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laissé en place pour tarir un suintement sanguin persistant. Peu d'heures après l’opération, le chirurgien sera rappelé auprès du malade, et tous les symptômes présentés par celui-ci, seront ceux de l’hémorragie interne. Il sera de la plus haute importance de reconnaître l’origine exacte des accidents, car de cette origine découlera une thérapeutique bien différente.
Les symptômes de la compression porte, nous l'avons vu, se superposent à ceux des grandes hémorragies. Dans les deux cas, même pâleur de la face, même décoloration des muqueuses, faiblesse identique du pouls, syncope imminente. Commentpourrons-nous trancher la difficulté diagnostique ?
Nous ne croyons pas qu’il existe un symptôme quelconque qui appartienne en propre à la compression porte. Rien ne peut la différencier cliniquement de lhémorragie interne, car, en fait, ne s'agit-il pas d’une véritable hémorragie interne, faite dans l’épaisseur des tuniques intestinales? Il n'y à qu'un moyen d'éclairer le diagnostic, c'est de se rendre compte de visu, de ce qui se passe au uiveau du tamponnement. Il faudra donc, aussitôt les symptômes inquiétants constatés, se hâter de défaire le pansement et de vérifier l’état du Mickuliez. Le plus souvent comme dans notre observation IV, la gaze sera imbibée de sang, mais il ne faudra point secontenter de cette constatation pour affirmer l'existence d’une hémorragie sous-jacente, car, tous les drainages à la Mickulicz s’imbibent rapidement de lextravasation sanguine du champ opératoire. On devra, par conséquent,pousser l’investigation plus loin, retirer les mèches centrales et rechercher si
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elles sont plus teintées de sang dans leur bout périphérique qu'au niveau de leur extrémité profonde, le sang épanché provenant bien souvent dela tranche de la paroi abdominale. Il ne sera pas toujours nécessaire de retirer complètement les méches,une extraction paruielle de celle-ci, permettant le plus ordinairement d'être fixé sur la cause des phénomènes moibides. On constatera alors, s'il s’agit d'une hémorragie interne, que le sang est d'autant plus abondant que l’on découvre des parties plus profoudes du tamponnement. La gaze laissera suinter du sang liquide en grande quantité et si Fon observe pendant quelques instants ce qui se passe, on ne lardera pas à voir se former un petit lac sanguin. | orsqu'au contraire il s'agira d’une compression porte: rien de semblable. Les parties centrales du Mickulicz ne seront que peu souillées ; il existera bien quelquefois une teinte rosée des mêches, mais bien souvent celles-ci seront restées sèches, et en tous les cas on n'aura jamais sous les yeux un véritable flux sanguin. Cette observation minutieuse de ce qui se passe au niveau du drainage peut seule nous renseigner d’une facon absolue sur Pexistence ou l’absence d’une hémorragie interne. Néanmoins dans quelques circonstances l'exploration du Mickulicz permettra d’apercevoir une ou plusieurs anses intestinales et alors il sera facile de constater la présence de sang dans la cavité abdominale ou au contraire de reconnaitre là coloration bleu violacée des tuniques de l'intestin, caractéristique de la compression porte.
Grâce à ces constatations directes le diagnostic de
l'oblitération veineuse étant établi, il faudra sans retard enlever la cause de compression. — Le seul traitement en pareille circonstance est de retirer partiellement le tamponnement. — Dans ce but il faut enlever les mèches centrales du Mickuliez, en totalité si cela parait nécessaire el si une hémorragie ne semble pas menaçante. Si au contraire on redoute la réapparition de l'écoulement sanguin qui a nécessité le drainage, on peut se contenter de retirer partiellement ces mèches, où mieux encore de les remplacer par d’autres moins fortement serrées. — On comprend qu'elle est lagrosse importance d’un diagnostic exact de l’origine des accidents. — Croit-on à tort à une hémorragie interne, on se contente d'augmenter la compression el la mort survient rapidement comme dans notre observation IV. S'agit-il au contraire d’une hémorragie méconnue, une décompression intempestive accélère l’évolution des accidents.
Le traitement de l’oblitération porte sera donc la décompression immédiate. Mais il faudra aussi s’efforcer de relever l’état général de l’opéré. On aura donc recours aux piqûres de cafeïne pour stimuler l'énergie cardiaque et à des injections sous-cutanées de sérum à dose de 240 à 300 grammes pour parer momentanément à l'état d’anémie aiguë. Enfin, des frictions alcoolisées seront faites sur les membres. L'opéré sera placé dans le décubitus horizontal le plus absolu, la tête en situation déclive. Grâce à cette thérapeutique on verra les symptômes graves s’amender, le pouls se relever, la face se recolorer et l’état général s'améliorer très rapidement.
Il nous restée à dire un mot, en terminant, du traitement préventif des compressions porte. La connaissance de la possibilité de cet accident devra rendre très réservé lechirurgien lorsqu'il sera appelé à placer au niveau de la région sous-hépatique des drainages à la gaze un peu serrés. Il faudra aussi, lorsque ce tamponnement sera nécessaire, s’efforcer que son action s'exerce le moins possible sur la région veineuse et éviter notamment que la veine soit coincée entre la colonne vertébrale et le drainage.
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