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l'horrible supplice que Dieu avait prescrit
dans l'ancienne Loi, pour le punir.
Un blasphématent ayant été traîiné un
jour devani Moïse, le saini Législateur consulta loracle du Seigneur, afin qu'il daignôt prononcer jui-même la sentence.
Dieu la prononça, €7 effet : ‘“ Que ce téméraires répondit-[l, soit conduit hors du camp, et lapidé vivant pour toui le Ce qui fut exécuté. Ainsi fut établie la loi par laquelle tout blasphémateur, SDS distinction de personnes, devait
être puni du même genre de mort (1).
Qi ce supplice n'est plus maintenant en eependant suffire pour nous
usage, il doit faire comprendre toute l'énormité de ce
péché ; et siles blasphémaieuts d’aujourd'hui n'ont plus à le redouter, ils doivent s'attendre à des tourments d'autant plus
rigoureux, pendant toute l'éternité en enfer pour leur mal-
où Dieu vengera en Dieu, heur, son honneut méprisé.
peuple.
re (1) Levit. xxIV: 16.
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: ‘(1) Novel, 77,
Lois pénales en France contre le blasphème.
Mais le Seigneur n’a pas été seul à châtier la blasphème. (Ce crime était aussi puni du dernier supplice par les lois ro- auiaines (1). La législation sur le blasphème fut introduite en France par le successeur de Charlemagne : il l'avait empruntée aux Novels de Justinien. Un
capitulaire de Louis le Débonnaire porte :
que les blasphémateurs du saint nom de Dieu seront punis du dernier supplice par le principal magistrat de la ville ; que celui qw, connaissant le coupable, ne l'aura pas dénoncé, sera également mis à mort ; que le magistrat qui n'aura pas
puni ce crime encourra lindignation du
prince et en sera responsable au jugement de Dieu. Philippe Auguste publia une ordonnance contre ceux qui auraient proféré : Tête-bleue ! Cor-bleu ! Ventre-bleu /
Sang-bleu !
ET IMPRÉCATIONS. 49 Les coupables, s'ils étaient aobles, devaient être condamnés à une amende ; et à être mis. dans un sac € jetés dans la rivière, s'ils étaient roturiers.
nserva la législation des or
Gaint Louis CO donnances de 568 prédécesseurs contre lè
blasphème. A son retour de Palestine, il ordonna que tous ceux qui profèreraient quelque blasphème, seraient marqués au front d’un fer rouge,et qu'en Cas de récidive ils auraient aussi la lang al percées d'un fer rouge. Le pape Clément TV félicita Jesaint roi de cette ordonnance, et l'exhorta à en modérer la pénalité. Il l’engages à condamner les éoupables à des peine corporelles, san8 mutilation ni flétrissure des membres. Aussi, gubstitua t-il l'amende aux mutilations.
François 1° — « Et si aucun des dite aventuriers 50 trouve qui sient usé des dites inhumanités 6i cruautés ou- d'ex &crables - blasphèmes, nouê voulons qu'il soient punis par justice de telle ou sem
blable peine qu'ils auront fait porter et souffrir aux autres, ou qu'ils soient punis d'autre griève et extraordinaire et rigoureuse peine exemplaire, à la dis-
- crétion de la justice ; et les dits blas-
phémateurs exécrables avant que de souffrir la mort, aient la gorge ouverte avan un fer chaud, et la langue tirée et coupée par le dessous ; et ce fait qu’ils soient fait, pendus et attachés au gibet ou potence et étranglés selon leurs démérites.” Donné à Lyon le 25 septembre 1523, et de notre règne le 9 (1).— Henri II.—Le soldat qui blasphèmera le nom’ de Dieu en vain sera mis en place public au carcan par trois divers jours, trois heures à chacune fois : et à la fin d'’iceux la tête nue demandera pardon à Dieu (2). Les princes maintinrent ces diverses ordonnances ; seulement ils en aggravaient ou 4 en diminuaient la pénalité selon
(1) François 1er Conf. de l’Ord. liv. xt, titre v. 8 67. 17 + IL, Conf. de l'Ord, liv, xx. titre v. art,
les circonstances.
Les ordonnances de 6 et 1681, portaient seront convaincus
d'avoir juré et blasphémé Île saint noïmn de Dieu, de sa très sainte Mère, et des saints, seraient condamnés pour la première fois à une amende ; POUT la deuxième, la
troisième, pour la quatrième, à une amende
double ; pour la cinquièmA fois au carcal ; lori, et à avoir la
pour la sixième au Pi lèvre supérieure coupée ; enfin, POUT la septième à avoir, la langue coupée tout juste. —Kennet; roi d'Ecosse. avait
autrefois pareillement condamné les
blasphémateurs x avoir la langue cou
pée. — Mahomet lui-.ême ordonne dans son Coran de partager en deux, quiconque blasphème Dieu, Jésus-Christ ou la Sainte
Vierge (t).
ms @) $. Bernard, sérm. 4l, &- 8, c. &
Louis XIV, de 166 que Ceux qui
nd
Kigueur de la discipline Eccl.
D'après l’ancienne discipline écclésiastique, voici quelles étaient les peines que devaient subir ceux qui blesphémaient contre Dieu, contre la sainte Vierge et les saints : le pénitent devait se tenir debout pendant sept dimanches consécutifs, devant la porte de l'église ; le dernier dimanche, sans manteau et nu-pieds, avec une courroie autour du cou. En outre, il était obligé pendant ces sept semaines de jeûner tous les vendredis au pain et à l'eau, pendant tout ce temps, il lui était défendu d'entrer dans aucune église.
Chaque dimanche il était obligé d’entretenir un ou plusieurs pauvres, suivant ses moyens, S'il refusait de se soumettre à la pénitence on lui interdisait l'entrée de l'église, et après sa mort on lui refusait la sépulture ecclésiastique.
Il y a cinq classes de blasphèmes.
Toutefois, bien que le blasphème,soit de sa
anture un crime énorme, ainsi que DOUÉ
l'avons dit, il n'est pas toujours également grave. C'est pourquoi, Pour vous bien faire apprécier la malice de ce crime, je vais, avant de finir cette ques tion, diviser je blasphème en cinq espèces, dont chacune avec Sà gris reté particulière. — Et d'abord, le b: sphème d'erreur ou d'ignorancé. C'est celui des personnes qui disent des part.’ injurieuses à Dieu, sans trop en connaitre la portée et sans aucune intention de mépriser Dieu et de diminuer le respect qui Lui est dû. O'est Île moins grief de tous;
mais, comme On est toujours porté à so
fatter soi-même, il ne faut pas manquer
expliquer au saint tribunal les paroles .
qu’on à proférées, afin de recevoir du Con-
fesseur la pénitence et les avis CONvé nables ; Çar, gachez que pour $e rendre coupable du blasphème, il n'est pas nôcessaire d'avoir l'intention formelle ad'ou-
trager Dieu ou de diminuer l'honneur qu’
EL
lui est dû, il suffit de proférer le blasphème, quand on sait ‘d’ailleurs et qu’on s'aperçoit que les paroles que ion se permet sont injurieuses à Dieu. Ce blasphème serait plus grave s'il provenait d’une erreur volontaire de l'esprit touchant la foi, comme cela a lieu chez les hérétiques.
29 Le blasphème de conduite, c'est celui de ces pécheurs obstinés dont la vie desordonnée, liceneieuse, est un outrage continuel à la Divinité. ‘Les blasphémateurs en paroles sont rares, dit saint Augustin (1); mais combien qui blasphèment par leurs actions |”
. 30 Le blasphème de compiicité, c'est celui des personnes qui encouragent les blasphémateurs par leurs approbations, par leurs sourires, en les écoutant avec bienveillance ou qui, ayant autorité pour èm-
pêcher leur crime, se renferment dans un
indigne silence, et deviennent ainsi com-
() In Joan c. Lxxit.
ET [MPRÉCATIONS:
àsva plices du mal qu'elles devraient réprimer. à Le moins qu'on puisse rire quand On est vo” gans autorité pour faire taire Ces langues pa infernales, c'est de témoigner, Par la tristesse de 508 visage, toute l'horreur 1e w’on à pour le venin qu'elles distillent.
4o Le blasphème de colère OU, d'im:
. atience C'est le plus ordinaire de tous; vie ot il ne peut être excusé de péché mortel, 8° dit ‘saint Thomas, due av un soudain ss transp :: de passion, qui fait qu'on ne prend et qu'on ne peut prendre garde ” au mal qu'expriment les paroles blas rofère (1):
hématoires qu'on
po Enfin Le blasphème tive de la VO
pro lonté
est is vient d'une haine pos 7. contre Dieu. C'est alors Je comble âe la dè- Le pravation c'est Un péché inexplicable ; ist c'est une véritable démence.
7 4h ar GIÉEE
(1) S. Tho. Sum . Theol. 2: 9, g. 15, & 2,
PE cl
Quelles excuses’ apporte-t-on au blasphème.
Je blasphème sans y penser, par mau vaise habitude, je n'ai pas l'intention d'outrager Dieu.
Vous blasphémez par habitude.—Qui l’a faite cette habitude que vous savez mauvaise? C’est bien vous. De ce que vous avez l'habitude de vous enivrer, de voler,
n’en êtes-vous pas un plus grand ivrogne,
un plus ériste voleur.
Vous n'avez pas lintention d'outrager Dieu, dites-vous ; pourquoi alors prononcer contre lui des paroles outrageantes, paroles qui renferment en elles-mêmes un outrage ? Blasphémateur, qu'un homme vienne vous traiter d’adultère, de voleur, de calomniateur; qu’il vous charge d’imprécation et ‘de malédiction, vous ne l’excuseriez jamais en disant, c’est son habitude, il ne m'en veut pas. Le filk* qui traiterait ainsi son père, aurait beau dire :
ET IMPRÉOATIONS. 57
je vous aime mo père, maïs je suis prompt, je ne pensais pas à ce que je disais. (Ces excuses ne vaudraient pas à l’année.
Si vous avez formellement rétracté cette mauvaise habitude, et si vous travaillez de toutes vos forces à vous en corriger, Dieu aura pour vous beaucoup d’indulgence, car il peut se faire que des päroles blasphématoires vous échappent encore comme malgré vous. |
Mais sil s'agit ici d'une habitude volontaire, entretenue par indifférence, par insouciance, loin de vous rendre excusable, une telle habitude aggrave votre maièce et votre péché. Vous l'avez faite, vous n'êtes pas né avec elle. Non, mais vous l'avez eontractée librement, par la répétition volontaire et réfléchie de vos blasphèmes. Quand dans un tribunal un homme est condamné une deuxième, une troisième fois, le châtiment que le. juge va lui infliger est une fois, deux et trois
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fois plus sevère. Son habitude dé péchez ne le rend pas plus digne d’indulgence.
La colère m’emporte et je blasphème. *
C’est la colère qui vous fait “blasphémer. P La colère est un péché et non une excuse : d au blasphème. D'ailleurs beaucoup sont } colère et ne blasphèment pss. Pour qu’un
accident quelconque, une contrariété, un retard, une parole choquante, vous impatiente et vous chagrine, il faut décharger votre fureur sur Dieu ! Quelle est cette conduite ? Y a-t-il rien de plus inique, de plus monstrueux Votre colère provient ou de la malice:
des hommes ou du cours naïurel des choses. | Si c’est de la malice des hommes, pourquoi en jeter le tort sur Dieu, qui défend aux hommes de vous nuire, et leur commande sous les peines les plus sévères de
her | vous aimer? Dieu est innocent du mal que l’on vous fait. Pourquoi vous venger sur Lui et faire éclater sur Lui votre ressentiment ? - Est-ce là de la justice ?
est-ce là de la raison ?
Si votre colère est allumée par un accideni purement naturel que Dieu veut ou
er, + permet.—Tout, excepté le péché, provient se de Dieu.—Vous avez parlé contre Dieu, né lancé contre Lui le reproche, l’injure et | in la malédiction. Dieu est le maître. De Al an telles paroles contre l’auteur de tout, ne (l\ n- méritent-elles pas que vous soyiez lancés | | er en enfer pour glorifier la justice du Dieu fl be que vous ne voulez pas exhalter par vos e, louanges. |
| Vous dites que vous n’en voulez pas à 8. | Dieu, que vous ne blasphémez que contre | se sort. Que feriez-vous donc de pis si
vous Lui en vouliez ?
| ln Comment pourriez-vous lui marquer | plus insolemment du dépit et de l’'indignation ? D"
Quel infernal soulagement dans les veines et les chagrins que les blasphèmes !
Je blasphème parce qu’on ne m’0béit pas. Quand je blasphème, ma femme et mes enfants me craignent et m’écoutent.
Horrible respect, crainte infernale, que ce respect ou cette crainte qu’on inspire en faisant trembler le ciel et la terre par le blasphème ! (Chrétiens, vous qui connaissez Dieu et qui savez combien son nom ést redoubtable, écoutez je vous prie, et voyez quel désordre.
Voici un homme qui veut dompter la résistanca d'un enfant ou d’un serviteur indocile ; voici un homme qui veut dompter un animal, stimuler son ardeur ; Qu'il prenne la verge ou le fouet; Mais qu'il ne vocifère pas injure sur injure, im-
ET IMPRÉOATIONS. 61
précation sur imprécation contre Dieu.
A l'entendre on dirait un démon sorti de l'enfer pour épouvanter le monde de ses hurlements et de ses blasphèmes.
Malheureux blasphémateur, est-ce Dieu qui est ici le coupable? Pourquoi le maudis-tu ? Prends-tu donc Son Nom Sacré pour un vil épouvantail? Le blasphème doit-il te servir de verge et de fouet pour ton cheval ?
Quand un champ ou un lieu de travail est ensemencé de blasphèmes, il en naît bien du malheur ; cherchez-y K la cause de tel accident déplorable. Quand une maison est remplie de blasphèmes, il en sort bien des discordes et des crimes D'une semence de blé naîtra du bk. D'une semence d'enfer comme est le blasphème paîtront la misère, le désordre, la chicane, les tourments infernaux. :
‘ DES BLASPHÈMRS
Remèdes contre le blasphème.
Le principal moyen d'éviter le blasphème, c'est d’en détruire la racine qui est généralement notre passion dominante.
Porter toujours gravée dans son cœur la crainte de .Dieu ; prier une personne charitable et discrète de nous avertir lorsque nous prononçons quelques paroles blasphèmatoires; renouveler chaque matin notre résolution de nous corriger de cette affreuse habitude ; nous humilier et nous imposer une pénitence lorsque nous avons le malheur de blasphémer, voilà d’excellents moyens d'éviter le blasphème.
Mis je dois vous prévenir que tous vos soins seront: inutiles. si vous n'allez à la racine même du mal.
Or, la source du blasphème, c’est votre colère, par laquelle. vous vous laissez dominer pour les moindres chose:, il faut donc la modérer et la réprimer La source du blasphème, c’est la passion effrénée pour
les jeux de hasard; il faut donc y renoncer complètement. La source du blasphème ce sont les débauches, les excès que vous faites dans les vins qui vous abrutisseut
la entièrement et vous ôtent toute réflexion; Le , donc, modération, sobriété et tempérance. ir La source du blasphème, c’est encore l’im- Le ‘> patience à supporter les épreuves de cette FA vie, et tout ce qui vous arrive d'affligeank "A et de fâcheux ; donc plus de conformité du et de résignation aux volontés divines, de toujours adorables et toujours tendant à ]- notre plus grand bien. Telles sont les d causes ordinaires d’où procèdent ces smjé portements. impies contre Dieu et contre la + tout ce qu'il a de plus sacré. J'ai voulu les rappeler afin que si vous reconnaissez
a en vous l’une au l'autre d'elles, vous ? travailliez sérieusement à fermer ces sources crimineMes et empoisonnées de vos
blasphèmes, et à vous corriger entièrement de ces mauvaises habitudes. Autreñent, je ne pourrais rien présumer de bon pour
vou; car vous ne serez pas toujours, j'imae gine, dans les mêmes dispositions. Lorsque vous serez arrivés à votre dernière heure, - et qué vous aurez la mort dans la gorge, vous vous tournerez suppliants vers Dieu, vers Jésus crucifié, implorant assistance et secours ; mais je crains fort alors que cette terrible menace que Dieu a répété plusieurs fois dans les saintes Ecritures ne se vérifie en vous ; Znvocabunt me, et ego non exaudiam (1). Ils m'invoqueront, mais ce sera en vain; car je ne les exaucerai pas. Tel est le châtiment ordinaire des blasphemateurs (surtout de ceux qui sont éclairés), comme nous l'ap-
prenons par l'exemple des docteurs de la loi et des pharisiens, qui, après avoir at-
tribué au démon, contre leurs propres lumières, les œuvres éclatantes du Fils de Dieu, et l'avoir fait mettre # mort ne se repentirent jamais. Leur crime n'était pourtant point irrémissible, car il n’en
(1) Jer. x1, XIV, 12.
est sax bla flé vÉ le
ass, ee À
ET IMPRÉOATIONS, 65
Mae est pas quine puisse être lavé es | le que sang de Jésus-Christ, mais comme leurs re, blasphèmes partaient d’une impiété rége, fléchie et volontaire (ce qui constituait de eu véritables blasphèmes contre le St-Esprit), 9, nce l'endurcissement et l’impénitence en deque vinrent justement la punition.
Dété ‘|? | res Blasphème contre le Saint et Esprit.
Ont, he Je vous dis en vérité que tous les péchés ent que les enfants des hommes auront commis, : dé | et tous les blasphèmes qu'ils auront proap- | férés, leur seront remis ; mais ai quelqu'un qe blasphème contre le Saint-Esprit, il n’en > la Ÿ P nr recevra jamais le pardon, et il sera couse pable d’un péché éternel.
de Ce péché est très gmve, 19 à raïson de l'injure qu'il fait à Dieu, étant directese | de ei | #N ment dirigé contre Dieu lui-même; 20 à, ait | AS 2 raison de l’injure qui est faite à Son hon-
nn
(1) Marc nr. v. 28.
neur, à Sa gloire, à Sa majesté ; 39 à raison de l’'offenseur qui n'agit que par colère, furie et haîne de Dieu,son Père et Créateur; 4e à raison de l’endurcissement qu'il produit dans l’âme. Il met l’âme dans l’impossibilité de rentrer en grâce avec Dieu Sauveur., Ce blasphème contre le Sé Esprit se consomme par l'impénitence finale.
Voilà pourquoi il est irrémissible en cette vie et en l’autre. Le péché est donc diamétralement opposé à la rédemption et au salut, puisqu'il attaque 1e l’Auteur de la grâce et le dispensateur des pardons ; puisque 20 il rend nuls et méprisables les moyens de salut: la passion, le sang, les blessures du Christ et les sacrements, ainsi que la bonté, la miséricorde de Dieu ; el que ce criwe ne provient pas de li gnoraxce, mais de la pure malice. C'est denc une feute irrémissible.
ET IMPRÉOATIONS, 67
Législation sur le blasphème ; en vigueur dans la Province de Québec.
D'après la loi commune tombent sous la loi et les pénalités, comme portant atteinte à la paix, tous les blasphémateurs, que leurs blasphèmes soient dirigés contre
Dieu, contre la religion chrétienne, ou
contre les saintes Ecritures (1).
: La loi statuaire a aussi des dispositions qui peuvent atteindre le blasphémateur.,
Le chapitre 157 des statuts revisés du.
* Bas-Canada, intitulé ‘‘ acte concernant les offenses contre la morale et le bien pu-
blics ” punit à six mois d'emprisonnement et à $50 piastres d'amende ou trois autres mois, ceux qui causent du trouble dans les rues ou grands chemins : en criant, jurant ou chantant, ou en étant ivre ou en in-
commodant les passants paisibles. ”
Or, d’après une saine interprétation, le
€) (Roscoe!’s crim. evid. p. 646, ets),
blasphème doit être compris dans ces mots ; car le blasphème, proféré dans une rue, est toujours un trouble et incommiode les passants paisibles. |
Les lois municipales ont aussi des dispositions à cette fin.
Les articles 525 et 603 du Code municipal donnent le droit, à tout. conseil locale de faire des règlements pour ‘ réprimer les jurements profanes et les langages obscènes ou blasphématoires, dans les chemins, sur les places publiques, ou les environs. ”
Chaque conseil municipal local a donc le droit de passer un règlement à cette fin. La Charte de la Cité de Montréal (1) donne pouvoir au Conseil de ville de . faire des règlements pour le bon ordre, la paix.....et pour la prévention et la suppression de tous actes et procédés dans la dite cité, opposés, contraires, ou préjudiciables
creme
(1) 87, Ve. 61, 8. 123 $ 2.
au bon ordre, à la paix.…..de la dite
cité. ” |
Or, d'après une saine interprétation, le blasphème dans les rues, ou en public, est contre Le bon ordre et la paix.
Je ne vois pas que la cité ait jamais pæsé de règlement à cette fin, vu l'existence des lois communes et statutaires qui suffisent à réprimer le blasphème dans les rues et places publiques. Pour poursuivre et faire punir le blasphémateur, dans ces différents cas, un seul témoin qui vient
donner sa déposition devant un magistrat,
suffit ; mais quand on procède en vertu de la loi commune, c’est une offènse ixdéctable, c’est-à-dire qui se traite par voie de
mise en accusation devant les jurés, tandis
que la procédure en vertu des statuts, ou des règlements se fait devant un ou plusieurs juges de paix dont les magistrats de police (le Recorder) ont les pouvoirs. |
De MONTIGNY, Recorpet.
Montréal.