ANNEXES
Ann. N' 1. Extrait de la déposition de M. Thien dans l'enquête sur
les événements dn 4 septembre 809
— 2, La politiqoe russe SIS
— 3. Traité de Paris de 18M S69
— 4. Régies énoncées dans l'art. 6 du traité de Washington 273
Les écrits des Amis de la Paix ne reçoivent point d'ordinaire Taccueil que mériterait la sainteté de la cause qu'ils défendent.
Le public se moque volontiers de la douce folie de ces philanthropiques rêveurs de paix perpétuelle.
Si les Amis de la Paix, ayant trop bonne opinion de rhumanité, ont cru à tort que les hommes allaient enfin être» assez raisonnables pour cesser de s'enlr'égorger, il n'en est pas moins vrai qu'ils ont défendu une idée
juste et qui fait rapidement son chemin dans le monde, celle de l'arbitrage. C'est sur ce point que j'appelle spécialement l'attention du lecteur.
Je ne suis pas de ceux qui s'imaginent que la paix va s'établir de sitôt entre les peuples. La plus grande partie de ce livre est consacrée, au contraire, à montrer les causes nombreuses de guerre qui menacent l'avenir de l'Europe.
Mais je crois aussi à la puissance de l'opinton et je pense que si tous ceux qui n'admettent le recours aux armes que pour défendre leur pays faisaient le moindre effort pour répandre leur manière de voir, un grand nombre de guerres pourraient être évitées.
Répandez des sentiments pacifiques et vous aurez la paix.
Répandez des sentiments belliqueux et vous aurez la guerre.
Pour prévenir la plupart des conflits, il suffirait même que ces deux classes d'hommes qui forment aujourd'hui l'opinion, les journalistes et les ministres du culte , consacrassent l'influence énorme que la chaire et la presse leur donnent, à faire délester la
guerre et à exposer les avantages de l'arbitrage. C'est pourquoi je leur dédie tout spécialement, quoique en toute humilité, le présent écrit.
Ministres de l'Évangile soyez chrétiens, journalistes soyez philanthropes : à chaque différend qui s'élève entre les peuples, montrez qu'il peut se régler sans l'emploi de la force , faites voir l'atroce folie d'en remettre la solution aux chances des armes, et vous serez les sauveurs de la civilisation.
Ne nous laissons pas endormir par les moments de repos dont nous jouissons maintenant. Tout fait craindre que vers la fin de ce siècle l'Europe deviendra un enfer.
Conflit des classes pour les questions sociales ;
Conflit des races pour la question des nationalités.
Voilà ce qui fauchera les générations et fera flamber
les cités.
Les passions les plus violentes arment les nations et les classes les unes contre les autres pour des intérêts de l'ordre matériel — des territoires, la richesse Si les hommes de bien voulaient s'entendre et agir de concert, il serait peut-être temps encore de
désarmer les haines avant que ta métée suprême ne s'engage. Toot au moins le devoir ordonne de le tenter.
Avril 1873.
EMILE DE LAVELEY