Osée^ VI
PRl- FACK
phai'isions, prenant Taccessoire pour l’essentiel, le temporaire pour le permanent, ce qui n’avait été (|u’un moyen demandé par la grossièreté des âges antiques, [)our ce qui était le but à atteindre, ait conservé précieusement ce qui devait disparaître cl laissé presque entièrement de côté ce qui seul avait une valeur réelle, on ne saurait s’en étonner ; c’est là une méprise qui sc reproduit constamment dans l’histoire des religions, on pourrait en donner des exemples sans sortir de notre temps. Dans toute religion vivante et foncièrement spiritualiste, on peut toujours retrouver deux courants qui vont en sens contraire. Tandis que, par suite d’un développement continuel de la conscience, l’idée se dégage de plus en plus des formes concrètes sous lesquelles elle s’était d’abord présentée, il arrive que ces formes concrètes prennent d’un autre côté ime importance croissante, étouffent de plus en plus sous un vain cérénionialisine l’idée dont ell(‘s ne devaient être que le véhicule, et deviennent
enlin une religion vide„ formaliste, en réalité un
corps sans àme. La majorité s’attache toujours à
PRÉFACE
cette religion extérieure, qui parle aux sens ol- ne demande aucun effort à Tespril. Mais ce n’est pas dans les majorités que les idées s’élaborent et que se prépare la vie intellectuelle et morale des générations futures.
Jésus.eut-il quelques rapports avec les docteurs de l’école pharisienne spiritualiste et libérale? Eut-il du moins quelque connaissance de leurs tendances relideuses ? En l’absence de toute doii-
née historique sur sa jeunesse, on ne peut ni l’affirmer ni le nier. Il y a cependant en nous un certain sentiment secret qui nous pousse vers la négative. Je ne voudrais pas assurer que ce sentiment ne soit pas l’effet de notre éducation chrétienne. Mais quelle qu’en soit l’origine, il nous est dilTicilé de nous en défendre; ce n’est pas sans une répugnance bien prononcée qu’on se représente Jésus se préparant à son œuvre aux leçons de quelqu’un des docteurs de cette école.
■11 faut ajouter que ses discours ne ressemblent en rien à ceux des maîtres de la synagogue. Ceux
l'RÉFACIC
de ses contemporains qui eurent le bonheur de l’entendre paraissent avoir été tous frappés de ce caractère d’originalité *. Il parlait, pour employer une de ses expressions, d.e l’abondance du cœur *. Sa doctrine, malgré les analogies qu’elle offre en plusieurs points avec des enseignements antérieurs et des croyances généralement reçues de son temps parmi les Juifs de la Palestine, semble moins le fruit de l’étude et de la réflexion, que le résultat d’une perception spontanée, privilège d’un génie sans égal ou, pour parler le langage de l’Église, effet d’une illumination divine.
Et cependant on ne peut douter qu’il n’eût étudié h fond les écrits des prophètes et les livres de la Loi ; on en a la preuve dans une foule de passages de ses discours. On sait aussi qu'il avait profondément médité sur les croyances répandues de son temps dans la Palestine, puisqu’en les admettant, il en modifia plusieurs dans un sens spiritualiste. Enfin il avait soumis à un sévère examen la