‹ Des Complications Auriculaires de l'OzèneChapitre 68 sur 69 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Dans ce chapitre nous serons bref, et nous nous bornerons à indiquer dans ses grandes lignes le traitement des complications que nous avons passées en revue. Nous nous proposons surtout d'insister sur la nécessité de traiter avant tout Les lésions nasales sous peine de voir toute tentative thérapeutique rester vaine. Le traitement nasal est en effet le temps capital, car la persistance de croûtes et de muco-pus dans les fosses nasales et le rhino-pharynx entretient fatalement les infections de l'oreille moyenne.

1° Traitement causal.

Les lavages des fosses nasales, bien qu'ils constituent parfois une arme à deux tranchants quand ils sont mal exécutés, et soient susceptibles dans ces conditions de déterminer des otites aiguës, doivent malgré tout être conservés, car ils représentent le meilleur procédé pour assurer une asepsie nasale parfaite. Après une longue pulvérisation d'huile goménolée à 5 °/, d'huile de bouleau ou de toute autre préparation analogue, le sujet

devra pratiquer un lavage avec une solution contenant par litre une cuillerée à soupe de sel marin, lavage qui balaiera le muco-pus et les croûtes ramollies par les pulvérisations huileuses. Ce traitement renouvelé deux à trois fois par jour, assure la propreté du nez et du rhinopharynx etatténue la mauvaise odeur. Les badigeonnages répétés du nez et du pharynx nasal pratiqués par le malade ou par le médecin répondent à la même indication. En même temps qu'ils dépouillent la muqueuse de ses croûtes, ils excitent et stimulent sa vitalité compromise par le processus ozéneux. Bref, on peut user de lous les procédés thérapeutiques préconisés contre la rhinite atrophique avec croûtes; mais 1l ne faut pes oublier qu’à côté de l'élément infectieux 1l existe dans cette affection un facteur mécanique qui intervient dans la genèse des accidents auriculaires.

L'élargissement des fosses nasales qui, aux veux de Zaufal représentait la cause essentielle de l'ozène, constitue comme nous l'avons vu, au chapitre étiologie, un facteur important des lésions auriculaires. Le nez de l’ozéneux, dépourvu des reliefs qu'y dessinent normalement les cornets inférieurs, ne peut plus filtrer l'air de ses impuretés, et ne Joue plus sou rôle de défense vis-à-vis de l'oreille moyenne. Aussi, les injecüions de paraffine qui tendent à donner aux fosses nasales leur architecture normale, pourront jouer un rôle utile à l'égard de l’ozène et des lésions d'oreille.

Ce traitement des lésions nasales doit être prolongé aussi longtemps que se manifeste le processus ozéneux sous peine de voir les accidents auriculaires récidiver et continuer leur évolution, aussi exige-t-1l de la part

D Te du malade et du médecin beaucoup de patience el beancoup de soins minutieux.

2° Traitement des complications auriculaires.

Nous ne voulons pas rappeler le traitement des otites suppurées ou des otites scléreuses, qui à sa place dans les traités où manuels de spécialité : car une suppuration aiguë où chronique de la caisse réclame les mêmes soins, quel que soit le facteur étiologique qui la conditionne.

Dans les otites suppurées d’origine ozéneuse, outre les soins locaux habituels, il faut s'appliquer à conrbattre la mauvaise odeur spéciale de ces suppurations. On dispose pour cela des désodorisants commè l’aniodol ou le Iysol. Wyss, envisageant cette particularité dans sa thèse, conseille de faire en premier lieu un lavage désinfectant avec une solution de sublimé à 1/2000.

Ilest enfin une dernière particularité que nous nous bornerons à indiquer : c’est le danger que présente chez de Lels malades les cathétérisme de là trompe qu'on pourrait être tenté de pratiquer pour lutter contre les lésions d'otite scléreuse. Un cathétérisme fait dans de telles conditions ne manquerait pas de déterminer une otite aiguë, en faisant pénétrer dans la trompe et l'oreille moyenne des produits de suppuration ozéneuse.

Ils ne seront autorisés que chez les ozéneux guéris, dont les fosses nasales ne renferment ni croûtes, ni muco-pus. Pendant la phase évolutive de l'ozène, st on

veut assurer la ventilation de la caisse du tympan, et dans l'espoir de mettre le malade à l'abri de lotite scléreuse, on pourra prescrire, comme W yss le préconise, des gargarismes répétés qui constituent pour le voile du palais, une gymnastique salutaire et assurent, dit-il, la ventilation de l'oreille moyenne. De plus, par le même mécanisme, la musculature palato-tubaire se contractant énergiquement empèchera le séjour des matières desséchées et du muco-pus au voisinage de l’orifice des trompes.

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