PARTIE II. — DYSPEPSIES HABITUELLES
nuit, d'un sentiment de strangulalion, accompagné de troubles nerveux très-ijitenses et d'une insomni<e qui se prolongeait jusqu'au matin, et à laquelle contribuait Tappréhension que le. sommeil ne rame*nât de nouveau une aussi grande anxiété. Après quelques jours d'un meilleur régime, un premier repas très-léger, un diner suffisant, mais modéré, toute strangulation avait cessé et le sommeil était revenu.
Un autre effet non moins remarquable de la dys»pepsie stomacale est une^sorte d'afi'aiblissement de Tintelligence et quelquefois même des sens. J'ai vu souvent des individus qui avaient toute leur aptitude au travail dans les beures qui précédaient l'ingestion des aliments, et particulièrement depuis le lever jusqu'au premier repas. Pour le reste de la jourr née, ils étaient incapables de se livrer à aucun travail intellectuel, ou ne le faisaient qu'avec une fati^ gue excessive et immédiate. La simple lecture d'un ouvrage sérieux leur était presque impossible, et Tattention leur écbappait 'après quelques pages. J'en ai vu quelques-uns qui étaient obligés de s'abstenir même de toute conversation pendant les heures de la digestion stomacale. D'autres éprouvaient dans la vue une sorte de trouble, passager, qui ne leur permettait p^js de lire quelques lignes, vsans que la confusion des lettres les obligeât à suspendre presque immédiatement la lecture.
J'ai observé ce symptôme chez un jeune élève en droit, qui chaque jour, après un déjeuner trop copieux pour lui, à raison de la vie sédentaire et trop studieuse qu'il menait, était pris d'une telle faiblesse de la vue, qu'il se trouvait dans l'impossibilité absolue de lire^ ne fût-ce que quelques lignes. Un régime convenable et un voyage de quelques mois mit une fin à cette espèce d^ainblyopie.
J'ai rencontré quelques sujets qui éprouvaient après chaque repas "un affaiblissement tel de la voix, qu'ils ne pouvaient produire quelques sons qu'avec des efforts pénibles, et que malgré ces efforts, leur voix était si affaiblie et si altérée que toute conversation, même de quelques minutes, n'était possible ni pour eux, ni pour leurs interlocuteurs qui iînis* saient par né les plus entendre.
L'affaiblissement de la voix après les repas, est un phénomène exceptionnel : il en est tout autretnent de l'affaiblissement des lâuscles locomoteurs. Beaucoup de dyspeptiques sont obligés à un repos absolu, pendant une à deux heures après chacpie repas. Ils ont alors, selon leur expression, les jambes brisées, tandis qu'un homme bien portant iqui à taiangé à son appétit, se trouve, à ce moment, plus fort, en toutes choses, plus apte en particulier, à la iharche. C'est donc encote, à défaut tf autres, un signe de quelque importance, que cet affaiblissement musculaire qui suit- chaque repas. Chez quel-
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ques indhidus, il n'est pas porté au point d'imposer une immobilité absolue ; mais s'ils doivent se livrer à quelque exercice inaccoutumé, faire une coursé de qfuélques lietfe's, Ou aller à la chasse; ils s'àbstien^ Dent de déjeuner, ou ne prennent que la moitié au phis des aliments dont ils font habituellement usage à ce repas, pour être aptes à se livrer à l'exercice projeté.
J'ai vu des individus, atteints de dyspepsie mani* feste, chez qui la faiblesse musculaire se montrait surtout au réveil. — Bien que leur somfmeil fût calme en apparence, ils éprouvaient, en s'éyeillant, un sentiment de fatigue et de brisement, une sorte de courbature, qu'on ne pouvait rattacher qu'à la dyspepsie, dont, au reste, les symptômes locaux et sympathiques sont généralement plus prononcés la nuit que le jour. Sans avoir eu le sentitnent et le souvenir d'une mauvaise nuit, ils en éprouvaient au réveil les conséquences ordinaires.
' Les viscères renfermés dans le thorax offrefit souvent des troubles qui se lient également au tra^ yèAÎ digestif.' Ces ^ troubles s6nt dans quelques cas tnanifestemeht dus au refoulement de l'estômaô dis* ïëtiiu par des aliinents o^ par des gaz. Ils n'appar* tiennent plùd dès lors aux phénomènes sympathiques de la dyspepsie ,-' ils sont le résultat physique du ballonnement stomacal, sur lequel nous reh viendrons dians l'article consacré à la dyspepsie
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flatulente. Nous nous borneroDs ici à parler de Tin* fluence qu'exerce la dyspepsie gastrique sur la respiration et sur la circulation du sang dans le cœur, indépendamment de toute distension considérable <le l'estomac, soit par des gaz, soit par de» aliments. C'est ce qu'on observe en particulier cbez des sujets qui, connaissant la difficulté habituelle de leurs digestions et se réduisant à une quantité trèspetite d'aliments, n'en éprouvent pas moins des malaises de ce genre, à un degré plus ou moins prononcé. Les uns, après avoir pris quelques cuillerées de potage, de bouillon même ou de lait, et sans aucune distension de l'estomac, accusent une ^êne de la respiration qui persiste pendant tout le temps présumable de leurs digestions. Cette oppression dont ils se plaignent plus ou moins vivement n'est pasf toujours appréciable par le médecin : le nombre des actes respiratoires (inspiration et etpiration), n'est pas augmenté ou ne l'est que d'une quantité presque insignifiante. Mais chez d'autres, cette augmentation est très-manifeste, surtout s'ils font quelques pas, s'ils montent quelques marches après avoir mangé. Chez un assez grand nombre enfin, des bâillements plus ou moins, répétés révèlent plus clairement encore la gène de la respiration. .
J'ai vu cette oppression devenir très-manifeste et présenter un caractère remarquable d'intensité che^ un honune, qui avait l'habitude de i^uper forte*