‹ Des blasphèmes et imprécations [microforme]Chapitre 19 sur 36 · TRAITS HISTORIQUES · texte numérisé non relu

TRAITS HISTORIQUES

L'histoire que je veux raconter est très véritable, dit le Père Le Jeune. Les réprouvés ne la croiront pas, mais s'en mçqueront, n importe, c'est à leur dam ; les prédestinés la croiront et en feront leur profit. De notre temps, dit ls Père, en nos jours, en France, il n'y a pas longtemps, un jeune gentilhorame, graud blasphémateur, alla se coucher après avoir prononcé plusieurs blasphèmes, sans autre forme de prières. Ses frères, l’averlissant de demander pardon à Dieu, il s’en moque. Sur le minuit, un grand homme noir monte e Jeur chambre, frappe à la porte, et en frappant l'ouvre et entre ; il allume un grand feu en la cheminée, il y met une'chaudière remplie d’eau, il va tirer par les pieds ce blasphémateur au milieu de ses deux frères, et à leur vue, il l’étend sur la table, le coupe en quartiers, met les pièces dans l'eau bouillante, il siffle deux ou trois fois, comme pour appeler des chiens ; voilà que

deux gros dogues montent et entrent, il

répand la chaudière au milieu de la cham-

bre, ét leur donne à dévorer les membres de cet intortuné. ï

oo 2 SACS : RE

Un de ses frères qui était présent, et

qui s'est fait capucin, était encore vivant

ü temps du Père Lejeune ; il était. com-

pans du père Provincial et racontait ce

it à ses intimes. CORÉ, DATHAN, ABIRON.

Du temps de Moïse vivait trois hommes rvers, Coré, Dathan et Abiron, qui, unis deux cent cinquante autres Israélites, voulurent lever contre Moïse et Aaron l’étendard dé la révolte. Ils joignitent au

. crime de rébellion des blasphèmes contre

Dieu. : Moïse, d’après l’ordre du Seigneur, ordonna a tout la peuple de se séparer d'eux, et dit: “ Vous 2llez savoir queje tiers ma mission du Seigneur, et aue je

ne’fais rien de moi-même. Si les coupables

meurent d'une mort ordinaire, et qu'ils soient seulement frappés d’une plaie semblable a celle desautres hommes, le Seigneur ne m'a point envoyé; mais si la

… terre, ouvrant son sein, les engloutit ettout … ce qui leur appartient, de sorte qu'ils des:

cendent en enfer tout vivants, vous sauresz

|} ii : qu'ils ont tlasphémé le Nom du Seigneur. :

(1) Rerm. P, Lejeune. | ;

ET IMPRÉOATIONS, 99

— À peine Moïse avait-il cessé de parler que la terre se fendit sous leurs pieds et les dévora, eux, leurs-fenftes et tout ce qui leur appartenait. Israël {nt rempli d'effroi. Tous prirent la fuite’ tfams la crainte que

pareil malheur ne legr'aÿrivât.

SENNAQBÉRIS,

Ce prince, ayant. véincu l'Egypte, se flatta de devenir maître de Jérusalem sans coup férir. Pour déteñhiner les habitants à se rendre, il envoya trois de ses premiers officiers, chargés dé ‘keur dire de sa part : ‘ Pourquoi vous ‘obstinez-vous à résister à ma puissance ? Ne ous laissez point séduire par les discdurs d’Ezéchias, ni par les pomesses qu'il vous fait d'échapper à mes coùps. Prenez un’ meilleur parti ; rendezvous à moi, et vofre vie sera en sûreté. Vo- . tre roi vous. trompe, quand il vous assure :

que son Dieu vous délivrera. Les dieux des autres peuples ont-ils pu défendre leurs pays contre l'effort de mes armes ? IL

n'en est pas un seul qui ait eu ce pouvoir:

Comment donc vous flattez-vous que votre Dieu fera ce que tant d'autres n'ont pu fai re ? Ces officiers avaient ordre de remettre à Ezéchias une lettre qui contenait les mê-

mes blasphèmes, Le prince, après avoit lu cette lettre, alla, au temple, pénétré de douleur ; il étenditsous les yeux du Seieur cet écrit, bt, prosterné au piéd de autel, il adress À Dieu cette prière touchante : “ Seigdeur; Dieu d'Israël, qui êtes le maître dé tous les royaumes du monde, ouvrez leg-yeux, et voyez l’impiété de vos ennerig? prêtez l'oreille, et écoutez les blasphèmes qu’ils proferent contre vous. Îl est’ Vrai, Seigneur, qu'ils ont brûlé les idoles. qu’on y adoraient ; mais ces idoles n’étareñt pas des dieux : ouvrage de la main dés hommes. Levez-vous, Seigneur, vengez-vous de l’outrage qu'ils Vous font, en vous eviparant à ces dieux impuissants; “,Sauvez.nous des mains de ce roi impie, afin qu toûs les royaumes de la terre apprennent que vous êtes le véritable Dieu.” Le Seignenr exaucça la prière d'Ezéchias, ét lui fit annoncer par son prophète Isaïe, ces paroles consolantes. Voici

ce que le Seigneur dit contre Sennachérib: |

‘4 Qui as-tu insulté? A qui s’adressaient tes blasphèmes? Tu as outragé le Saint d’Istaël : c'est moi que tu as attaqué. J'ai entendu tes discours insolents, et j'en ai mé-

Dh. dité la vengeance, Je te mettrai un cercle

‘ LE sets

es re

ar DPRÉCATIONS 101

dans les naseaux, et un mors à la bouche, pour réprimer ta fougue. Jo te ferai retournér par le même chemin que tu as pris pour venir ici. Vous Erééhias, conducteur

de mon peuple, rashukeÿ-vous. Le roi

d’Assyrie n’entrera point dans cette ville :

il n’en approchera pas tiême assez pour y faire éomber ses flèches ;;il ne l’assiégera pas ; mais il retournera par où il est venu.

Je protégerai Jérusaleb, et je la sauverai en considération de mot serviteur David.”

Ea prédiction d’Isaïe ne tarda pas à s’accomplir. Sennachérib avait rassemblé ses troupes et se disposait à former le siège de Jérusalem. Déjà les ordres étaient donnés pour l'exécution de son dessein ; mais la nuit suivante l'ange du Seigneur vint dans le camp des Assyriens et tua cænt-quatre-vingt mil hommes de cette armée formidable. Il n’échappa de ce car-

. nage qu’un petit nombre, avec le roi, dont

lB punition aurait été imparfaite s’il n'eût

pas survécu à sa défaite. (Cette scène ef-

froyable se passa sans bruit, et le sommeil de Sennachérib n’en fut point interrompu.

Ce:. prince se leva au point du jour, et, étant sorti de sa tente, il vit la “terre onchée de cadavres. A cette vue, saisi d’ef-

LU

froi, il s'enfuit sans délibérer, croyant vedir à tout moment, le glaive levé sur sa tête ; il court se réfugier dans sa capitale : c'était un asile bion‘imal assuré contre les courroux du ciel; di le poursuivait. Peu de temps après, ik $ü$ assassiné par deux de ses fils, dans K‘%ïaple de son idole.

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