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CHAPITRE IV

OTITES SUPPURÉES CHEZ LES OZÉNEUX

Les suppuralions auriculaires aiguës ou chroniques, conséquences de l’ozène, se rencontrent assez fréquemment pour mériter une description spéciale, et elles se présentent dans la plupart des cas, avec quelques caractères qui suffisent à leur assurer une individualité clinique.

Nous ne reviendrons pas sur le mécanisme de ces infections précédemment discuté et envisagé d’une facon générale dans le chapitre Etiologie ; qu'il nous suffise de rappeler que l’atrophie des cornets, l’extension des croûtes et du muco-pus, à la surface du rhinopharynx, et en particulier à l'infundibulum tubaire, constituent un danger permanent pour l'oreille moyenne.

Ces lésions naso-pharyngées représentent en somme la cause première de toute infection auriculaire chez un ozéneux, cause capable à elle seule de déterminer les accidents qu’il nous reste à étudier. Il va sans dire que les causes occasionnelles interviennent, suivant le hasard des circonstances, pour donner un coup de fouet à l'infection qui sommeille. C’est ainsi qu'on voit ces

+ 47 accidents débuter à la suite d’une grippe, d'un corvza, ou d'une affection d’égale bénignité. D'autres fois, c’est un simple lavage des fosses nasales, préconisé à titre thérapeutique. qui pénètre dans la caisse et y transporte des produits ozéneux, croûtes ou muco-pus.

Le début de la suppuration s'annonce presque tou- Jours par un catarrhe mécanique et infectieux de la trompe d'Eustache, catarrhe qui s'étend à la caisse en y propageant les microbes et même d’après Compaired, les produits ozéneux. Cet auteur prétend, en effet, avoir trouvé du muco-pus caractéristique dans des cas d'otorrhée ozéneuse ancienne ainsi que chez des sujets opérés de trépanation et d’antro-atticotomie qui négligeaient ou supprimaient les fréquents lavages des fosses nasales et les soins d’asepsie du naso-pharvnx habituellement prescrits.

La symptomatologie de ces otites d'origine ozéneuse est la même que celle de toute suppuration d'oreille. Aussi, nous dispenserons-nous de rééditer la descripion banale de l'inflammation de la membrane tympanique, de sa perforation qui livre passage à un écoulement plus ou moins persistant; et nous nous bornerons à souligner les quelques particularités que présente cette;otorrhée.

Les suppurations d'oreille se comportent de deux facons chez les ozéneux, ou bienil s’agit d'otite aiguë banale, qui guérit dans les délais habituels, ou bien, au contraire, on se trouve en présence d’un écoulement interminable, d'une chronicité désespérante.

L'otite aiguë ne nous arrêtera pas, les exemples en sont nombreux : un refroidissement, une grippe, une

douche nasale maladroitement appliquée en sont les causes habituelles. Son aspect clinique est celui de toutes les otites aiguës, la perforation tympanique se fait spontanément, ou nécessite parfois la paracentèse, puis l’écoulementse tarit. D'autres fois, cette otorrhée, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, passe inaperçue surtout quand elle frappe des enfants, se prolonge un peu plus et guérit en laissant comme trace de son existence un épaississement de la membrane tympanique, une dépression cicatricielle, une plaque calcaire, lésions que nous avons signalées au chapitre précédent.

L'otite chronique chez les ozéneux exige une étude plus détaillée et mérite de retenir l'attention. L’écoulement fait suite à une poussée inflammatoire aiguë, ou plus fréquemment s’installe de façon tout à fait insidieuse. Il n'est dans ce cas précédé que de quelques troubles auditifs, bourdonnements, bruits subjectits, auxquels s'ajoutent des symptômes douloureux à peine ébauchés. Cette indolence habituelle, jointe à l’indifférence que certains malades accordent aux écoulements d'oreille, explique l'imprécision qui entoure l’enchaînement exact des accidents et les circonstances qui ont accompagné leur apparition. La fétidité habituelle de ces écoulements échappe aux sujets qui en sont porteurs, puisque l'anosmie est souvent la conséquence inévitable de la rhinite atrophique.

Les observations témoignent dans ce sens.

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