‹ Des différentes formes de la broncho-pneumonieChapitre 22 sur 23 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Tous les observateurs qui ont écrit sur la broncho-

! pneumonie ont été frappés de la gravité qu’elle présente et du chiffre énorme qu’atteint la mortalité par cette affection. Et la comparaison si naturelle que Ton. a établi entre la broncho-pneumonie et la pneumonie lobaire fait encore ressortir davantage cette différence. Nous nous sommes déjà expliq ué sur les conditions ana- ! tomiques qui rendent compte de cette différence dans la marche et surtout dans la terminaison de ces deux espèces de pneumonie; mais il y a lieu également de faire intervenir ici les conditions étiologiques. Souvent en effet, la broncho-pneumonie est secondaire et la gravité de la maladie principale, les altérations du sang qui lui correspondent retentiront sur la complication pulmonaire et s’opposeront à une marche régulière et bénigne de la phlegmasie pulmonaire. Quelquefois il semblera que c’est le contraire qui se produit, ainsi par exemple lorsque la broncho-pneu- : monie se développe au début d’une éruption de roui geôle, celle-ci pâlit, s’éteint ou prend une teinte violacée ou bleuâtre, et une terminaison fatale est alors • presque inévitable.

Cette influence de la maladie génératrice est telle que la mortalité de la broncho-pneumonie n’est pas i la môme dans toutes les affections. C’est dans la rou—

geôle et dans ladiphthérie que le pronostic est le plus grave, plus que dans la coqueluche, et dans celle-ci plus que dans la variole (Vulpian). Dans la scarlatine, dans l’érysipèle, dans l’état puerpéral les broncho-pneumonies comportent le pronostic le plus sévère. Dans le rhumatisme articulaire aigu, la bronchopneumonie n’existe pas comme unique complication et il est difficile de dégager sa part de responsabilité dans les accidents graves et même mortels qui peu- !

vent survenir; M. Vulpian lui attache une grande im-

portance : « La pneumonie rhumatismale, dit-il, bien plus encore que les affections du cœur, indique une. ? grande tendance à la diffusion viscérale des manifestations du rhumatisme ; et, à ce point de vue, son pronostic a une gravité d’un ordre particulier » (1).

11 est inutile d’insister sur la gravité des bronchopneumonies qui surviennent à une période avancée des affections cardiaques, dans le cours de la maladie de Bright, de l’albuminurie scarlatineuse, du cancer, de la cirrhose, de l’athrepsie, etc.; il importe alors fort peu que la broncho-pneumonie soit on non latente; elle accompagne plutôt qu’elle ne produit la termi naison fatale.

Le jeune âge a la plus grande influence non seulement sur la genèse et sur la forme de la maladie, mais encore sur sa gravité. La broncho-pneumonie est plus grave chez les enfants au-dessous de deux ans qu'à un âge plus avancé.

Enfin la gravité dépendra souvent de l’état antérieur du malade, du milieu dans lequel il se trouve plongé et souvent de l’influence épidémique. Le pro-

(1) Vulpian. Loc. cit., p, 84.

nostic se trouvera également assombri par la constatation de lésions étendues, par l’apparition de symptômes graves, prostration considérable, apnée, hébétude, sécheresse de laiangue avec fuliginosités, délire, convulsions, etc.

Nous ne reviendrons pas ici sur l’influence que la broncho-pneumonie peut avoir sur la marche et le développement de la tuberculose.

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