‹ Des déviations des arcades dentaires et de leur traitement rationnelChapitre 28 sur 54 · Magitot, îoc. cit,, p · texte numérisé non relu

Magitot, îoc. cit,, p

plutôt, ce qui sera plus exact, à un défaut de parallélisme entre le développement du cordon et celui du maxillaire. Supposons en effet que, par une cause quelconque, mais tenant exclusivement au développement de l’une de ses parties, la longueur du cordon dentaire devienne supérieure à celle de la gouttière maxillaire : le cordon sera obligé de s’infléchir et la position de son extrémité déterminera la position et la direction de la dent.

De toutes les dents, les canines et surtout celles du Haut semblent plus spécialement prédisposées à la migration primitive.

Laissant de côté les quelques cas rapportés par Tomes, nous citerons les exemples suivants, que nous avons rencontrés dans la collection du musée de l’amphithéâtre des hôpitaux* ;

N® 564. — Tête d’adulte ; denture régulière, sauf à gauche, où la canine temporaire persiste, tandis que la dent permanente en hétérotopie arrive, montrant sa pointe, en arrière des médianes, au niveau du canal incisif.

N" 868. — Tête d’adulte, maxillaire supérieur : toute la série des dents existe, voire même les dents de sagesse; à la région antérieure de la voûte palatine on remarque à droite un renflement déterminé par la dent canine, qui s’y trouve incluse ; la canine de lait persiste.

N® 1036. — Tête d’un sujet de 50 ans : la denture est régulière; cependant, à l’arcade dentaire supérieure, 'on remarque un vide, correspondant à l’emplacement de la canine ; la dent de lait n’existe plus et la dent permanente s’est inclinée d’arrière en avant, venant poindre derrière l’incisive médiane.

N" 1090. — Maxillaire supérieur bien développé : les incisives latérales font cependant défaut; à droite, la canine temporaire persiste, et la dent permanente évolue suivant une direction oblique d’arrière en avant. Les premières petites molaires de chaque côté sont en rotation (la face jugale regarde en arrière). Dents écartées ; à gauche, cet écartement atteint près d’un demi-centimètre entre les deux grosses molaires ; les dents de sagesse font défaut.

1. Je ne puis moins faire ici que de remercier publiquement M. le D' Tillaui de 1 empressement avec lequel il a mis à ma disposition toutes les ressources si curieuses et pourtant si peu connues, du moins en ce qui concerne spécialement ÏArt dentaire, du musée de l’amphithéâtre des hôpitaux.

N'’ 1094. — Tête d’adulte : dentition régulière, sauf à droite, où il y a persistance de la canine temporaire et évolution de la dent permanente correspondante en arrière de l’incisive latérale droite.

N® 1123. — Adulte : dents volumineuses, disposées régulièrement; à droite, la canine temporaire complète la série et la dent permanente évolue obliquement d’arrière en avant et de haut en bas, pour venir se montrer immédiatement en arrière de l’incisive médiane.

N® 1194. — Arcade supérieure: à droite, la canine temporaire persiste et la dent permanente évolue obliquement dans la voûte palatine; à gauche, la première petite molaire est en rotation de 45® et la 3® grosse molaire est inclinée obliquement d’arrière en avant ; à droite, la dent de sagesse manque, bien qu’un espace de près de un centimètre existe.

N® 1831. — Pièce anatomique, arcade supérieure : pas de petite incisive droite, la canine permanente en occupe la place; un intervalle de plus de 3 millimèlres existe entre cette dent et la première petite molaire ; à gauche, la denture est normale, cependant la seconde petite molaire est en rotation.

N® 2018. — Tête adulte : toutes les dents existent, régulièrement disposées ; à droite, une légère dépression existe, à l’endroit même de l’emplacement de la canine. La table externe enlevée laisse voir la canine permanente évoluant obliquement, dans l’épaisseur même du maxillaire, pour venir sortir sur la ligne médiane, immédiatement en arrière des incisives. — (Cette préparation porte comme légende: dent supplémentaire du maxillaire inférieur.)

N® 2016. — Préparation, tête d’adulte : plusieurs molaires manquent, mais la région incisive est intacte. A l’arcade supérieure, les deux canines de lait per- ^ sistent avec leurs racines entières ; ‘ la table externe du maxillaire, enlevée, laisse voir les deux canines permanentes, incurvées sur elles-mêmes, et venant se rencontrer pointe à pointe sur la ligne médiane en arrière des grandes incisives, — (Cette pièce porte .comme légende : Déviation dés incisives.)

Les trois observations suivantes ont été recueillies au musée Dnpuytren : -,

No 21. — Maxillaire supérieur gauche : canine évoluant au milieu du maxillaire ; la canine temporaire n’existe plus.

N® 63. — Maxillaire supérieur : denture complète ; la canine droite temporaire persiste et la dent permanente évolue obliquement dans le palais [Marjolin et Rullier).

N® 66. — Maxillaire inférieur: première petite molaire permanente, ayant évolué obliquement de gauche à droite et de bas en haut, pour venir se terminer dans une excavation, de 2 centimètres de diamètre environ, au niveau même de la symphyse [Oudet).

Sur plus de 400 crânes qu’il nous a été donné d’exajniner, nous avons donc trouvé 15 cas d’hétérotopie des canines en migration primitive.

Si nous les réunissons à ceux qui nous sont personnels, au nombre de neuf, nous arrivons au chiffre total de 24 et, chose remarquable! presque tous ces cas existent â droite, à moins que les deux canines ne participent à la migration.

Cette anomalie peut également se présenter pour la première dentition. Nous en avons, pour notre part, rencontré plusieurs cas, mais malheureusement nous n’avons pu obtenir le moulage que d’un seul, chez lequel la canine supérieure droite se trouvait occuper la place de la petite incisive.

Comment expliquer cette prédisposition delà canine droite à la déviation ? Nous ne saurions le faire, en l’état actuel de la science; ce qu’il y a de certain, c’est qu’on ne saurait înettre en cause l’action perturbatrice de la dent temporaire, puisque, dans la majeure partie des cas observés, nous avons constaté qu’elle n’existait plus ; dans le cas particulier, très remarquable, cité plus haut, l’hétérotopie portait même sur une dent temporaire.

Cette déviation, ainsi que nous l’avons dit et ainsi que le montre la fig. 13, peut également porter sur les grosses molaires. Cette observation nous montre, en effet, la seconde et la troisième grosses molaires en hétérotopie; ici encore on ne saurait invoquer comme cause de la déviation, ni la dent temporaire, ni la branche montante du maxillaire, puisque la déviation porte sur deux molaires permanentes et que d’ailleurs l’anomalie siège à l’arcade supérieure. La dent symétrique opposée est normale et normalement disposée.

Nous ne ferons que citer pour mémoire les hétérotopies simples, qui peuvent se présenter, ainsi que nous l'avons laissé entrevoir plus haut, à de grandes distances. On a trouvé, en effet, une incisive dans Tépaisseur de la cloison des fosses nasales \ dans la fosse canine, sur le plancher de la bouche, sous la face inférieure de la langue ^

Les déplacements des petites molaires sont moins fréquents. Ils se montrent plus particulièrement à la mâchoire

Fig, 15. — Hétérotopie des deux dernières grosses molaires. Arcade supérieure gauche {Coll. pers.).

supérieure; les dents sont alors, généralement, situées en dedans de l’arcade.

J^our les grosses molaires, les déplacements sont moins connus^ du moins pour ce qui regarde les premières.

Quant aux dents de sagesse, qui à elles seules présentent, surtout les inférieures, plus de complications et d’accidents sérieux que toutes les autres dents réunies, elles vont également, au point de vue des anomalies de position, présenter les plus grandes variétés.

C’est ainsi que, quelquefois, on en trouve à la partie postérieure du maxillaire inférieur, tantôt couchées plus ou

1. Hétérotopie d’une molaire située au milieu du palais (Musée odont. de Londres).

2. Musée de l’Université de Berlin. Galerie d'anthropologie, n® 1549.

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