‹ Des causes et du mécanisme du bruit de souffleChapitre 15 sur 17 · Ligne de la diastole ventriculaire · texte numérisé non relu

Ligne de la diastole ventriculaire

«Un soulèvement progressif (À) ; deux soulèvements brusques et peu étendus (B) (C)^ puis deux affaissements profonds (D) (E). Les mêmes mouvements se reproduisent à chaque révolution cardiaque, modifiés

(i) La figure placée ici est la reproduction du tracé dans sa dimension primitive.

seulement par les oscillations respiratoires qui s’y ajoutent et qui apportent quelques changements clans la ligne d’ensemble sans supprimer jamais aucun des détails mentionnés. Sur ce même dessinse trouvent reproduits, à l’aide des moyens que j’ai indiqués et avec les coïncidences exactement marqués par des lignes verticales, le pouls radial (II), le pouls carotidien (III), le battement de la pointe du cœur (IV). En comparant ces quatre tracés, on peut déterminer, je crois, avec certitude la signification précise de chacune des parties du premier, ainsi que vous allez en juger.

« Pour se convaincre d’abord que le tracé(I) représente bien les battements de la jugulaire et non ceux de la carotide, il suffirait, à défaut d’autres preuves, de le comparer avec celui qu'on obtient en plaçant l’instrument sur la carotide même (III), et de remarquer que celui-ci n’offre aucun des détails que présente le premier, et ne lui ressemble en aucune façon; puis d’observer que le mouvement (B) survient à un instant où il ne saurait se produire aucun choc dans le système artériel, puisque le ventricule (B) n’a point encore commencé de se contracter.

« Si maintenant nous analysons le tracé de la jugulaire, nous y voyons clairement ce qui suit : 1° le premier soulèvement brusque (B) précède très-notablement le commencement de sa systole ventriculaire (H), plus encore le pouls carotidien (G) et le pouls radial (F); en conséquence, il ne saurait être déterminé par la systole ventriculaire à laquelle il est antérieur. Il se produit, au contraire, à l’instant précis où la physiologie nous apprend que se place la contraction de l’oreillette; et, puisqu’il y a absence de tout mouvement ventriculaire à ce

moment-là, c’est nécessairement à la contraction de l’oreillette qu'il le faut attribuer. Il s’explique d’ailleurs aisément par le léger reflux que la systole auriculaire détermine dans les veines voisines du thorax; 2° la saillie (C) succède immédiatement à la systole ventriculaire (II), et coïncide exactement avec le pouls carotidien (G). Gomme ce dernier, elle résulte donc de la systole ventriculaire, soit que le mouvement systolique se transmette directement au système veineux dans le moment où se produit l’occlusion de la valvule tricuspide, soit qu’il se transmette indirectement par la compression que les troncs artériels en diastole exercent certainement sur les troncs veineux dont ils sont voisins, soit enfin qu’il résulte de ces deux modes d’action combinés; 3° la première dépression (D) se trouve dans l’intervalle des lignes verticales 3 et 4 qui indiquent : l’une, le commencement du pouls radial (F), l’autre, le moment de la diastole ventriculaire (K); c’est-à-dire qu’elle se produit pendant le temps où le ventricule se contracte (H K), et dans un moment où l’artère carotide est en pleine diastole (G). Par conséquent, elle ne peut avoir sa cause ni dans le retrait de l’artère ni dans le relâchement du ventricule. Mais elle correspond précisément au temps ou se fait la diastole de l’oreillette; elle doit donc résulter de l’afflux rapide du sang veineux dans cette cavité relâchée, afflux qui désemplit aussitôt les veines du thorax; 4° enfin le second affaissement (E) survient un peu après la diastole clu ventricule (K), et il ne peut bien s’expliquer que par l’appel nouveau que cette diastole opère sur le sang contenu dans l’oreillette et qui. de proehe en proche, se transmet jusqu’aux veines du cou . »

Cet autre tracé recueilli aussi dans le service de M. Potain, à l’hôpital Necker, présente les mêmes caractères; je le reproduis ici parce qu’ayant été obtenu au moyen du nouvel appareil enrégûstreur (polygraphe) de M. Marey, il semble offrir encore uneplus]jrig’oureuse exactitude.

Comme on peut s’en convaincre, cem’est que la confirmation du précédent.

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I Battements de la veine jugulaire.

II Battement de la pointe du cœur.

1. Ligne indiquant le commencement de la systole ventriculaire.

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