‹ Des Complications Auriculaires de l'OzèneChapitre 12 sur 69 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

MAC ans.

Malade soigné depuis 1896 par intermittences. [Il a toujours eu de l'ozène qn'il néglige.

Se présente la première fois avec des tympans cicatriciels des deux côtés. Il ne passe guère d'années sans avoir de poussée inflammatoire du côté de l'une ou de l’autre de ses oreilles. Se traduisant soitpar del'olite catarrhale avec épanchement, pour laquelle il a été fait à plusieurs reprises des paracentèses, soit par des otites aiguës avec douleur et écoulement plus ou moins passager.

Les deux tympans sont cicatriciels avec infiltration calcaire des deux segments antérieurs de l'oreille gauche.

Dans la thèse de Wyss nous trouvons également trois observations identiques dont la plus typique est la suivante :

OBSERVATION IT (N° 15 in thèse de Wyss. — Classée parmi les cas d'ozène présentant des lésions auriculaires avec surdité.)

Perrazzi François, 70 ans, tailleur.

Antécédents : Parents morts. De 8 enfants, 5 sont morts, dont 1 poitrinaire, à 45 ans. Petite vérole à 10 ans. Affection nasale depuis son jeune âge. Voix souvent enrouée. A perdu les dents après de fortes névralgies dentaires à 18 ans. Pas d'engorgement ganglionnaire.

Etat actuel : Ozène double, atrophie très prononcée. Espace naso pharyngienrempli de croûtes fétides s'enlevant difficilement par les injections. Narine gauche plus large ; pas de ganglions cervicaux.

ER ur) Re

Etat des oreilles. — Le malade dit n'avoir jamais eu de bruit dans les oreilles jusqu'il y a six semaines. Depuis ce moment, il entend des bruits continus dans l'oreille droite, tandis que dans l'oreille gauche les bruits n'ont commencé que depuis quelques jours. En même temps que des sonneries, le malade éprouve une douleur vague dans les deux oreilles. Tuméfaction et rougeur des trompes d'Eustache. L'air (par le cathétérisme) neutre que par saccades. Diapason-vertex mieux perçu à droite. Acoumètre à gauche 0,04, à droite 0,03. Rinné négatif à droite, positif à gauche. Durée (Vertex) 60” (prolongée). La voix murmurée est beaucoup plus faiblement entendue à droite.

Le 10 juin. — Les bruits varient d'intensité d'un jour à l'autre. [ls disparaissent presque toujours après le politzer et la compression du tragus pour revenir un quart d'heure ou une demi-heure plus tard. L'acuité auditive à baissé. ;

Le 11 juin. — Epanchement manifeste à droite. Paracentèse. [Il s'écoule un liquide séro-muqueux abondant.

Le 2 juillet, — Ecoulement arrêté après des pansements journatiers. L'acuité redevient à peu près normale, mais les bruits persistent.

2° Otites scléreuses et cicatricielles

L'olite moyenne catarrhale exsudative précédemment notée se rencontre, au cours de l'ozène, bien plus rarement que les otites suppurées auxquelles nous réservons le chapitre suivant, et que les otites sclérosantes ou cicatricielles que nous allons décrire dès maintenant. Nous en rapportons une série d'observations mises à notre disposition par M. le professeur Lannois.

Nous les avons classées en deux catégories : 1° celles qui révèlent de la sclérose ou tout autre lésion tympanique; 2° les observations négatives concernant des

malades ozéneux qui n’ont présenté aucun trouble auditif, ni objectif, ni subjectif. Pour 28 observations positives, nous en avons 8 qui sont négatives. En outre, ilest des cas où les lésions {ympaniques ne s'accusent par aucun symptôme el sont totalement ignorées des malades. Ainsi, dans les observations XXIT et XXE les troubles auditifs sont nuls, l'acuité auditive demeure normale, cependant, lexamen otoscopique révèle de l'épaississement {ÿmpaunique.

Un fait nous à frappé : c’est que la plupart des observations négalives concernent des sujets jeunes ou ozéneux depuis peu. Sur 8 cas, il s'agit deux fois de malades de #4 el 34 ans, alors que les autres malades ont tous moins de 25 ans. Il en est de même des observations XXIT et XXIII où les lésions d’épaississement tympanique se révèlent à l'examen otoscopique avant méme que les malades se plaignent d’abaissement de l'audition, dans ces deux cas encore il s'agit de sujets jeunes. C’est pourquoi il est très vraisemblable d’admettre que les lésions auriculaires sont d'autant plus fréquentes que les lésions nasales sont plus anciennes el que les sujets jeunes dont l'observation est négative, auront dix où quinze ans plus lard des lésions manifestes de sclérose tympanique, ce qui revient à dire que la plupart des ozéneux sont prédestinés aux lésions auriculaires et spécialement à la sclérose [vmpanique.

Wyss arrive à peu près aux mêmes proportions. Sur un chiffre de 60 ozéneux, il en rencontre 13 sans complication auriculaire el sans surdité, ce qui fait d'après lui 21,5 °/, de cas négatifs, alors que dans notre statistique, les cas négatifs sont de 30,8 °/. Cet écart entre

EST nos deux statistiques s'explique par ce fait, que Wyss envisage les complications globales de l'ozène sur l'oreille, alors que nous n’envisageons que les complications non suppurées, réservant les autres pour le chapitre suivant.

Schestakow, dans sa thèse faite sous l'inspiration de Wyss, parle accessoirement des complications auriculaires de l’ozène qui, d’après lui, s’observeraient dans une proportion de 50 ?/,.

Si, d'après notre statistique, 69,2 °/, des ozéneux ont des lésions selérosantes et cicatricielles des tympans, avec abaissement de l'audition, il faut reconnaître que toutes ces lésions ne sont pas sous la dépendance exèlusive de la rhinite atrophique. Beaucoup de cas représentent des reliquats d'anciennes suppurations, déterminées soit par une maladie infectieuse de l'enfance, soit par de banales végétalions adénoïdes. Il est évidemment très difficile de faire la part de ce qui revient à l’ozène, ou à l'élément infectieux. Parfois même il arrive que les deux processus puissent être invoqués chez le même individu, comme dans notre observaion XX, où le sujet porteur de végétations adénoïdes présentait en même temps de la rhinite atrophique avec croûtes. Et 1l est bien possible que parmi les observations d'otites cicatricielles que nous rapportons plus loin, ilen soit un certain nombre qui relèvent plutôt d'un processus infectieux ordinaire, habituel que de l’ozène. Par contre, les cas d’otite scléreuse qui se traduisent par de l’épaississement de la membrane, ou des brides fibreuses relèvent certainement du processus 0Zéneux que nous Invoquons,.

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