‹ Des différentes espèces de néphritesChapitre 24 sur 31 · A. — TRAITEMENT DE LA NÉPHRITE AIGDE · texte numérisé non relu

A. — TRAITEMENT DE LA NÉPHRITE AIGDE

C’est dans l’ouvrage de Rayer qu’il faut principalement étudier le traitement de cette inflammation ; car, à ce point de vue, personne n’a mieux séparé que lui ce qui appartient à l’état phlegmasique du rein proprement dit, des accidents produits par la présence des calculs dans les voies urinaires. Le traitement conseillé par cet auteur, comme par la plupart des médecins qui ont écrit depuis sur ce sujet, est uniquement fondé sur l,es données delà thérapeutique générale des inflammations. Considéré sous ce rappqrt, ce traitement est fort bien déduit, et, en l’absence d’un travail statistique des résultats

comparés des divers traitements, nous devons en tenir le plus grand compte.

L’énergie des moyens employés sera en rapport avec le degré de la maladie. Si la néphrite est peu intense, une ou plusieurs saignées locales, pratiquées à l’aide de sangsues ou de ventouses scarifiées, suffiront avec le repos, la diète, quelques boissons émollientes, pour venir, en quelques jours, à bout de l’affection; mais, si la douleur lombaire est très-vive, si la fréquence du pouls, la chaleur de la peau sont très- marquées, on ne craindra pas de pratiquer une et même plusieurs saignées générales. Néanmoins, si l’on avait affaire à des malades appauvris par des maladies antérieures, affaiblis par l’âge ou par toute autre cause, il faudrait se contenter de ventouses sèches qu’on répéterait pendant deux ou trois jours.

Rien ne soulagera plus les malades que l’emploi des bains généraux tièdes, prolongés pendant des heures entières. La fièvre, quoi qu’on en ait dit, ne constitue en aucune manière une contre-indication. On évitera avec soin de donner au malade des boissons excitantes dont l’action se fait sentir si facilement sur le rein. Pour la même raison, on rejettera les tisanes dites diurétiques. On aura recours, avec bien plus d’avantage, à des boissons émollientes, comme les solutions gommeuses, les décoctions de graine de lin, etc. Le ventre sera tenu libre à l'aide de lavements simples ou de purgatifs légers; s’il y avait des vomissements, on prescrirait l’eau deSeltz, de petits fragments de glace, la potion de Rivière, des révulsifs à la région épigastrique. Le repos absolu, une diète sévère, compléteront le traitement d’une néphrite aiguë de moyenne intensité. Mais, si des symptômes de suppuration rénale se montrent, s’il y a des accidents cérébraux, un état typhoïde ataxique ou adynamique, les moyens indiqués précédemment ne conviennent plus, et la thérapeutique a besoin d être en rapport avec les nouveaux symptômes. Les troubles du côté de la tête sont-ils sympathiques ou bien liés à l’intensité de la lièvre, des révulsifs aux extrémités inférieures, des purgatifs énergiques, de petites doses d’opium seront indiqués. S’il y a des symptômes d infection purulente, l’emploi des toniques, le quinquina, le vin, le sulfate de quinine uni à l’aconit, n’arrêteront pas les progrès

d’une maladie assurément mortelle. Tous les moyens généralement conseillés échoueront de môme lorsque les phénomènes morbides seront le résultat d’un défaut de fonctionnement du filtre urinaire, lorsqu’il y aura résorption urineuse ou ammoniémie.

Il va sans dire que dans la néphrite, comme dans toutes les maladies, Yindication causale doit être remplie la première, lorsque la chose est possible. La néphrite est-elle consécutive à une rétention d’urine, à un rétrécissement du canal de l’urèthre, il faudra s’occuper de vider la vessie, de rétablir le calibre des voies urinaires, etc.

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