Musée de l’amphithéâtre des hôpitaux, salle V, n
difformité et rendent nécessaire remploi des appareils prothétiques.
Le profil de cette disposition anormale est l’inverse de celui de l’antéversion. La malformation dentaire s’accompagne d’une conformation parfois caractéristique des parties molles : la lèvre supérieure est généralement petite, courte et rentrée ; la lèvre inférieure épaisse, au contraire, dépasse en saillie la lèvre supérieure, et le profil se continue plus ou moins obliquement, suivant la proéminence du menton.
Cette difformité n’est pas, ainsi qu’on l’a dit, spéciale à l’âge adulte ; on peut l’observer dans la première et dans la deuxième dentition. Si les cas d’antéflexion sont rares, il n’en est pas de même pour la rétrofïexion ; les exemples abondent. Elle peut, comme dans la seconde dentition, présenter toutes les variétés, tant au point de vue de la difformité elle-même qu’au point de vue du nombre des organes affectés. Magitot affirme d’une manière absolue que : « ces difformités n’affectent pas les dents temporaires,
« qu’il s’agisse d’anomalies totales ou d’anomalies relatives.1 » Nous ne saurions partager son opinion ; on ne peut sans doute tirer une autre déduction, si l’on admet avec Huntcr, Fox, Tomes, etc., qu’une des grandes causes de ces anomalies est la persistance des dents temporaires; mais les faits sont là qui contredisent la théorie.
Pour la rétroversion comme pour l’antéversion, l’hérédité peut être invoquée. La figure 20 nous offre le cas d’une atrésie du maxillaire supérieur tout entier, reconnaissant pour cause une absence congénitale des grosses molaires. Toute la série des molaires se trouve représentée par un rudiment 1. Magitot, loc. cit., p. 14t.
odontoïde ; la mâchoire inférieure était normalement développée.— Dans d’autres circonstances, la difformité peut être sous la dépendance d’un développement anormal de toutes les parties constituantes de l’arcade supérieure. L’arcade inférieure, bien qu’on ait nié le fait, peut, elle aussi, être frappée d’irrégularité ; et, si l’on a vu dans son mode de développement et l’époque précoce à laquelle ses deux parties constituantes se trouvent réunies et soudées une cause évidente de régularité, on a oublié de tenir compte des seules parties essentiellement modifiables : les branches horizontales
Fig. 20. — Atrésie du maxillaire supérieur, consécutive a l’absence congénitale