Morphinomanes.

LA re

M. Pichon cite une malade, d’ailleurs chargée de lourdes tares héréditaires, qui n’ayant pas le moyen de se procurer des canules, s'était emparée de tous les tronçons de vieilles canules brisées, auxquels elle préparait la voie, en s’enfonçcant dans la chair de grosses aiguilles à coudre.

Une autre espèce d’automutilation, si l’on veut, ce seraient les nombreux abcès sous-cutanés que produisent les piqûres multipliées.

: S 3. — COCAINOMANIE

Nombre d'individus ont essayé de combattre la morphinomanie par la cocainomanie. Le malheur est qu'à une habitude vicieuse, ils ont substitué une habitude tout autrementredoutable, par la nature de ses manifestations, leur intensité, leur rapidité. Dans la cocainomanie, les troubles de la sensibilité géné rale sont fréquents, nous verrons qu’ils engendrent souvent des automutilations, favorisées d'ailleurs par une analgésie marquée.

Nousrapportons d'après M.Saury deuxobservations de cocaïinomanes (1). |

« Le premier éprouvait après chaque injection de cocaïne, un besoin automatique irrésistible, de fouiller avec la pointe d’une aiguille ou d’un canif dans ses ulcérations cutanées. Il voulait en retirer de prêtendus insectes microscopiques (microbes du choléra). Le même, à plusieurs reprises, s’introduisit sans

(1) Chambard. — Loco citato.

vit douleur dans le rectum, un manche de couteau, des aiguilles, etc... (pour se donner de l'air). Le second «se croyait envahi par la vermine, l'air qu’il respirait, ses vêtements étaient infestés de microbes. Tourmenté par un prurit continuel, il s’écorchait la peau et en reürait avec l’ongle ou la pointe d’une épingle, de prêtendus parasites ».

On pourrait citer encore comme automutilations les nombreux abcès sous-cutanés provoqués par les piqûres incessantes que se pratiquent les cocainomanes.

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