‹ Des differentes formes de la broncho-pneumonieChapitre 16 sur 23 · II. — BRONCHO-PNEUMONIE A. NOYAUX DISSÉMINÉS · texte numérisé non relu

II. — BRONCHO-PNEUMONIE A. NOYAUX DISSÉMINÉS

Cette forme dans laquelle la splénisation ne tient plus qu'une place secondaire se rencontre fréquemment chez les enfants aux différents âges: on la rencontre parfois dans la diphthérie, et elle n'est pas rare chez l'adulte dans certaines épidémies de grippe, ou bien encore dans certains cas de broncho-pneumonie afrigore. On la rencontre aussi chez le vieillard à titre de complication d'une bronchite chronique.

Joffroy. 12

Les signes généraux et fonctionnels de la bronchopneumonie à noyaux disséminés ne forment pas dans leur ensemble un tableau différent de celui que nous avons présenté en décrivant la spléno-pneumonie. La fièvre et la dyspnée sont toujours les deux symptômes les plus importants et témoignent par leurs oscillations de l'état du parenchyme pu! monaire. On observe en effet, dans la forme que nous décrivons, les mêmes poussées congestives que dans la spléno-pneumonie, s'accompagnant également d'une d3^spnée plus ou moins grande et amenant une élévation plus ou moins brusque, plus ou moins considérable de la courbe thermique ; de sorte qu'au point de vue des modifications de la chaleur centrale, des pulsations du cœur, on observera les particularités déjà connues de la spléno-pneumonie : courbe thermique irrégulière, présentant des rémissions matinales assez habituelles, oscillant autour d'une température moyenne que l'on peut fixer à 39° environ, et interrompue plus ou moins fréquemment par des ascensions qui atteignent 40 ou 41° C. En même temps la gêne de la respiration qui était modérée, souvent moins accusée que dans la splénopneumonie, présente, aux moments de ces exaspéra- Lions fébriles, une recrudescence parfois aussi brusque qu'inquiétante.

Les autres signes généraux, la perte de l'appétit, lasoif,la constipation ou la diarrhée, etc., ne présentent non plusaucune modification importante, de sorte que ce n'est que dans l'examen direct de la poitrine et par la recherche des signes physiques que l'on pourra parvenir à différencier cette forme soit de la splénopneumonie, soit de la broncho-pneumonie à noyaux confluents.

Les signes fournis par la percussion et l'auscultation, lorsque le malade est sous l'influence d'une poussée congestive, sont encore les mêmes que dans la forme précédente, et par conséquent sont ou latents (et ne se traduisant pas à l'examen du thorax), ou apparents (et donnant alors lieu aux modifications connues de la percussion et de l'auscultation). Jusqu'ici pas de différence : mais voici où elle se montre. Les signes fournis à la percussion par les poussées congestives disparaissent presque toujours entièrement avec elles, et comme ils sont souvent peu marqués au moment des poussées congestives, il en résulte que, dans la forme de broncho-pneumonie que nous étudions, la percussion ne traduit habituellement que les congestions passagères et encore faut-il, bien entendu, qu'elles soient superficielles.

Parfois cependant on pourra trouver un foyer peu étendu de submatité persistante qui correspondra à des noyaux, superficiels de broncho-pneumonie.

L'auscultation donne des renseignements plus précieux. D'abord elle fournira les signes connus (souffle doux, râles sous crépitants plus nombreux et plus fins) dans les points qui seront le siège d'une congestion intense et superficielle ; ces signes disparaissent avec elle. C'est alors qu'une auscultatioD très attentive permettra de trouver dans un ou plusieurs points de la poitrine, plus souvent en arrière et dans la fosse sous épineuse, un foyer limité où l'on entend des bruits qui ne se ne trouvent pas dans le reste du poumon. Dans ces points, où parfois il y aura de la submatité, on entendra soit un souffle doux, généralement sans retentissement de la voix, soit simplement des raies sous-crépitants à bulles plus fines, plus retentissantes,

et plus nombreuses que dans les parties voisines. Si l'on parvient à faire tousser le malade, on a parfois comme une véritable explosion de râles fins se rapprochant du râle crépitant. D'autres fois, ce foyer ne se révélera que par quelques râles peu nombreux, mais moins volumineux et plus retentissants que dans les parties voisines. D'autres fois enfin, l'auscultation la plus minutieuse sera impuissante à découvrir un seul noyau de broncho-pneumonie ; elle ne révélera que les signes de la bronchite.

On comprendra, sans qu'il soit nécessaire d'insister, l'importance que prennent alors au point de vue du diagnostic les deux symptômes essentiels, la fièvre et la dyspnée.

La marche de la broncho-pneumonie à noyaux isolés ne diffère pas notablement de celle de la splénopneumonie. Le début est peut-être plus souvent insidieux, mais on a la même irrégularité et à peu près la même durée dans les deux formes.

Il n'est pas rare de voir la broncho-pneumonie présenter pendant dix, quinze, vingt jours la forme à noyaux disséminés et ensuite entrer dans une nouvelle phase où se développera une splénisation qui reliera les noyaux épars de pneumonie et transformera ainsi la broncho-pneumonie ànoyaux disséminés en spléno pneumonie.

Quelquefois ce n'est pas la transformation en spléno-pneumonie, mais celle en bronchite capillaire que l'on observera, et le malade sera enlevé très rapidemenr.

La mort est encore très fréquente dans cette forme, mais moins peut-être que dans aucune des autres. Quand laguérison survient, la résolution ne se fait

que lentement, comme nous l'avons indiqué dans la forme précédemment étudiée. Parfois la bronchopneumonie à noyaux disséminés peut passer à l'état nsbaigu.On observe, dans des circonstances que nous connaissons, des cas qui revêtent la forme latente, principalement chez les enfants at.hrepsiés.

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