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lignes, les stigmates de l'alcoolisme chronique mis à part, que celle de tous les délires toxi-infectieux.
L'abus prolongé de l'alcool crée chez l'individu un élat spécial de chronicité aux lésiofs organiques profondes.
L'alcoolique chronique présente une dépression qui frappe l’ensemble des fonctions psychiques et des troubles physiques associés.
L'activité intellectuelle et la capacité de travail diminuent,la mémoire des faits passés se perd progressivement, il y a de l’amnésie de fixation plus ou moins prononcée, le malade se trouve dans l’impossibilité d'acquérir des notions nouvelles. Son jugement est atteint,il se rend imparfaitement compte de sa situation et présente de lindifférence et de l’irritabilité morbide.
Ses sentiments sont modifiés, toutes impulsions généreuses, altruistes, ont disparu chez lui. Il est devenu étroitement égoïste, occupé seulement à la satisfaction immodérée de ses passions, indifférent à la marche de ses affaires, à la misère qui étreint sa famille, prélevant même sur le salaire de sa femme ou de ses enfants, l'argent qui est nécessaire pour se procurer de la boisson.
Son caractère est également touché, sa volonté est annibilée, son pouvoir inhibiteur a disparu. Il est sans force pour résister à l'attrait du poison. Il est enfin irritable, violent, les sentiments éthiques ont disparu ; il a perdu toute pudeur.
Son sommeil est troublé par des rêves professionnels,
des cauchemars, consistant en visions d'animaux im-
Laon
mondes et monstrueux. Les réflexes tendineux sont ordinairement diminués, les réflexes cutanés exagérés. Les pupilles sont paresseuses et en myosis. Les troubles de la vision consistent en diminution de l’acuité visuelle par névrite rétro-bulbaire. Il y a du tremblement généralisé, surtout marqué à la langue et aux mains. La sensibilité cutanée est diminuée et parfois augmentée dans certaines zones. La sensibilité profonde est atteinte, le malade ressent des fourmillements, des crampes nocturnes.L’appareil gastro-intestinal réagit avec les pituites matutinales, la digestion lente et pénible, le pyrosis, la constipation, l’inappétence, l'insuffisance hépatique. Le foie est souvent augmenté de volume, il y a de la glycosurie alimentaire, et même’une légère quantité d’albumine. z
« Ontrouve, dit KrarT-ÉBine, à l’autopsie d’un alcoolique chronique, des altérations chroniques inflammatoires des méninges, des processus atrophiques de l’écorce cérébrale, causés par l’action chimique de l’alcool et par ses produits de décomposition sur le tissu cérébral, ainsi que des processus de fluxion, d’obstruction dans les vaisseaux, de même que dans les voies lymphatiques et les enveloppes du cerveau, avec leurs conséquences : hyperhémie, anémie, artério-sclérose, hypertrophie du cœur, cœur gras, catarrhe intestinal chronique, dégénérescence du foie, des reins. Les altérations organiques de l’organe central et de ses enveloppes ne se produisent qu’au bout d’un certain temps et non dans chaque cas. Elles apparaissent comme phé-
nomènes terminaux et comme résidus originaires des
troubles nutritifs de l'écorce cérébrale (nutrition et circulation troublées par suite de l’abus de l'alcool) et il semble que lorsque le cerveau est capable de résistance, l’ivrognerie peut rester longtemps une maladie fonctionnelle. Voilà ce qui explique la possibilité de la guérison pendant les stades primitifs (1). »
L'évolution de cet alcoolisme chronique est toujours longue, plus ou moins abrégée cependant par les crises aiguës qui le traversent, crises de délire alcoolique simple ou de delirium tremens, dont nous ne parlerons pas ici, ce n’est pas notre sujet. Nous rappellerons seulement que le délire alcoolique simple renferme tous les troubies psychiques à type de confusion mentale, hallucinatoire, qui surviennent au cours de l’alcoolisme chronique. Il évolue sous le mode subaigu ‘ou aigu. Dans ce dernier cas il prend le nom de delirium tremens. Son caractère principal siège dans la mobilité extrème des troubles sensoriels et l’absence de toute. systématisation. C'est un délire de rève, un délire d’action dans lequel le délirant est à la fois spectateur et acteur.
L’alcoolique chronique aboutit en général à la démence alcoolique plus ou moins associée parfois à des phénomènes paralytiques.
Mais à côté de cette évolution que nous pourrions qualifier d’habituelle, se produisent les cas que nous nous sommes proposé d'étudier et dans lesquels on voit s'établir un délire chronique chez un intoxiqué ha-
bituel par l'alcool.