IG
Appendice.
les dents doivent y avoir été lors de sa découverte. Leurs couronnes sont tout à fait aplanies par l'usure : les supérieures obliquant de haut en bas et de dedans en dehors et les inférieures naturellement vice versa; elles coïncident parfaitement les unes sur les autres. Toutes les sutures sont à la vérité reconnaissables, mais effacées en plusieurs endroits. A en juger d'après le développement des os, des dents et des sutures, il doit avoir appartenu à un homme ayant bien dépassé la cinquantame. Le front, dont le maximum de largeur est de 123 millim. décrit à la vérité une belle courbe, mais les arcades sourcilières sont cependant fortement développées et fondues ensemble au milieu sous la glabelle qui est en forme de creux. La face est écrasée, car, mesurant 70 millim. de hauteur, il n'en a que 130 de largeur. L'angle facial extérieur de Virchow accuse 69" 45', et l'angle maxillaire 66". Ce qu'on y trouve surtout de fi-appant, ce sont : les points malaires qui sont massifs et fortement développés ; les orbites, qui sont extrêmement larges, puisque sur une hauteur de 32 millim. ils ont un diamètre transversal de 46 millim., et obliquent très peu en dehors; enfin la grande largeur de l'ouverture antérieure des fosses nasales qui, sur une longueur du nasal de 47 millim., mesure à son maximum 28 millim. et donne, d'après M. Paul Broca, un indice de 59*5. Les os du nez qui sont massifs, s'enfoncent comme un coin entre les deux larges apophyses fi-ontales des deux mâchoires supérieures, deviennent si étroits en haut qu'à une distance de 7 millimètres de la suture naso-frontale ils n'ont plus, à eux deux, qu'une largeur de 6 millim., fait qui rappelle la catarrhinie de Virchow (1); puis, le bord inférieur de l'ouverture antérieure des fosses nasales est, comme K. E. de Baer l'indique pour les crânes mongols (p. 6 2 j , fortement retroussé en dehors, ou manque proprement, attendu que le fond des cavités nasales passe en formant une courbure à la surface de la face de l'apophyse alvéolaire de la mâchoire supérieure. Tous les caractères que nous venons de mentionner donnent à cette face une expression repoussante, sauvage et pour ainsi dire cruelle, qui explique l'expression dont J. F. Blumenbach s'est servi en décrivant son crâne de Cosaque du Don ou Kalmouck dont nous avons parlé plus haut (p. 86). L'inion triangulaire de la partie cérébrale de l'écaillé de l'occiput, qui n'a que 53 millim. de long sur 129 de large, n'est pas seulement fortement développé, mais il continue en conservant les mêmes dimensions à travers les lignes demi- circulaires , qui sont également massives, des deux côtés, jusqu'à l'astérion de Broc a, en formant pour ainsi dire un fort peigne qui aurait son bord tranchant tourné en dehors, fait qui a été d'abord constaté à l'égard des crânes de races non-européennes, par M. Frédéric Merkel, qui l'a désigné sous le nom de „Unea nucliae siiprema", et que M. A. Ecker a qualifié du terme
(1) Virchow. Merhnale nîederer Mensclienrassen op. c. p. 115. Taf. VI. nncT YII.
Appendice.
plus juste de «bourrelet transversal de l'occiput'", torus occipitalis trrmsversus, en le constatant également à l'égard des-races non européennes et qui proviennent, à ce qui semble, d'une période plus ancienne (1). Il est aussi étrange qu'à une distance de 24:"5 millim. de l'inion, il apparaît des deux côtés de la crête occipitale superficielle, qui est faiblement mais cependant visiblement accusée, une ligne demi-circulaire, et à une distance de 4 millim., de la dernière, une seconde seml^lable. La première s'étend d'abord latéralement pour ensuite s'élever obliquement jusqu'à la moitié de la suture lambdoïdale, oii elle finit par un bouton exhaussé de la grosseur d'une lentille, tandis que la seconde, qui est au-dessous de la première, et marche d'abord latéralement et parallèlement avec elle, s'étend en descendant et en décrivant un demi-cercle jusqu'à la fosse rétrocondylienne, où elle finit également par un bouton semblable au premier. L'e palatin a une largeur excessive qui mesure 4-2 millim. sur une longueur de 46, ce qui fait qu'il est entouré presque en demi-cercle par les apophyses alvéolaires. La partie basilaire du crâne a une longueur de 185 millim. et la distance entre les deux apophyses mastoïdiennes en mesure 144. Les deux apophyses styloïdes, dont la moitié seulement existe, sont très massives, et, à en juger par les surfaces de fraction, doivent avoir été ti'ès longues.
L'arc de la mâchoire inférieure, mesuré à son bord inférieur, a 201 millim. de circonférence, et affecte, vu d'en l)as, une forme presque triangulaire , dont le sommet brusquement tronqué correspond au bord inférieur du menton. La hauteur de cet arc est de 29 millim. celle du menton de 30; ce dernier est très fortement développé et mesure à sa base une largeur de 25 millim. La branche de la mâchoire inférieure a 44 millim, de hauteur et 36 de largeur; il est donc bas et large. L'angle de la mâchoire inférieure a 123°: les gonions sont très fortement tournés en dehors, et leur distance est de 1 1 3 millimètres.
De ces principales données crâniologiques et crâniométriques, il ressort que ce crâne a tous les caractères qui sont particulièrement propres à ceux de la race mongole , aussi présente-t-il une grande ressemblance avec le crâne Kalmouck qui a été décrit et reproduit par M. Emile Zuckerkandl (2).
(1) F. Merkel. Die Linea nuchae suprema anatomi^cli uncl anthyopoIogiscJi hetvucTitet. Leipzig, 1871 — p. 26. Crâne de Dacotas, de Papouas, de Nouveaux-Hollandais, de Cafres, et de nègres du Congo. A. EcKER. tJher den queren Hinterliauptij-ulst {Torus occipitalis tiansversus) ain Schadel vei-scJiiedener aussereuropàischer Vblker. Arcliiv fur Aiithrop. von Eoker uud Likdexschmit. 10 B. 1877 — p. 115. Taf. Y.
Nous trouvons ici représentés des crânes d'anciens habitants de la presqu'île de Floride, des crânes macrocéphales artificiellement déformés de l'Amérique du nord et du sud, de l'Australie nord et sud, ensuite des crânes d'Indiens, des îles Fidji, d'autres de Papouas, d'insulaires de Sandwich et de Chinois.
(2) ZUCKERKAN'DL, Op. C. p. 71. pl. XXII.
Appendice.
Quant à l'époque à laquelle il remonte, son admirable état de conser- Tation qui s'étend même jusqu'aux plus petits détails, sa consistance, l'épaisseur de ses parois, le poli de sa surface exocrânienne, le fait qu'il ne colle pas à la langue, sa couleur jaune-grisâtre, son poids considérable, toute son apparence extérieure en un mot, peut faire conclure tout au plus à 500 ou 600 ans, époque qui coïncide au temps de l'invasion des Tartares en Hongrie (p. 99j. C'est en effet aussi l'opinion de M. François de Pulszky, directeur de notre musée national, et cela d'autant plus qu'un des fragments qui ont été trouvés en même temps, et qui est composé d'argile rouge cuite au feu, figure le fond d'un vase au milieu duquel se trouve un enfoncement rond au tour duquel s'étendent de petites rainures concentriques, ce qui indique visiblement que l'objet en question a dû avoir été fait au tour, et l'on sait que l'emploi de cet instrument n'était pas connu en Hongrie avant le XHP siècle.
Il se trouve dans l'os pariétal de ce crâne à une distance de 25 millim. de la suture coronale, de 34 de la suture sagittale, de 57 de la suture lambdoïdale et de 63 de la suture harmonique, un trou ovoïde dont le pôle tronqué se dirige vers la partie antérieure. Les bords de ce trou sont polis, minces et émoussés, c'est-à-dire cicatrisés. Autour de ce trou se trouve également un ovale plus grand, de 73 millim. de long, sur 43 de large, produit par un bourrelet osseux qui prend naissance à la plaque osseuse extérieure du pariétal; mais ce bourrelet osseux et ovale n'entoure pas le trou concentriquement ; il s'élève en avant à 9 millim. de la suture coronale, à 13 millim. du milieu de la suture sagittale, à 29 en arrière de la suture lambdoïdale et à 9 latéralement de la suture harmonique. Ce bourrelet osseux descend en pente insensible jusqu'au bord intérieur du trou. Enfin la surface osseuse qui se trouve entre le bord intérieur de ce trou et le bourrelet est rude, inégale et présente en plusieurs points, et surtout en arrière, des ostéophy tes de la grosseur de graines de pavot ; cette surface est donc cicatrisée. Considéré d'après la norma occipitalis de Baer ou d'en arrière, cette défectuosité s'étend en formant une échancrure en demi-lune du point extrême supérieur au point extrême inférieur du bourrelet osseux, oii le trou occupe naturellement la partie la plus basse.
Il résulte de tout cela que la blessure a dû avoir été produite par un rude coup de sabre et que celui qui l'a reçue s'en est pourtant guéri.
Mais quelle a dû être l'extension de ce processus ossiticus à exfoliation nécrotique, c'est ce que nous voyons dans le fait qu'il se trouve un faible enfoncement de 42 millim. de long sur 31 de large qui s'étend du bourrelet osseux jusqu'au-delà de la suture coronale et est entouré d'un bord relevé dont le fond n'est pas seulement rude, mais présente même plusieurs exostoses de la grosseur d'une lentille.
Appendice.
Relativement au No. III.
Ce crâne d'ancien Romain a appartenu à un squelette trouvé dans un sarcophage en compagnie d'un autre en 1832 à Vietix-Bitde, quartier de Budapest, l'ancien Aqidncum des Eomains, et déposé actuellement au musée national de Budapest.
A en juger d'après les dents, les sutures, la nature des os et autres caractères que présentent ces deux crânes, ainsi que d'après l'examen des autres os des squelettes, particulièrement de ceux du bassin, l'un deux a dû être celui d'un homme de 50 à 53 ans, l'autre celui d'une femme de 40 à 45 ans.
Voici quelle était l'inscription trouvée sur ce sarcophage :
D M AVR • ATTONINO ' SiG ' LEG ' n ' AD STiP XVIII Q ViX N XLV SEPTiAÎA LV^A CoNiVX Ti AVlELiA'AI^oîvÎA F I L I A • G V R A ISE • A V R A / ' / T O iVENETM LiBERTvM EoRvM F • G
D'après M. Erneste Desjardins (1), il faudrait la lire comme suit :
Diis Mauibus. ^ . AURelio ANTONIO SIGnifero LEGionis II ADiutricis STIPeiidiorum XVIII. Qui VIXit ANNos XLV SEPTIMIA LUPA CONIUX Et AURELIA ANTONIA FILIA CURANTE AURelium A(ris)TO MENETEM LIBERTUM EORUM.
Faciundum Curaverunt.
Comme cette inscription ne se rapporte qu'au squelette de l'homme et que celui de la femme, comme nous l'avons dit, doit avoir appartenu à un individu de 40 à 45 ans, il est évident que le second est celui de Septimia Lupa qui, décédée plus tard, aura été déposée dans le sarcophage auprès de son mari, probablement en vertu d'une disposition testamentaire.
') E. Desjardins. Acta Musei Nationalis Hungarici. Monuments épigraphiques du Musée National Hongrois. Budapest, 1873. - S. 76. Nr. 1-50. Taf. XXV. — F. Eômer. Acta Musei Nationalis Hungarici. A magyar nemzeti muzeum rômai feliratos emlékei. Desjardins E. franczia szôvegét a m. kir. vallâs- és kôzoktatâsi minister meghagyâsâbôl magyaritotta , bôvitette es kiilôn pôtlékkal kiegészitette. Budapest, 1873. — S. 86. — Th. Mommsen. Corpus inscriptionum latinarum. Berolini, 1873. — S. 5-56. Nr. 3534.
Appendice.
Relativement au No. IV.
L'histoire de ce crâne prétendu préhistorique est la suivante. Il arriva en 1871 qu'en conséquence de la crue d'un courant d'eau une couche de Lôss de plus de 3 mètres de hauteur fut enlevée dans le village de Nagy-Sàp, comitat de Gran, sur quoi, après avoir creusé à une profondeur de l'5 mètre, on trouva deux squelettes humains.
Le résultat de cette fouille a été brièvement décrit par M. Maximilien Hantken (directeur de l'Institut géologique de Budapest) (1) et l'un des crânes de ces deux squelettes fut envoyé par ce dernier à M. Félix de Luschan, afin que, après l'avoir examiné, il puisse en faire la description, ce qui eut lieu en effet ; sur quoi il parut un traité de M. Jean Woldrich qui met fortement en doute sa valeur préhistorique (2).
L'autre de ces crânes passa à la possession de M. Josef Szabô (conseiller royal et professeur de minéralogie et de géologie à l'université royale de Budapest), qui eut l'amabilité de permettre qu'on en détachât un morceau en vue de l'analyse comme je l'ai dit dans la préface (p. V).
Et bien que son origine préhistorique soit mise en doute, il n'en est pas moins étonnant que des six crânes qui ont été soumis à l'analyse (p. 121), c'est justement celui-ci qui renferme la plus faible proportion de matière organique.
(1) M. Hantken. FbUtani Kozloiiy. Pest. 1872. — p. 93.
(2) F. V. LcscHAN. Die Funde in Na^gij-Sâp. Mittheilungen (1er anthrop. Gesellsckaft in Wien. t. II. p. 301. — J. Woldrich. Bemerkungea iiher den ScJiadel von Nagy-Sdp. Mittheilungen etc. t. III. p. 102. — J. de Leniiossék. Koponijaiame. Cvanioscopia, op. c. p. 25.
Appendice.
L'interdiction du troisième Synode de Lima
contre la déforiiiatioii iiiacrocépliale artificielle du cràiie des Indiens.
Collectio maxima conciliorum Hispaniae et Novi Orbis, Cura et studio
Josephi Gaenz de Aguirre
Beneclictinae Congregationis Hispaniarum Magistri Generalis etc.
ROMAE. MDCXCIII.
t. VI. p. 417.
Synodus III. dioecesana Limensis eelebrata in oppido sancti Dominici de Yungay
die 17. Julii, anno 1585.*)
Nos D, Toribius Alpbonsus Mogrovexus, Dei & sanctas sedis apostolicse Eomanee gratia ArcMepiscopus Eegum, Eegise Majestatis Consiliarius etc. Obligatioiii, quam nobis imposuit sacrum concilium Tridentinum, celebrandi singulis annis Synodum Diœcesanam satis facere volentes ; convocavimus admodum R. E. D. D. nobis dilectos decanum & capitulum nostrae sanctee Ecclesise Oatliedralis Eegum & vicarios & parochos hujus nostri Arcbiepiscopatus, ad quos de jure vocari pertinet : cujus Synodi convocatio fuit ad diem sanctissimse Trinitatis proxime prseteritum, hujus pr^eseiitis anni MDLXXXV, in qua eadem Synodo ordinavimus & statuimus constitutiones sequentes, quas volumus & prseoipimus observari & opère adimpleri, secundum quod et eo modo quo in eisdem continetur, sub pœnis in eisdem contentis & aliis arbitrio nostro imponendis,