‹ Des délits et des peinesChapitre 6 sur 75 · ORIGINE DES PEINES ET DROIT DE PUNIR · texte numérisé non relu

ORIGINE DES PEINES ET DROIT DE PUNIR

La morale politique ne peut procurer à la société aucun avantage durable, si elle n’est fondée sur les sentiments ineffaçables du cœur de l’homme.

Toute loi qui ne sera pas établie sur cette base, rencontrera toujours une résistance à laquelle elle sera contrainte de céder. Ainsi la plus petite force, continuellement appliquée, détruit à la fin un corps qui semble solide, parce qu’on lui a communiqué un mouvement violent.

Consultons donc le cœur humain ; nous y trouverons les principes fondamentaux du droit de punir.

Personne n’a fait gratuitement le sacrifice d’une portion de sa liberté, dans la seule vue du bien public. De telles chimères ne se trouvent que dans les romans. Chaque homme n’est attaché que pour ses intérêts aux différentes combinaisons politiques de ce globe ; et chacun voudrait, s’il était possible, n’être pas lié lui-même par les conventions qui obligent les autres hommes. La multiplication du genre humain, quoique lente et peu considérable, étant néanmoins supérieure de beaucoup aux moyens que présentait la nature stérile et abandonnée, pour satisfaire des besoins qui devenaient tous les jours plus nombreux et se croisaient en mille manières, les premiers hommes, jusqu’alors sauvages, se virent forcés

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