‹ Des Différentes Variétés Cliniques et Anatomiques (Radiographiques) Des Affections Tuberculeuses de la HancheChapitre 15 sur 41 · CHAPITRE HI · texte numérisé non relu

CHAPITRE HI

2 COXALGIE A FORME SÈCHE ou CARIE SÈCHE DE LA HANCHE

Une autre forme de la coxalgie, déjà plus grave dans ses conséquences est la carie sèche de la hanche.

La symptomatologie reste la même que dans le premier cas de forme fruste, mais avec cette particularité que l'affection atteint le plus souvent des jeunes gens de 13 à 14 ans : les premières manifestations, et ce n’est pas rare, peuvent cependant en remonter aux premières années de la vie, avec de longs intervalles d’accalmie relative ou complète.

A l’examen clinique, la cuisse est en flexion et adduction : quelque peu d’atrophie, sans engorgement ganglionnaire : l'articulation ne présente nul empâtement, la flexion de la cuisse peut être augmentée, mais l’extension complète est impossible : l'adduction peut être exagérée, mais l’'abduction ne peut être obtenue.

L'examen radiographique montre alors des lésions très intéressantes caractérisées principalement par un éculement du toit de la cavité cotyloïde qui est usé à sa partie supéro-externe, amenant ainsi au bout de quelque temps la sub-luxation de la tête fémorale, intacte pour la plupart des cas et de contours réguliers.

’arfois cependant, il peut arriver que la tête s’atrophie: mais l'intégrité est la règle, contrastant ainsi avec les lésions destructives du cotyle. Celles-ci ont un aspect tout spécial : malgré la disparition presque complète de l’acétabulum, on n'a pas l'impression de sombre gravité que donne la destruction tuberculeuse de l'os en « sucre qui fond » suivant une forte image devenue classique : il semble que ce soit plutôt un effritement.

Plus que tout autre, cette coxalgie a une évolution excessivement longue, dix et même quinze ans, parfois: Mais jamais, écrit M. Frœlich, nous n'avons vu cette carie suppurer tardivement à l'opposé de ce que l’on constate dans la carie sèche de l'épaule.

Les malades qui en sont atteint vaquent d'habitude à leurs occupations sans soutien, tout au plus avec une canne; de temps à autre des poussées douloureuses se produisent durant lesquelles tout travail est impossible, le moindre mouvement, le moindre heurt occasionnant de vives souffrances; puis tout rentre dans l'ordre après quelques jours de repos jusqu'à ce que, après un temps très long, toute manifestation disparaisse, laissant rarement une impotence complète.

Il peut arriver alors que la flexion de la cuisse ayant fortement augmenté, l'adduction d'autre part, ayant

EN, RE amené la jambe malade à croiser le membre sain, la claudication devienne très pénible jusqu'à rendre la marche à peu près impossible.

Le redressement forcé, après section des adducteurs, ou l'ostéotomie sous-trochantérienne sont alors indiques.

Dans un travail du service de M. Génin, quelques faits analogues sont cités par Rotensheim et Roussel. Aux observations qu'a bien voulu nous offrir M. Frœlich nous en joindrons d'inédites dont les radiographies ont été prises au service de M. le professeur Guilloz.

OBSERVATION XI (Due à l’obligeance de M. le professeur FRœLICH)

Madeleine B..., d'Epinal, âgée de 18 ans est malade depuis l’âge de 7 ans. Elle se mit à cette époque à boiter de la hanche gauche et à avoir quelques douleurs dans le genou. Cela ne l’empêchait pas d'aller et de venir. Depuis cinq ans sa boiterie est plus considérable. Le père et la mère sont bien portants, elle à un frère qui tousse, qui est marié et dont le fils, âgé de 5 ans a une tumeur blanche du genou.

Examen le 20 février 1910. Il s’agit d’une fille bien constituée, elle marche en boitant, mais n’a pas cessé encore de faire le service de salle, dans le café de son père.

Depuis trois mois les douleurs sont fréquentes, elle a de la peine à monter et à descendre l'escalier. La jambe gauche est en légère flexion et adduction, tous les mouvements passifs sont possibles, sauf l’abduction ; quand on essaye de la provoquer, les adducteurs se tendent et la malade souffre. :

L'extension complète est aussi impossible.

Le grand trochanter est remonté de un centimètre et demi au-

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