liiillelin des sciences médicales, octobre
Gomme hygiène, Galien conseille de se laver la bouche avec du vin. Mais ce qui étonne le plus, c’est de voir cet excellent observateur ne pouvoir se passer des anciennes formules et ajouter foi à certains médicaments capables de faire tomber les dents douloureuses.
Nous ne ferons que citer les noms d’Aphrodas, d’Antipbane, de Solon le dentiste, de Criton et d’Apollonius ; ce dernier conseille d’introduire le médicament par les narines ou par les oreilles.
Andromaque nous a légué, en même temps que la thériaque, quelques remèdes contre l’odontalgie.
Dioscoride décrit le cure-dent, qui doit être en bois de lentisque ou en plume, et préconise, contre les maux de dents, les piqûres faites avec l’os d’un certain poisson et les colliers de feuilles de Lépidium.
Nous arrivons ainsi jusqu’à Pline qui, le premier, signale l’action de certaines eaux sur les dents, action pernicieuse dont furent victimes les soldats de César, campés en Germanie ; Pline relate quelques observations de dents mal rangées^ cite r exemple d'une dent implantée au palais^ et parle de la disposition vicieuse des dents de Prusias et de Pyrrhus, dents qui, soudées entre elles, paraissaient n’en former qu’une.
Archigène reproduit les idées de Galien sur l’inflammation dentaire ; il croit à la possibilité de procurer du soulagement en trépanant la dent et enrichit l’arsenal dentaire d’un nouvel instrument, destiné à-cette opération.
Cœlius Aurélianus, qui nous a transmis la plupart des notions historiques que nous possédons sur l’art du dentiste dans les temps anciens, ne croyait pas à la possibilité de la
guérison clés maux de dents. Sa thérapeutique consistait en un traitement général, se rapprochant de celui d’Hippocrate; la diète, le repos ou l’exercice, les saignées, les frictions, les évacuants, les ventouses scarifiées, etc. , etc. , étaient les moyens auxquels il avait fréquemment recours.
Adamantins, après avoir établi une distinction entre les différentes variétés de maux de dents, fait remarquer que les médicaments doivent changer avec la cause qui les a produits. 11 ordonne les aromatiques, en général, et indique un mélange de neige et de miel, qu’il a employé, avec succès.
Oribase et Aétius ne font qu’augmenter le nombre des formules léguées par les anciens. Cependant Aétius affirme que les dents reçoivent un filet nerveux provenant du trijumeau, remarque suffisante pour faire honneur à son auteur; c’est également dans ses écrits que nous trouvons signalée pour la première fois l’influence de la grossesse sur les dents.
Enfin, Paul d’Ëgine (636) la isse de côté tous les remèdes et semble n’accorder de crédit qu’aux moyens violents. Il conseille l’extraction meme par le ciseau et le marteau : car, dit-il, il ne faut laisser rien qui puisse irriter les gencives. Il parle du nettoyage de la bouche et des instruments utiles pour cette opération. Il emploie les memes moyens que ses devanciers contre les fractures et l’ébranlement des dents, recommande les plus grands soins de propreté, prescrit les lavages delà bouche après les vomissements, défend de casser des corps durs avec les dents et de se servir de substances acides. Enfin il différencie l’épulis du parulie ^
1. Inflammation de la gencive voisine de la dent malade (-rapà, auprès, cuXov. gencive).
Chez les Arabes, nous voyons Mohamed-Ara ssi employer les lotions astringentes contre les affections des gencives, chercher à détruire le nerf dentaire à Taide du fer rouge, qu’on emploie du reste de nos jours encore, mais sans plus de succès, bien que le procédé ait été modifié par les progrès de la science. L’auteur est muet sur son procédé opératoire, ne nous indiquant pas s’il l’appliquait directement sur les dents, ou sur les tempes et les gencives, à la manière des Égyptiens, ainsi que nous l’apprend le très-docte Prosper Alpin \ ou si, comme le dit Ten-Rhyne % il cautérisait le trou moutonnier, à la façon des Japonais. Cependant, nous le voyons, lui aussi, employer la pierre à cautère pour faire tomber la dent, lorsque l’huile de rose, l’opium et les sangsues, n’avaient amené aucun soulagement.
Avicenne, au dixième siècle, dans son ouvrage (De r Anatomie et de la Physiologie des Dents), donne plusieurs avis .importants et conseille les narcotiques contre l’odontalgie; il prescrit le débridement des cavités, pour donner issue aux humeurs, indique le procédé opératoire pour déraciner une dent à l’aide de la pierre à cautère et croit à l’allongement indéfini des dents. Nous trouvons ensuite dans Arculanus quelques renseignements sur une opération qui' se pratiquait déjà : l’obturation des dents par des feuilles d’or. Mais il fallait que cette opération fût marquée du sceau de l’époque : aussi insiste-t-il pour que fopérateur tienne compte du tempérament de son patient, et qu’il opère à chaud, si le sujet est d’un tempérament froid, et à froid, si le sujet est d’un tempérament chaud. A la même époque,