‹ Des déformations artificielles du crâne en général de celles de deux crânes macrocéphales trouvés en Hongrie et d'un crâne provenant des temps barbares du meme paysChapitre 7 sur 15 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Le premier motif de la publication du présent ouvrage m'a. été fourni par la découverte faite en Hongrie de deux crânes remarquables que j'ai eu l'occasion d'examiner.

L'un de ces deux crânes, un macrocéphale artificiellement déformé, a été trouvé à Csongrâd; l'acquisition qui en a été faite en faveur du Musée d'anatomie de l'université royale de Budapest est due à son Excellence, le ministre des cultes et de l'instruction publique, M. Auguste de Tréfort dont j'avais requis l'intervention.

L'autre, provenant des temps dits barbares en Hongrie, m'a été envoyé à la date du 6 avril 1876 par son Altesse Monseigneur l'archiduc JOSEPH qui, l'ayant découvert à Alcsûtli, a daigné en accompagner l'envoi d'une lettre autographe très flatteuse pour moi.

J'ai eu l'occasion de présenter un rapport succinct sur ces deux crânes à la séance du 6 septembre 1876 du VHI Congrès international d'anthropologie et d'archéologie préhistoriques qui siégeait alors à Budapest, où je les ai fait voir aux honorables membres présents.

Alors déjà j'avais jugé qu'il ne suffisait pas pour en fixer l'origine et en spécialiser les caractères de donner une simple description de ces deux crânes, mais que sur le modèle que nous avait offert l'immortel Charles Erneste de Baer par sa classique monographie „Die Macrocephalen im Boden der Krym und Oesterreichs, Petersburg 1860", il fallait dépasser de beaucoup les limites d'une simple description.

Mais comme, sans une connaissance exacte des déformations du crâne en général et de celles des macrocéphales en particulier, il est impossible de se rendre un compte exact d'un cas tel que celui que nous présente le crâne macrocéphale de Csongrâd ; comme il n'existe jusqu'à présent qu'un seul ouvrage sur les déformations artificielles du crâne dans toute leur étendue : à savoir celui que Louis André Gosse a publié sous le titre d'„ Essais sur les défor-

mations artificielles du crâne. Paris. 1855^', et qu'enfin tous les lecteui's n'ont pas été à même d'acquérir les connaissances préliminaires indispensables, soit par l'étude de cet excellent ouvrage, soit par des recherches autoptiques entreprises sur des crânes macrocéphales déformés, j'ai jugé à propos de faire précéder la description du crâne macrocéphale de Csongrâd d'un court traité général des déformations du crâne, tout en m'appliquant à simplifier la classification des déformations, un peu compliquée, qui a été admise par L, A. Gosse, et en m'efforçant de reproduire sur le crâne de nouveau-nés morts les diverses méthodes de déformation qui ont été employées, dans le but de les exphquer et de préciser les faits anatomiques auxquels elles donnent lieu.

L'intérêt que présentait cette étude a encore été particulièrement rehaussé par la découverte d'un crâne macrocéphale artificiellement déformé, trouvé à Székely- Udvarhely en Transylvanie ; crâne qui ayant passé au Musée de la société d'Anthropologie de Vienne, me fut cependant, à ma prière et avec le consentement préalable de son propriétaire, M. Maurice de Steinburg, professeur au gymnase de Schdssburg, incontinent envoyé par M. le docteur Félix de LuscHAN, conservateur du musée anthropologique de ladite société, pour que je pusse le soumettre à un examen détaillé.

Malheureusement j'avais appris trop tard la nouvelle de la découverte de ce crâne macrocéphale de Székely-Udvarhely pour pouvoir le reproduire d'une manière phototypique, en même temps que les deux autres crânes mentionnés plus haut, il ne me fut donc possible que d'en reproduire les figures dans le texte, mais à cet égard j'ai eu la bonne fortûne de pouvoir me servii" des clichés zincographiques dont M. M. de Steinburg s'était lui-même servi pour le précieux traité qu'il a publié sous le litre de „Ein Schddelfiind von Székely- Udvarhely tmd Mittlieïlungen iiber einige andere Schddel. Hermanstadt. 1876".

Aussi, est-ce avec plaisir que je saisis l'occasion d'exprimer ici mes plus vifs remerciements autant à M. M. de Steinburg qu'à M. le docteur Félix de LuscHAN pour la confiance qu'ils ont bien voulu me témoigner et l'amabilité dont ils ont fait preuve à mon égard.

Plus tard encore, j'eus l'agréable surprise de recevoh* d'un de mes anciens élèves, M. le docteur Adalbert de Csajâghy, médecin d'état-major dans l'armée des honvéds en garnison à Budapest, un crâne qu'après mûr examen je pus déclarer crâne mongol, et celui d'un cheval, ainsi que les restes de lem's squelettes et quelques objets qui avaient été trouvés en même temps à Alsô-Dahas,

comitat de Pest; aussi, est-ce avec plaisir que je réitère ici mes remerciements à M. le docteur. Le crâne de l'homme, aussi bien que celui du cheval et les autres objets sont mentionnés d'une manière détaillée dans l'appendice (p. 122).

J'ai également des remerciements à adresser à M. François de Pulszky, directeur de notre musée national, membre honoraire de l'académie hongroise des sciences, et président de la section de linguistique et des beaux-arts, ainsi qu'à M. le conseiller royal et docteur Joseph de Szabô, professeur de géologie et de mméralogie à l'université royale de Budcqyest et secrétaire de la section des sciences mathématiques et naturelles de ladite académie, de ce qu'ils ont eu la bonté de me permettre de détacher un fragment de deux crânes rares : un d'ancien romain (p. 127) et un autre prétendu préhistorique (p. 128), en vue de l'analyse chimique.

Quant à ce qui fait le sujet même de ce traité, je me suis efforcé de soumettre sous tous les rapports à un minutieux examen les points les plus importants de chacune des déformations crâniennes, et particulièrement ceux des crânes que je mentionne, en tenant compte autant que possible des vues et des indications des savants spécialistes avec lesquels j'ai, depuis des années, l'honneur d'entretenir une correspondance scientifique suivie. Je me vois à cet égard particulièrement engagé à dire ici combien je dois de reconnaissance à Charles Erneste de Baer, conseiller d'état de l'empire de Russie, décédé à Dorpat le 28. novembre 1876; combien je dois de remerciements à M. le professeur docteur Paul Broca de Paris, et à M. le conseiller intime, professeur et docteur, Rodolphe Virchow de Berlin. — Je ne considère pas comme moins judicieuses certaines observations qui m'ont été soumises par M. le docteur Joseph Bernard Davis Esq., membre de l'académie royale des sciences et des arts (F. R. S. and F. S. A.) de Londres, par M. le conseiller intime, professeur et docteur Hermann Schaaffhausen de Bonn, et par M. le docteur Jean Jacob Chevalier de Tschudi, ministre plénipotentiaire de la Confédération suisse près la Cour d'Autriche, à Vienne ; il en est de même de certains renseignements historiques qu'ont eu l'obligeance de me communiquer M. le conseiller royal, professeur et docteur Florian Rômer, conservateur de notre musée national des antiquités et des médailles et M. le docteur Guillaume Fraknôi, secrétaire de la section historique de l'académie des sciences et conservateur de la bibliothèque du musée national de Budapest.

Fidèle observateur du principe „smm ciiique" que j'ai suivi dans les divers ouvrages scientifiques que j'ai publiés, j'ai toujours cherché à rendre,

autant que possible, justice à qui que ce fût. Eu conséquence, je me suis astreint à indiquer en entier le nom d'un auteur, la première fois qu'il m' arrivait de le mentionner; seulement, comme les indications qui nous sont données par quelques-uns d'entre eux ne sont pas complètes, cela ne m'a pas toujotlrs été possible; enfin j'ai trouvé bon à l'égard des ouvrages dont il existe plusieurs éditions de toujours indiquer exactement celle oii j'avais puisé.

Tous les savants savent par expérience avec quelle légèreté certaines personnes se permettent de rapporter les citations dont ils ont besoin, ce qui fait que souvent elles se trouvent tronquées ou dénaturées, et cependant tous, j'en suis convaincu, reconnaîtront avec moi que l'exactitude des passages allégués est, en second lieu, la „conditio sine qua non" de tout examen approfondi de quelque question scientifique que ce soit.

Enfin, s'il m'a été possible de mentionner d'une manière relativement aussi détaillée que l'ai fait dans cet ouvrage les sources où j'ai puisé,, c'est en partie à l'obligeance de M. le conseiller aulique Erneste de Birk, directeur de la bibliothèque impériale et royale de la Cour de Vienne, et en partie à celle de M. le docteur Frédéric de Leithe, directeur de la bibliothèque de l'université impériale et royale de la même ville que je le dois, ainsi d'ailleurs, qu'à la bienveillante entremise de mon ami, M. le professeur et docteur Jules Kollmann, relativement à la bibliothèque royale de la Cour de Munich, et à celle de M. Joseph Szinyei, directeur de la bibliothèque de l'université roj^ale de Budapest ; car c'est surtout à la bonté de ces messieurs qui, à ma prière, ont bien voulu mettre à ma disposition les ouvrages les plus rares que j'ai dû de pouvoir tirer des citations de ceux de

SiDONIUS ApOLLINARIS, de CoNRADUS PeUTINGER, d'ANDRÉ du ChESNE, d'AMMIANCS

Marcellinus, de Georgius Pray, de Josephus G^nz de Aguirre, de Theodorus de Bry, de Desericus Josephus Innocentius, de Jânos (Jean) de Jerney, d'ALE-, XANDRE de HuMBOLDT, du comtc George Rasoumovsky, de François Jules Meyen, d'HippOLYTE Gosse, de Henry P. Schoolcraft, de Samuel George Morton, de Charles Frédéric Neumann, de Don Mariano Eduardo de Rivero et de Jean Jacob chevalier de Tschudi, de Joseph Barnard Davis Esq. et de John Thurnam Esq., de Pierre Larousse, de Théodore Mommsen, de Rodolphe Virchow(I). etc. etc.

(I) L'édition de l'ouvrage de M. Rodolphe Virchow : Untersuclmngen Uber die Entwîckdung des Schadelgrundes, etc. Berlin. 1857, étant épuisée depuis plusieurs années il est actuellement impossible de se le procurer.

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Redevable enfin à diverses personnes qui, par les services qu'elles m'ont rendus ont contribué à perfectionner différentes parties de cet ouvrage, j'adresserai encore mes remerciements à M. le docteur Adalbert de Lengyel, professeur de chimie analytique à l'université de Budapest, qui a eu la bonté de me fournir le tableau des proportions de matière organique que contenaient des crânes provenant de différentes époques; à M. Adalbert Tormay, directeur de l'Institut vétérinaire roy. de Budapest, qui a bien voulu déterminer à quelle race appartenait le squelette de cheval qui a été trouvé en même temps que le crâne mongol ; à M. le docteur Jules de Horvâth, premier assistant d'anatomie de notre université, qui m'a été d'un grand secours lors des expériences que j'ai faites en vue de reproduire les déformations artificielles du crâne sur des nouveau-nés morts; et à M. le docteur Leon Davida, second assistant, qui m'a agréablement surpris en me présentant toute une série de préparations microscopiques relatives aux joints membraneux et aux synchondroses du crâne de nouveau-nés.

Enfin, pour ce qui concerne l'exactitude de l'édition française, je la dois entièrement aux soins de M. Frédéric Schwiedland, professeur de langue et de littérature française à Budapest, auteur et traducteur de plusieurs ouvrages.

Les trois tableaux phototypiques m'ont été fournis par M, Adalbert Gévay, photographe à Budapest, ainsi que la photographie du titre qui représente tout à fait de profil le crâne macrocéphale artificiellement déformé de Csongrâd réduit au V4 de sa grandeur naturelle. Les reproductions photographiques des 1 0 figures des planches I et IT, aussi bien de ce crâne de Csongrâd que de celui des temps barbares de la Hongrie trouvé à Alcsùth au Va de leur grandeur naturelle et dans les cinq normes voulues m'ont été fournies par M. le docteur Guillaume Schimann, assistant du professeur de chimie à notre école polytechnique. Toutes ces figures sont correctes, à l'exception de la I'^ fig. de la L planche qui ne reproduit pas le crâne macrocéphale de Csongrâd parfaitement de profil, ce qui le fait paraître un peu moins conique qu'il ne l'est en réalité, comme on peut s'en convaincre en le comparant avec la planche du titre (1).

Quant aux figures xylographiques insérées dans le texte, elles ont été copiées : les unes, d'après des photographies d'après nature, les autres, d'après des images qui se trouvent dans les œuvres de S. G. Morton, de H. R. School-

(1) Même la figure réussie de la planche du titre ne rend x^as exactement le haut degré de macrocéphalie de ce crâne, parce que le procédé phototypique qui a été employé n'en rend pas au même degré le caractère plastique.

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craft et de J. J. de Tschudi, et qui sont dues à M. Gustave Moeelli, professeur de xylographie à l'école centrale de dessin de Budapest.

Ce que sont enfin les difficultés que rencontre et les sacrifices que réclame la publication en trois langues : française, allemande et hongroise, d'un ouvrage pareil à celui-ci (1), ceux-là seuls peuvent s'en faire une idée qui en ont entrepris de semblables.

Puisse un accueil favorable être réservé à ce livre, et, de la part de mes honorables collègues, une critique bienveillante ! Budapest, le 19. janvier 1878.

Joseph de Lenliossék.

(1) L'Académie hongroise des sciences de Budapest s'est chargée de la publication de l'édition hongroise, qui a paru sous le titre : A mesterségesen eltorzitott koponyâkrél âltalâban, kûlônôsen egy Csongrâdon és Székely-Udvarhelyen talâlt ily nemû makrokephâl és egy Alcsùthon talâlt barbâr korbôl szârmazô koponyârél, Budapest 1878. L'édition allemande qui a pour titre : „T)ie kilnstlichen Sckadelverbîldungen im Allgemeinen und zweî Icunstlicli verhildete makrocephale Schcidel aus Uagarn, sowîe ein Schadel aus der Barharenzeit Ungayns, Budapest, 1878, ainsi que cette édition française, a été publiée par l'auteur.

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