BAVIÈRE
Au onzième siècle, les monnaies frappées dans le duché de Bavière, à Regensburg (Ratisbonne), etc., se transformèrent en deniers larges et minces, véritables demi-bractéates dont nous n'avons pas à nous occuper ici; car^ sauf à Augsbourg, ces demi-bractéates né se changèrent jamais en bractéates vraies comme dans le reste de l'Allemagne.
a. Évêché de Wurtzbourg. — Cet évêché obtint en 1030, de l'empereur Conrad, le droit de frapper monnaie. Bien que situé en Franconie, en dehors de la véritable patrie des bractéates> la numismatique de l'évêché de Wurtzbourg s'enorgueillissait, encore au commencement de ce siècle, d'un petit nombre de belles bractéates appartenant à divers évèques de la période qui s'étend de 1141 à 1224. Elles avaient été publiées principalement par Seelânder et par Becker. Il semblait étrange cependant de retrouver en Franconie des bractéates aussi belles et d'aussi grandes dimensions, car il n'en a pas existé d'autres dans les environs ; aussi cette remarque a-t-elle peu à peu donné naissance à l'opinion que ces bractéates pourraient bien être fausses et ne constituer que de simples imitations modernes, d'autant plus qu'un des auteurs qui les a fait connaître, Seelânder, inspire, comme nous l'avons dit, les soupçons les mieux justifiés, et qu'il se trouvé aussi bien des erreurs dans l'ouvrage de Becker, où ont paru les autres bractéates des évoques de Wurtzbourg.
Il est avéré aujourd'hui que l'opinion qui considère ces bractéates comme de fabrication moderne du commencement du dix-huitième siècle, est la vraie. Il faut donc, jusqu'à nouvel ordre, rayer Wurtzbourg de la liste des localités ayant produit des bractéates véritables.
La plupart de ces bractéates fausses sont d'un très-beau travail , avec légendes nettement lisibles et composées de lettres d'un superbe caractère. Elles sont presque toutes gravées dans l'ouvrage de Becker, et portent les noms des évoques Embric ou Emmerich, 1123-1147 (pi. VIII, 101); Siegfried, 1147-11 51 ; Herold, 1165-1172 } Reinhard d'Aiensberg, 1172-1184; Conrad I", 1198-1202; Otton de Xobdeburg, 1207-1223; Dietrich, 1223-1225. M. de Posern-Klett a fait connaître une bractéate également fausse <le l'évêque Gebhard de Henneberg, 1151-1160.
Sur ces imitations, l'évêque mitre est représenté de face, presque toujours assis, parfois debout, tenant la croix, une bannière, et toujours une épée, signe caractéristique et particulier de la puissance temporelle, probablement en rapport avec le titre de duc de Franconie que prirent les évoques de Wurtzbourg.
Ce qui prouve encore plus que tout le reste la fausseté de ces bractéates, c'est leur style de fabrication absolument uniforme, ce qui n'a eu lieu pour aucune série de bractéates vraies pendant un espace de temps aussi prolongé. Il est probable que presque tous ces coins faux ont été fabriqués par le seul Seelânder.
b. Ville de Nuremberg. — On attribue à cette ville (1) une belle bractéate de moyenne grandeur, portant une aigte éployée à figure humaine, avec la légende NVRNBVRC. N'ayant pas vu cette bractéate, nous ne pouvons que mentionner le fait, qui nous paraît étrange et très-peu en rapport avec ce que Ton sait de la véritable patrie des bractéates.
({) Numismatiscke Zeitung.
BRAGTÉATES
DU