CANAL DE FORTH ET CLYDE
Ce Canal ouvrant une communication entre la mer d’Irlande et la mer du Nord, offre un nouvel exemple de l’importance des grandes lignes navigables qui vont ainsi d’une mer à l’autre.
En 1767, lord Frédéric Campbell et lord Dundas, tous deux membres de cité de la ville de Glasgow, exposèrent et firent accueillir à l’unanimité le projet d’un Canal réunissant la Forlh et la Clyde avec un embranchement pour arriver à Glasgow; ce Canal fut projeté et exécuté pour servir à des bateaux chargeant 100 tonnes; l'activité qu’avait déjà 1© commerce des côtes de l’est et de l’ouest de l’Ecosse, détermina les souscriptions des négocians et armateurs qui y étaient intéressés.
Les souscriptionsdevaient former un capital de i5o,oooliv.sterl. divisé en i5ooactionsde 100 liv. sterl. chacune; cependant il n’y eut desouscriptionquepour iag7actionsdeiooliv.sterl.,etalorsle surplus fut fourni par un appel de fonds entre les actionnaires qui avaient souscrit ces 1397 actions.
Ce Canal commence au portée Grange-Moulh, à l’embouchure de la rivière de Forth, et finit à l’embouchure de la Clyde à Bowling-Bay ; uu embranchement de a milles J, qui aboutit au-dessous de la vingtsixième borne miliiaireen parlantde Grange-Moulh, conduit à Glasgow et
y joint la Clyde , le Canal d’Ardrossan ou de Glasgow et Salcoats et celui de Monkland auquel doit sc joindre celui de Glasgow à Edimbourg.
La longueur totale du Canal , depuis l’écluse n* 1 , dans la rivière de Forth, à l’écluse 3g, dans la Clyde, est de. 35 milles
La longueur de la branche collatérale est de 3 |
âTF
Depuis le Port-Dundas, au bassin du Canal de Monkland, au sommet de la ville 1
Longueur totale du Canal 58 |
Depuis Grange-Mouth à Stokingfield a6
Depuis Stokingfield à Port-Dundas a |
ITT
Depuis Port-Dundas au bassin de Monkland 1
LongueurtotalcdepuisGrange-MouthaubassindcMonkland ag *
La montée , en partant du niveau de la mer , de l’est , aux basses eaux , jusqu’au point de partage du Canal, à Wineford, écluse n” ao,
est de i65 pieds
La descente du point de partage du Canal à la Clyde , à Bowling-Bay, aux basses eaux de la mer de l’ouest, est de i56
Ainsi la Forth, à l'écluse de la mer, n* 1 , est plus basse que la Clyde , à Bowling-Bay , de g
Il y a ao écluses entre Grange-Mouth et Port-Dundas, et ig entre le grand pont-aqueduc sur la Kelvin et Bowling-Bay.
Le point de partage s’étend de Wineford à Port-Dundas , sur un développement de 16 milles de niveau.
Dimensions du Canal et des écluses.
Largeur moyenne du Canal à la ligne d’eau 56 pieds.
Largeur moyenne du Canal à la ligne de fond 37
Profondeur commune 8
Longueur des travaux de maçonnerie à chaque écluse.. i33
Longueur d’écluse entre les portes 74
Largeur d’écluse entre les portes 30
Chute moyenne de chaque écluse 8.
Dans le trajet de Grange-Mouth à Port-Dundas, il y a seize des vingt écluses qui sont dans un espace de 4 milles à partir de l'écluse de la mer ; de là à Port-Dundas sont les quatre autres écluses.
Dans son cours, ce Canal passe sur dix grands ponts-aqueducs, sur 53 plus petits; il a 33 ponts mobiles sur sa navigation.
Son principal pont-aqueduc est sur la Kelvin, il a 4oo pieds de long et est élevé de 70 pieds au-dessus de cette rivière ; il est composé de quatre arches, il a deux chemins de halage et est construit en pierres de taille.
Un autre pont aqueduc d’une seule arche passe à quelque distance de là sur une grande route.
Ce Canal a présenté beaucoup de difficultés dans son exécution ; on a rencontré dans son tracé des rocs, des précipices, des sables. Dans certains endroits, il paraît couler pour ainsi dire sur l’herbe, dans d’autres il est encaissé à ao pieds de profondeur.
Le bassin de partage a donné beaucoup de peines pour son établissement, à cause des marais qu’on a rencontrés dans quelques-unes de ses parties, la vase avait quelquefois jusqu’à 5o pieds d'épaisseur.
Il a fallu souvent creuser dans la tourbe, et les parties latérales du lit du Canal n’ont cessé de s’incliner et d’éprouver des éboulemens fréquens; que lorsqu’elles ont été soutenues par la pression de l’eau quia rempli le Canal.
D’ANGLETERRE. 6b
Dans d'autres paT tics fort étendues où ce Canal traverse des étangs, il présente ime très grande largeur.
Le Canal est fourni d’eau par huit réservoirs qui couvrent un espace de 731 acres.
D’après les dimensions des écluses et l’activité de leur passage, on doit en donner une description sommaire, et comme elles se ressemblent toutes, il suffira de décrire la seizième qui est près de Falkirk, et sert en quelque sorte de point de départ ou d’arrivée , pour ceux qui veulent faire par la voie de terre le trajet entre cette partie du Canal et Edimbourg.
La légèreté des portes des écluses est remarquable pour leurs grandes dimensions ; le bras de levier de la porte d’écluse est en sapin ou mélèse greffé avec trois étriers de fer à la partie supérieure du châssis de la porte d’écluse ; sa longueur est au moins de a i pieds jusqu’à la pièce qui fait le poteau tourillon delà porte d’écluse; ces portes d’écluses sont peintes en blanc. Le mélèse est souvent employé pour leur construction comme pour leurs bras de levier, dont la légèreté contraste avec la masse ordinaire des nôtres. Chaque porte d’écluse a sa ventclle ; il n’y a pas de tambours dans l’épaisseur des bajoyers; les vénielles se lèvent avec un levier de fer qui s’enfonce dans quatre trous à angle droit les uns des autres , dans lin axe dont un côté denté engrène avec la crémaillère du haut du bras de la ventclle; à chaque changement de place du levier, un crochet de fer tombe sur les engrenurcs, et soutient la ventclle à la hauteur à laquelle elle doit être élevée.
Un pont levis brisé, donnant passage aux voilures publiques, est jeté sur cette chambre d’écluse d’un bajoyer à l’autre ; ce pont est en fonte , l’axe de l’une et de l’autre partie de ce pont brisé est uu tuyau de fonte d’un pied de diamètre avec quatre oreilles, qui reçoivent par boulons et écrous l’assemblage de quatre bras de fonte, qui font le châssis sur lequel on pose le tablier en bois du pont.
Les deux bouts de ce tuyau sont fermés par une joue de fonte, dont le milieu laisse sortir un pivot qui reçoit un écrou et assure l’assemblage. Tome II. ‘ 9
Un quart de cercle avec crémaillère sur le côté du pont, engrène avec une roue qu’un axe armé d’une manivelle fait tourner pour lever le pont.
Il se trouve des ponts pareils à celui que l’on vient de décrire sur plusieurs autres écluses du Canal.
Les écluses se vident en deux minutes; les bateaux, pour leur passage, sont munis de cordages d’assurance, partant du haut et du bas du bâtiment, et qui vont s’adapter à des crochets de fer, scellés dans les bajoyers; les bateaux ainsi assujétis, ne peuvent heurter les portes et leur préjudicier, et ne peuvent se heurter eux-mêmes contre les bajoyers, malgré la force du mouvement de l’eau. Un éclusier fait le service des deux portes d’une des extrémités de la chambre d’écluse, et un marinier du bâtiment qui passe, fait le service des deux portes de l’autre extrémité; il emploie un levier de fer, pareil à celui dont se sert l’éclusier, pour lever les ventclles, et ce service fini, il replace le levier dans le bâtiment.
La célérité du passage de ces écluses, qui ne dure que deux à trois minutes, nous paraîtra surprenante, vu leurs dimensions; mais le fait n’en est pas moi us positif. L’importance que l’on met à économiser le temps des transports, fait qu’il n’y a, pour aiDsi dire, pas une seconde de perdue dans la manœuvre du passage de l’écluse.
A Bowlingbay, près l’embouchure du Canal dans la Clyde, et près le pont-aqueduc sur le Kelvin, il y a de vastes bassins (dry dock) qui peuvent être mis à sec, au moyen de portes éclusées, et qui présentent tout ce qui peut être nécessaire pour les réparations et le radoub des bâti mens.
Le Canal embouche dans la Clyde par un vaste bassin, et en faisant un angle très aigu avec le cours de cette rivière.
Celte embouchure est munie de deux forts éperons , et protégée en aval et en amont par deux longues et fortes jetées , parallèles au rivage.
Sur l’éperon gauche de l'embouchure du Canal , il y a un phare composé de sept lampes.
Les bas-fonds qui existent à cette embouchure, donnent lieu à des ob-
d'Angleterre. ex
scrvations qui peuvent recevoir leur application pour plusieurs parties importantes de la navigation intérieure de la France; on insistera particulièrement sur ces observations , en parlant de l’activité qu’ont sur la Clyde les bateaux à vapeur qui y naviguent.
Le Canal débouche par son autre extrémité dans la Caron , près de l’embouchure de cette rivière dans la Forth.
Le débouché de ce Canal dans la Caron se fait par un grand bassin ovale, au-dessous de la première écluse; de sorte que la marée s’y fait sentir et y reçoit de grands bàlimcns de commerce.
Les portes d’aval de cette dernière écluse ont à soutenir la masse d'eau qui s’élève à chaque marée ; pour les faire résister au mouvement de la marée, ces portes sont fixées par en bas au moyen déchaînés de fer de 8 pieds de long, qui, partant de l’extrémité de l’angle de chaque porte, vont, en se croisant , se fixer au fond du bassin à de forts crochets, scellés dans la maçonnerie; ces chaînes se tendent à volonté, au moyen d’une vis avec écrou et tourillon.
Un mécanisme pareil agit sur la partie supérieure des portes; il est composé de chaînes qui, partant de leur angle supérieur, vont se fixer dans des moutans en fonte, placés sur les deux côtés de l’écluse.
H y a près cette embouchure un beau dry dock pour le radoub des bàtimens.
Le Canal de Forlh et Clyde fut rendu navigable en 1778 jusqu’à Stokingfield, et ensuite jusqu’à Hamilton Ilill, près Glasgow, où l’on construisit un vaste et beau bassin ; mais comme il n’en résultait que des communications partielles , la grande ligne navigable n’étant point crlcore complète, les fonds de la Compagnie dépérirent, et les actions perdaient 5 p. 100, les revenus ne montant qu’à 4,000 liv. stcrl.
La Compagnie avait été autorisée à emprunter 70,000 liv. stcrl., vu l’insuffisance de la première mise de fonds; mais son crédit se trouva nul. Le Gouvernement , qùi avait encouragé et provoqué le projet de ce Canal, d'après l’influence qu’il devait avoir sur la propriété de la basse
Ecosse, n’hésita pas à fournir les secours nécessaires pour ranimer une entreprise si importante pour lui, et assurer son succès; il fournit une somme de 5o,ooo liv. sterl., qui devait produire un dividende proportionnel à celui qui se paierait aux autres propriétaires; avec ces ressources, qui rétablirent le crédit de la Compagnie, et la mirent à même d’effectuer son emprunt de 70,000 liv. sterl., les travaux furent terminés, et le Canal enlièremement en navigation; lors de la jonction avec la Clydc , qui fut opérée en juillet 1790, et qui donnait ainsi la communication entre les deux mers , les revenus furent doublés.
Vers la fin de 1799, en conséquence de l’arrangement fait avec M. PiU, on passa un acte cumulant toutes les sommes et tes intérêts dus aux propriétaires, en une somme de 4ai,5a5 liv. sterl. Cette somme, divisée en 1397, nombre des actions, fait chaque action de 3a5 liv. sterl. ; en sorte qu’un propriétaire qui avait d’abord souscrit pour 100 liv. sterl., fut porté à 5a5, et en droit de recevoir un dividende proportionnel. -
La Compagnie , après avoir remboursé sur son produit la dette de 70,000 liv. sterl. , qu’elle avait contractée, vit son dividende s’accroître progressivement. A la Saint-Martin , en 1 800 , le dividende était de 10 liv. sterl. p. 100; en 1801 , il monta à 10 livres 11 shelings 4 deniers; en i8i4, à i5 livres; en i8i5, à ao; et en 1816, à a5. Ces dividendes ont été communément laits sans réduction. (1)
(1) ÉTAT des revenus et des dépenses du Canal dcForth et Ctjrde , J COM— pris tes dépenses ordinaires et extraordinaires , en 1 8 1 4*
Revenu brut
5i,o]it,!
8'“ to4
Intérêt payé
Dépense ordinaire
Dépense extraordinaire .
Dépense totale
Produit net
L’administration de ce Canal est composée d’un conseil de direction , cle sepî membres résidans à Londres; et d’un conseil de surveillance, pour la conservation et l’exécution, composé de trois membres, et siégeant à Glasgow.
Le bassin qu’on avait construit originairement à Hamilton Hil , s’étant trouvé insuffisant pour le commerce, la Compagnie acheta 8 acres de terrain, à i ~ mille de Glasgow, et y construisit, le 11 novembre 1790, un bassin d’une plus grande dimension , près duquel on a élevé de vastes magasins; elle acheta aussi le terrain qui séparait ce bassin de Glasgow, et l’on y a bâti un village, que l’on appela Port Dundas , en l’honneur du gpuverneur de ce nom alors existant. Ce village, situe à mi-côte , et vu d’en bas , présente un point de vue aussi agréable qu’extraordinaire , les maisons toutes bien bâties, et d’un extérieur soigné, paraissent placées au milieu d’arbres, de mâts et de voiles; ce port est
PTAT des principaux articles qui formèrent le revenu de Fort h et Cljde en 1 8 1 4 ■
Grain.
Charbon
Sucre
Marchandises
Fer
Minerai
Pierres
Harengs cl sel
Café , noix de cacao . .
• 3,3na
Le surplus du produit provient d'objets divers trop multipliés pour être détaillés ici.
Les grains et marchandises paient une taxe de 6 sous par tonne par mille. Les bois, 4 sous 1 par tonne par mille.
Le fer brut, 4 sous par tonne par mille.
La clianx, a sous | par tonne par mille.
Le charbon, les ardoises, les pierres de construction, les pommes de terre , le fumier et autres articles de cette espèce paient a sous par tonne par mille.
7o CANAUX NAVIGABLES
celui de la ville de Glasgow pour le Canal de Forth et Clyde , et c’est le
lieu d’nrrivce ou de départ pour tous les transports relatifs à cetle ville.
Pour faciliter les transports, on avait commencé à établir, en 1816, un chemin de fer , qui descendait du port vers les magasins disposés en étages.
La distance de Port-Dundas à l’écluse n” 16, où les voyageurs prennent ordinairement la voie de terre pour aller à Edimbourg , est de a5 milles , et le trajet s’en fait en 5 heures j. La distance de Port Dundas à Casllc Cary, est de 20 milles, et le trajet s’en fait en 4 heures Des bateaux de 19 pieds de large, de 68 pieds de long, et tirant 8 pieds d’eau , peuvent naviguer sur ce Canal ; car la Compagnie s’occupe actuellement à lui donner un pied d’eau de plus; ces bateaux peuvent naviguer la nuit comme le jour. Eu hiver, on fait marcher des bateaux destinés à briser la glace , afin de ne point suspendre la navigation.
En 1808, la Compagnie avait sur ce Canal deux bateaux qui faisaient le trajet trois fois par semaine, et transportaient des passagers et des marchandises.
Ces bateaux se trouvant insufEsans, et étant peu commodes pour les passagers, la Compagnie fit construire, en 1808, trois nouveaux bateaux, d’une forme élégante, et destinés seulement aux passagers; ces bateaux, nommés ta Marguerite , la Charlotte et le Star, présentaient toutes les commodités désirables, et étaient tirés par deux chevaux au trot ; ils faisaient tous les jours le trajet de Port Dundas à l’écluse n* îC, qui est de a5 milles, en 5 heures j, comme on vient de le dire.
Depuis cette époque , l’activité de la navigation sur ce Canal ayant toujours été ptogressive, on construisit des bateaux à vapeur; et nous devons ici une attention particulière à ce moyen de navigation, d’après l'accroissement qu’il a procuré à la vitesse des bateaux , a la sûreté du passage dans un temps donné, et en 'considérant encore la diminution qu’il a apportée dans le prix du transport.
En 1801 , on établit un bateau à vapeur sur le Canal de Forth et Clyde; mais il fut bientôt abandonné par suite de vices de construction, et
notamment à cause des dommages dont on se plaignait par son choc contre les parois du Canal et des écluses. (1)
En 181a, on établit sur la Clyde un bateau à vapeur, de 4o pieds do long, 10 pieds j de large , avec une machine de la force de trois chevaux ; mais il a etc abandonné en i8i5 , ne pouvant, à cause de la faiblesse de sa marche, soutenir la concurrence de ceux qui furent construits depuis.
En i8i3, il en fut établi un second, de 58pieds de long, 11 pieds de large, ayant une machine de la force de dix chevaux; il fut très productif à ses propriétaires ; il a passé depuis sur la rivière de Forth.
A peu près à la même époque , on en fit un autre de 70 pieds de long et de 1 5 pieds de large.
La même année, on en construisit un autre destiné à recevoir des marchandises et des passagers; il avait 6g pieds de !ong, i5 pieds 2 pouces de large, et tirait 4 pieds d’eau; il marche très bien; mais il est peu commode pour les passagers.
En i8i5, un autre, de la charge de 80 tonnes, sur les mêmes dimensions que le précédent, mais il inarche moins bien.
En 1816, outre oes trois derniers bateaux restés sur la Clyde, il y en avait six autres qui naviguaient sur cette rivière; on a augmenté graduellement leur tonnage et la puissance de leurs machines. On en construisait encore de nouveaux , dont un avait go pieds de longueur, 17 de largeur, et une machine de la force de vingt-quatre chevaux; et un autre de mêmes dimensions et de lalbrce de trente chevaux. Ces bateaux sont construits avec le plus grand soin, et sont décorés très élégamment.
C’est surtout pour franchir la distance entre Grccnock et Glasgow, que les bateaux à vapeur sont employés ; cette distance est de 26 milles par eau, et le trajet s’en fait en 5 et 4 heures, suivant que la marée et
(1) Il est dit, dans l'Encyclopédie anglaise , que ce bateau fut construit par M. Syniington , employé sur ce Canal ; qu'il était destine' au kalagc des bateaux ordinaires, et qu'il était muni de pilons pour briser les glaces.
le temps sont plus ou moins favorables ; on a vu faire ce trajet en a heures J , ayant le vent et la marée pour soi.
Cependant, la Clyde présente à la navigation des inconvéniens notables par les bas-fonds dont on a déjà parlé.
A Glasgow, cette rivière est très étroite, ayant été fort resserrée pour favoriser la navigation; elle n’a dans cette ville que i4o pieds de large; sa largeur s’accroît ensuite progressivement de 4 pieds par chaque j de mille pendant les a premiers milles; ensuite d’environ 5 pieds par chaque ~ de mille.
A Dambarton , elle a environ a milles de large, et à Greenock , 5 milles. La pente de la rivière de Glasgow à Greenock, est de 8 pieds 6 pouces.
A la basse mer, il n’y a que 3 pieds j de profondeur pour la rivière à . Glasgow; le flux y est de 5 pieds j. Ainsi, les vaisseaux tirant 9 pieds d’eau, entrent à Glasgow à la haute mer.
Le courant dans les hautes eaux est de 4 milles par heure , et de a milles £ dans les moyennes eaux; il s’accroît à mesure que la marée baisse.
Les bas-fonds sont communs dans cette rivière; il y en a un considérable à Bowlingbay; dans les sécheresses et aux basses-eaux, il n’y a que de 1 pied 6 pouces à a pieds 8 pouces d’eau; dernièrement , on y a pratiqué des espèces de canaux construits en pierres, qui ont augmenté la profondeur de 3 pieds.
Il fut fait un rapport sur les bas-fonds de celte rivière, pour prouver la nécessité de donner aux bateaux le moins de tirant d’eau possible, et faire sentir le défaut de construction que présentaient à cet égard ceux qui avaient été construits jusqu’alors.
M. Buchanan, ingénieur distingué, et qui a fait sur les bateaux à vapeur un excellent ouvrage, où l’on peut vérifier les détails que l’on donne ici, a donné le plan et dirigé la construction d’un bateau à vapeur, qui ne tire que 3 pieds 6 pouces d’eau , et qui porte le nombre de passagers ordinaire, et à la machine duquel il a donné le plus de légèreté et le moins de volume possible ; quoique les dimensions auxquelles il a restreint sa machine n’aient permis de lui donner qu’une force de 8 chevaux, ce-
pendant ce bateau fait le- trajet en un quart d'heure de moins que ceux qui ont une force de i4 chevaux. Cet avantage tient particulièrement à la supériorité de la construction de la machine (i).
Il en a fait construire un autre, qui est un des plus grands et des meilleurs marcheurs, et qui est d’un produit très avantageux pour ses propriétaires.
A bord de ces bateaux en trouve des journaux, pamphlets, livres, etc. , * pour l’amusement des passagers, et tous les ralraichisscmens qu’on peut désirer pour un voyage aussi court.
La nouveauté et I» crainte des dangers, firent que dans le commencement, ces bateaux h’eurent qu’un très petit nombre de passagers ; mais leur succès a déterminé la confiance générale.
Avant l’établissement des bateaux à vapeur, le nombre des passagers voyageant par les paquebots ordinaires, n’était guère que de 5o allons et 5o venans; actuellement, dans les beaux temps, il va et vient de 5oo à 600 personnes dans un seul jour. Un seul de ces bateaux porte jusqu'à 2*47 personnes à la fois.
Pendant l’été, l’agrément du voyage, la beauté du trajet attirent un grand nombre de personnes, et les bains de Greenoch sont très fréquentés.
L’activité delà navigation du Canal, qui a fait établir les bateaux à vapeur sur la Clyde, en a fait aussi établir sur le Forlh.
Eu i8i5,un bateau traversa le Canal de Forth et Clyde, fut sur le Forlh jusqu’à Lcith, et s’en retourna par la même route.
Depuis 1814, un bateau {le Stirling), de 56 pieds de loug, i5 de large, ayaut une machine de la force de 12 chevaux, continue de naviguer entre Stirling et Leith.
En i8i5, il y eut deux nouveaux bateaux sur le Forth, 1*. la Lady
(1) Cette circonstance doit être remarquée ici comme présentant des applications essentielles pour l'emploi des bateau*. à vapeur sur les rivières do Franae susceptibles d’en recevoir avec utilité. *