‹ Des Différents Procédés D'Amputation Du Segment Antérieur De L'Œil: Avantages De La Suture En Bourse Et Du Capitonage Musculaire CombinésChapitre 18 sur 28 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

Renée V.., treize mois.

Rien de particulier dans les antécédents héréditaires. La mère est en bonne santé, ne présentant ni affection oculaire ni aucune autre.

Enfant né à terme, sans incidents particuliers. Trois jours après la naissance, ophtalmie purulente grave, soignée simplement par une sage-femme, avec de la camomille et de l’eau boriquée, Très rapidement, en 4 ou 5 jours, les cornées se prennent et s’ulcèrent. Il n’y a pas

proprement parler issue des milieux transparents de l’œil, mais formation de deux staphylomes cornéens, ne laissant aucun espoir pour la vision. La suppuration a duré quatre mois.

En février 1904, à l'Hôpital protestant, on pratique du côté gauche la staphylectomie. Mais l'infirmière n’ayant pas préparé l’instrumentation nécessaire au capitonnage musculaire, M. le Dr Lagrange, pressé par le temps, ne fait de ce côté qu’une simple suture en bourse, suivant le procédé de de Wecker.

Huit jours après, on fait pour l’œil droit la même opération, mais en ajoutant à la suture en bourse le capitonnage musculaire, pratiqué suivant la méthode exposée. Trois mois après, la petite malade quittait la maison de santé en excellent état; un séjour aussi prolongé avait été nécessité par une autre maladie tout à fait extra-oculaire. Elle se maintint ainsi en bon état, jusqu'au mois d’août de la même année. Vers cette époque, un nouveau staphylome commença à se montrer du côté gauche; il augmenta progressivement de volume, et quand on ramena l'enfant, au mois d'octobre 1905, la tumeur avait le volume d’un grain de raisin de grosseur moyenne, mobile, et ne paraissant pas douloureux. C'est surtout dans le bas que la suture en bourse a cédé; mais le haut ne paraît pas non plus très solide, et le straphylome augmentera probablement; nous l’avons suivi pendant quinze jours, et pendant cette période nous avons pu déjà constater l’augmentation (28 octobre 1905). A droite, le capitonnage musculaire a parfaitement tenu ; la mobilité du moignon est parfaite, et le champ du regard, non mensurable à cause du jeune âge de l’enfant, est excellent.

Nous avons eu dernièrement des nouvelles de l'enfant; le kyste avait fini par se vider et le moignon, quoique beaucoup moins volumineux que celui de l’autre côté, était néanmoins relativement bon.

Nora. — Cette observation est particulièrement intéressante par ce fait que l’on a procédé sans l’avoir voulu à une sorte d’expérience comparative; on peut y voir la supériorité du résultat obtenu par l’emploi du capitonnage musculaire.

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