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presque sans effort. L’auteur espère ainsi se mettre à l’abri des accidents.
La douleur n’est pas très intense, ajoute Magitot, bien qu’elle rappelle les premiers temps de l’extraction ordinaire 1 ; la perte de sang est tout à fait insignifiant. La dent, d’abord extrêmement mobile, doit être maintenue à l’aide d’un bandage de soie cirée, en huit de chiffre, et mieux au moyen d’un morceau de gutta-percha, ramollie et moulée sur l’arcade dentaire. Il suffit de quelques précautions pendant les premiers jours pour voir le périoste contracter de nouvelles adhérences et la dent reprendre sa fixité. Il sera utile de prescrire des lotions glacées, l’usage des aliments liquides et froids et le repos aussi complet que possible de l’organe opéré. En général, au bout de huit à dix jours, la dent, dans les cas favorables, est apte à recouvrer ses usages.
Mais ce que ne dit pas Magitot, ce sont les conséquences d’une non-réussite. L’auteur nous signale bien le retour à l’état primitif, mais ce retour ne constitue qu’un insuccès relatif* en présence des conséquences dues aux inflammations consécutives qui peuvent survenir, la formation d’abcès, et enfin l’élimination de la dent, conséquence bien plus terrible pour un jeune sujet que toutes les autres; de celles-là, il n’en est pas question, pas plus que de l’arrêt de développement qui peut suivre ce traumatisme. Trois cas, qui nous sont communiqués et que je cite textuellement, nous montrent èèlte opération, pratiquée cependant suivant toutes les règles, ayant eu pour résultat immédiat un arrêt dans l’achèvement de l’évolution de l’organe, substituant ainsi à une première
i . Qu\ a-t-il donc de plus douloureux dans l’extteiction tjuë le premier temps; qUi consiste à llixei* la dënt, c’est-à-diëe à rdnlpre lotîtes ses adhérences ?
anomalie une difformité tout aussi disgracieuse et que le temps ne fait qu’accentuer.
Observation IX1.
Redressement de deux petites incisives supérieures par le davier.
Mlle Thérèse, 10 ans et demi, présente à la mâchoire supérieure deux petites incisives latérales, tournées sur elles-mêmes de telle façon que le bord interne de ces deux dents est presque antérieur. Cette déformation tient à ce que l’espace compris entre les deux dents canines de la première dentition n’est pas suffisamment large pour contenir les quatre incisives. Les deux grandes incisives, en effet, sont légèrement arc-boutées les unes sur les autres, à cause de la pression qu’elles ont dû supporter pendant la sortie des petites incisives, et celles-ci, pour trouver elles-mêmes une place suffisante, se sont tournées pour ne présenter, dans le peu d’espace qui leur reste, que leurs faces latérales.
La canine de lait de la première dentition a été extraite.
La canine du côté droit est encore à sa place ; les petites molaires poussent et sont à moitié sorties en haut et en bas.
Tel est l’état de la bouche le 11 janvier 1872.
Je ne pouvais dans ces conditions essayer d’appliquer aucun appareil, car le résultat m’en paraissait douteux.
Je me décidai donc à opérer, c’est-à-dire à tourner ces dents dans leur alvéole. J’enlevai la dent canine de lait du côté droit, puis le lendemain je commençai par la petite incisive latérale droite. Après un petit effort, la dent céda et la face antérieure fut placée sur le même plan que les grandes incisives. Un seul effort suffit ; il sortit un peu de Sang, gros comme une tète d’épingle.
Je passai de suite à la seconde, mais cette fois je rencontrai plus de résistance. Un premier effort ébranla la dent. J’en fis un second, mais je trouvai une résistance encore trop grande, et au moment où la dent, un instant déplacée, revint occuper sa place première, il sortit deux ou trois gouttes de sang. Enfin, plaçant mon instrument plus haut, je fié une troisième tentative et j’amenai la dent à la place qu elle devait occuper. Celte jeune enfant, très patiente, me laijsa faire sans se plaindre et m’avoua que l’opération était plus douldurcuse que l’extraction de la dent canine de la première dentition, faite la veillé.
Un fait me frappa immédiatement après l’ëpération. Les deux dents étaient pluà longues et comme si ëlles étaient sorties naturellement de leur alvéole, lé col de la dent correspondant au feston gingival.
1. Je ne fais que reproduire textuellement les observations, telles qu’elles hi’dnt été cbmmuniquéës, n’eniisageànt qu’un seul point, le résultat final;
Je cherchai quelle était la mobilité de ces dents ; elle était complètement nulle. La résistance me parut même plus grande qu’avant l’opération. J’appliquai immédiatement un fil d’argent, passant devant et derrière les incisives, de manière à fixer les dents.
La douleur provoquée par l’opération ne fut pas de longue durée; elle ne dura guère plus d’une heure après l’opération. La malade dit ne plus rien ressentir après ce temps.