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Des eaux thermales de l'échaillon en Maurienne essai

journaux de Savoie et de Turin j>nt excité déjà plusieurs fois l'attention publique sur les eaux thermales de S.

Jean en Maurieiine , où Ton se propose de former un grand établissement de bains. Le moment n'est pas encore arrivé de donner de ces eaux une analyse exacte , telle qu'on se propose de la présenter au Public. H importe d'attendre ,que par des dispositions nécessaires on soit parvenu à donner à Peau des sources la pureté dont elle est susceptible > en empêchant tout mélange d'eau étran-* gère. Ces dispositions qui tiennent w\

plan général n'ont pas pu être exéci** tées jusqu'à présent. . ,

Cependant plusieurs bains déjà ont été provisoirement élevés; e\ beaucoup die malades vont jouir des bénéfices de ces eaux salutaires. Plusieurs Médecins, soit de la Savoie, soit du Piémont ont témoigné le désir de connaître la nature de ces sources.

Ces! dans le but de les satisfaire sur ce point en général , et de leur annoncer les bienfaits qu'ik ont droit d'espérer de l'usage de ces eaux soit en bains 9 soit prises en boisson, qu'on a •jugé utile de faire précéder cette notice.

Nous nous dations qu une analyse complexe ne sera pas long temps retardée ; en attendant, Fessai que nous publions pourra servir pour les gens de Part à diriger leurs malades , qui voudraient en profiter.

Notions générales

T\clva\\\ofa e§t le nom d'un petit Village ci* Maurienne, très-près de la Capitale de la Province t'èst aussi le nom d'une grande montagne aux pieds de laquelle le village est place. C'est dans unfe jolie petite plaine entré la montagne , lé village > et la rivière qui l'arrose, qu'on trouve ces sources minérales* On y arrive de S. Jean en moins d'un quart d'heure par une route fort comode qui traverse du Sud au Nord la belle plaine qui forme le bassin agréable, et bien connu où est placée la capitale de la Mauriennc. On regrette que Cette belle promenade de la ville aux bains a ne soit pas encore aussi bien ouihragée qu'on le désire par des plantations

agréables; mais ce désir ne saurait tarder d'être rempli. Dans cette belle plaine éminément fer-

tile, la végétation y est luxuriante; l'adnii* nistration* de la ville est animée de beaucoup de zèle; les moeurs des ha bilans sont simples et respectueux; cet ensemble de circonstances en assure le succès. On trouve à S. Jean tout ce qui est nécessaire aux comodités de la vie, et à l'aisance; et quoique au sein de la Savoie, soit d'Italie, soit de Frànce, on y arrive par la plus belle route que Ton puisse désirer. L'air qu'on y respire est très-salubrej le climat fort tempéré. On y jouit en aoûf de tous les fruits du printemps, et d'automne. L'étranger est frappé d'y voir comme en Italie les graines de maïs jaunir dans leurs épis fanés; le raisin rougir dans les beaux vignobles des environs, et sa table desservie en même temps de fraises, et de cerises; d'artichauts, et d'as* pergea. Les environs sont propres à intéresser à tous égards. 11 serait difficile de former des voeux plus exaucés pour un meilleur ensemble de cofldi lions favorables à un établissement fciédicatj et on ne saurait désirer xm séjour

à h fois plus salubre , pltfs çwnqde^ et agréable*

Mécis historique

des soVr^es: >

connaissance dé ces sources n'est rien

moins qu'une découverte dé nos fdùrs. Presque tous les historiens de la Satôie en font mention; la tradition eh fait remonter la découverte à une antiquité reculée et d'après quelque phrase des écrivains on pourrait croire > que des bains y ont existés, et été détruits par tes eaux de la montagne , ou de la rlvière*, mais ce hë fcont là que des conjectures. La connaissance de leurs bons effets dans les maladies , la véritable époque de leur renommée, qui fut bientôt étendue , soit en Savoie , soit en Piémont , ne remonte pas encore à ni siècle et demi. On la doit à unjttédeciri de S. Jean j M. Favre, qui commença en fairfc

des essais en 1696, en éprouva des succès merveilleux , et les mit fort en vogue bien au-delà de la Maurienne et de la Savoie* Du commencement da siècle suivaht on en exportait en Piémont, et autres pays éloignés $ on avait appris que leur vertu n'était point affoiblie par le transport , et on en éprouvait par tout des effets salutaires marquans. C'est â cette époque, que très-apparemment par ordre de la Cour, M. Fantoni Médecin du Roi, et Professeur de Médecine à l'Université R. de Turirt fut chargé de les visiter, et en fit une analyse aussi bien faite qu'il était possible de la faire en ce temps-là. Le travail de Fantoni se trouve parmi ses opuscules de Médecine imprimés à Genève en 1738.

Jusques-là cependant il n'était question de ces eaux que pour un usage en boisson* On ne trouve nulle part qu'on les ait essayées en bains. Peut-être on n'en a pas formé le projet parceque l'approche dçs sources était en ces temps-là très-difficile. Ce n'est que peu avant l'année 174° q ue l ,Qn commença les employer en -bains-, c'est du moins l'époque où le Roi Charles a fait construire à ses

frais £our le service publié , le réservoir qui existe maintenant , à différents compartiments pour bains. Ce Prince en avait ordonné un nouvel examen , dont il avait chargé son Mé* decîn le Docteur Bianchi , Professeur à l'Uni* vcrsité Royale de Turin. C'est apparemment à la suite, et en conséquence de cet examen feit par le Professeur Bianchi que le Roi Charles en a fait lui-même usage pendant Tannée 1740 avec tout le succès qu'on espérait. Gcs renseignements se trouvent consignés dans une dissertation dédiée au Roi Charles, qui n'a pas été imprimée , et dont on con* serve le manuscrit dans les archives de la Capitale du Comté. Cet écrit de Monsieur Borellî exerçant la Médecine à S. Jean est daté de 1741 ; c'est une espèce d'analyse, et de traité médical de ces eaux. Nous aurons occasion d'en faire un plus grand usage lorsqu'il sera question de traiter de ces eaux d'un* manière plus étendue. Ici nous nous bornerons à remarquer qu'il peut paraître curieux 5 que BoreUi dans cette dissertation ne fait nulle part mention du travail de Fantoni , qu'il paraît ne pas avoir connu j non plus que dm

observations sur ledr efficacité médicale découverte par son compatriote le Docteur Favre; i L'institution de rAccadémie Royale de^ Sciences; i|ui dé sa naissance se proposa Texa-i men de toutes les ëaiîx minérales de l'État, iious a fourni auâsi quelques faits sur ces eaux; Mous devons à Bon voisin de savoir que c'est encore à la munificence Royale , et au zèle de M. de S* Real, alors Intendant de la M aérienne, que Ton doit le beau pdrik sur l'Arco, que le Roi y a fait construire pour faciliter aux babitanà en toutes saisons Tubage des eaux de ces sources. Au Professeur Bonvoisin lai médecine doit d'avoir appris la première fois que ces eaux occupent une place parmi les acidulés"; ce que nous n'avions appris ni de Fantoni, ni de Bianchi, ni dé Borellr

Enfin la Mauriénne sera reconnaissante au uèle , et àiix soins dé M. de Fernex , Vice-. Intendant de la Provincè, et de. M. Deschamps, Syndic de la Ville 5 à la protection éclairée de Messieurs lë Chevalier Roget de Cholex, Régent le Ministère de l'Intérieur , et Comté de Salmour Gouverneur général de la Savoie, et en dernier résultat à la toute-puissante,

et inépuisable munificence de cette Auguste Maison , dont la Maurienne a été le ber-»

ceau , de l'édifiée médical plus important qu'elle roi t s'élever pour la* plus grande prospébîté de la Savoie, qui a su dernièrement si bien prouver dé les mériter.

Des Sources, des Propriétés Physiques

des Eau Xi

Les

sources étaient au nombre de deux ai* tems de Favre, qui assigna à chacune un, i*om* La supérieure a été qommée la Caro-> /«te, l'inférieure la Vittoria. Maintenant les Sources sont au nombre de deux, pu trois encaissées dans un réservoir commun construit en pierres de taille d'une épaisseur énorme , sans doule pour plus sûrement en écarter le mélange d'eau étrangère, soit par la fonte des neiges de la montagne, soit parles* débordement de la rivière. Il est plusque douteux que. ce but soit biw reiupli ; d'ailleurs d*a réjpa*a>

lions sont nécessaires lors même que la dispô- 5 si don actuelle aurait tout .son effet. Le réservoir est découvert; formé en différentes divisions à sa base pour l'usage des bains. •

Les eaux jaillissent de bas en haut des fentes d'un grand rocher granitique ; et en très-grande quantité , dont l'excédant à la capacité du réservoir ta se jetter dans la rivière au moyen d'un tuyau, et d'un canal de décharge. C'est par ce tuyau qu'on a jifa déterminer au moins par approximation la quantité qu'elles en fournissent. Cette quantité d'eau est de six brentes de Piémont , soit trois-cent bouteilles ën trois minutes ét trentequattre secondes. Ainsi tout en attendant unfe plus grande quantité d'eâu , que des meilleurs sdins ne peuvent manquer de procurer , cellé qu'elles fournissent, et qui suffit à-ped-près à vingt bains par heure, excède celle qui est nécessaire à un gfand établissement, et a Un concours bien ndmbreux de malades.

Un fluide a^riformfe^ dont on parlera ciaprès , jaillit en même temps des fentes de Ce même rocher , et des bulles nombreuses de

gaz agitent Veku saûs cesse, et viennent créver à sa surface.

Plusieurs chiambres à bain» en bois, cyieh

lum , et une salle à caffè ont été établies provisoirement à côté, et aux alentours de ce réservoir , dont les eaux élevée» par une pompe feont conduites dans les réservoirs à bains des chambres , et déchargées en suite dans la rir viere. La ville de S. Jean , et la Maurienne doivent ces dispositions préliminaires , et ces premiers essais d'entreprise aux soins de M.

Courtms, dont on ne saurait assez louer l'actif vité, et le zèle,

La température de ces eaux est de 3i à 3a degrés, échelle de Réaumur. On regrette

que personne ne Tait déterminée parmi ceux qui les on\ examinées anciennement. Fantoni se Jwne à dire celle de la Caroline moderemment chaude , et moins chaude celle de la Vittoi ia. Borelli ne dit pas un môt de la température T pi Bonvoisin non plus. Parmi les habitans plusieurs annoncent l'avoir observé brûlante. Lç temps seul décidera et de son intensité , et de sa constance. Ce dont on peut se flatter avec fondement c'est qu'elle doit s'augmenter rfès r instant que l'on ^ura hieu écarté le mé-

lange de toute eau étrangère froide , lorsque le réservoir sera couvert, et le calorique sera retenu judicieusement par des corps moins conducteurs que l'eau commune , et l'air san* çesse renouvellé.

Ces eaux sont très-limpides; quoique par le repos elles déposent souvent quelques parties, qui ne spnt que très-peu de molécules de sable très-fin suspendues par l'agitation continuelle effectuée par le développement du fluide* aê'riforme. . ... « * - - vr :\ » * « * ♦

L'odeur de ces eaux très-diffiéremment définie far tous ceux qui les pot examinées, ne nous a paru que celle de l'eau tiède. ' <

Ces eaux qui très^certaineittcat sont acides, ne produisent guèrea par leur saveur une impression qui l'annonce. C'est sans doute pareequ'une sauveur saumâtre et amère prédominante amortit la

P L'action de la chaleur décompose ces eaux.

À une température de 60 à 70 degrés de Réaumur deviennent laiteuses , et beaucoup plus intensément par l'ébuHitiori;* L'eau même des sources rélablit leur limpidité; et si on les a livré au repos , même après lçur re-

prémière.

^idissement le précipité se résout par l action même d'une portion d'eau des sources

Le piment formé par Action de la cba.

leur long temps continuée se dissout entière! »ent par l'acide acétique foible. ,

La solution acétique donne des indice, foi* blement «arqués de bleu de Prusse aveo le prussiate de chaux.

Un précipité blanc par l'ammoniaque, qui pest que de la magnésie.

- Et pai le souscarbonate de potasse* ua précipité sub^qnent de souscarbonate de chauxt r la pesanteur spécifique des eaux de PÉchail* km est 100a. ;

9* Gaz qui iAit^r DES Sources

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