‹ Des Brûlures Étendues Récentes: Conception actuelle de leur pathogénie et de leur traitement. Essai sur l’organisation d’un Service de « Brûlés »Chapitre 5 sur 26 · I. — LES LESIONS CUTANÉES · texte numérisé non relu

I. — LES LESIONS CUTANÉES

Les lésions cutanées par brûlures peuvent exister en profondeür ou en étendue.

Suivant la profondeur, DUPUYTREN observait six degrés de brûlures. Ne retenons de cette classification histologique que les trois premiers degrés qui présentent, seuls, un intérêt clinique véritable.

1er degré. — C’est l’inflammation de la couche superficielle de l’épiderme avec érythème sans formation de phlyctènes. On observe une rougeur vive disparaissant à la pression du doigt, avec tuméfaction variable et douleur cuisante. L'évolution se fait en

quelques heures ou en quelques jours et se termine

par une desquamation épidermique. Quand les radiations solaires sont en cause, cette inflammation est le « coup de soleil ». |

2e degré. — C’est encore une inflammation épidermique, mais plus profonde. « Une douleur vive,

Le 26 FA

bhaite nous dit DUPUYIREN, se ait sentir, et quelquefois en même temps — mais le plus souvent après

quelques heures — il se forme sur la surface brûlée une

ou plusieurs phlyctènes qui se remplissent d’une sérosité claire et limpide ; la douleur devient alors tensive ». Les phlyctènes se déchirent ou on les perce, la sérosité s'écoule, l'épiderme se déssèche et au bout de quelques jours tombe, laissant voir le corps muqueux recouvert

par un nouvel et mince épiderme. Les cellules basales

de la peau ne sont pas frappées de mort et sont Looe de régénérer les téguments.

3° degré. — Is lésions atteignent le derme. Il y. a destruction du corps muqueux et de la surface papillaire du derme. DuPUYTREN observait des taches grises, jaunes où brunes, souples, insensibles à un toucher doux mais sous lesquelles en appuyant davan-": tage se développe une douleur plus ou moins vive ; elles sont formées par le corps muqueux privé de vie. Les phiyctènes qui recouvrent souvent les points désorganisés à ce degré, contiennent ordinairement une sérosité brunâtre ou fortement colorée par le sang. Le derme sous-jacent à la phlyctène ouverte apparaît rougeâtre, rouge sombre. Tantôt l’escarre se détache en masse, clivée en un sillon d’inflammation éliminatoire, tantôt elle tombe en parcelles, des ulcérations en résultent plus ou moins étendues mais superficielles dont les cicatrices resteront toujours apparentes à cause de la couche blanche, dense, luisante qui remplace la peau détruite.

Les 4e, 5° et 6° degrés, distingués par DUPUYTREN, correspondent à des lésions hétérogènes comprenant tissu cellulaire sous-cutané, muscles ou os. Files sont essentiellement mutilantes.

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L/'étendue de la brûlure dont la notion est si ns tante, est souvent difficile à apprécier.

BERKOV (U.S.A.) a dressé le tableau suivant (p. 18) où figure le pourcentage de la surface de telle ou telle région du corps humain, rapportée à la surface totale.

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