‹ Des eaux thermales de l'échaillon en Maurienne essaiChapitre 4 sur 5 · c La Perrière près de Mouthiers en Ta* ran taise · texte numérisé non relu

c La Perrière près de Mouthiers en Ta* ran taise

4« e L'Echaillon, ou à mieux dire à S. Jean en Mauriennç.

Nous pouvons maintenant comparer les eaux de ces différents établisseinens , toutes bien connues ; il èst même bon de le faire pour servir de règle soit aux malades, soit aux gens de 1 art.

Les eaux d'Aix sont reconnues sulpbureuses par des analyses bien faites dans ces derniers temps par trois Chimistes estimables, Daquin^ Bonvoisin , et Soquet un de mes élèves distingués. E\les diffèrent, et n'ont rien de commun avec les eaux des trois autres établissemens , qui ne sont pas sulpbureuses.

Celles de S. Gervais ont été analysées par Pictet, J urine , et Tingri. Elles ont des rapports avec celles de rEehaillon, ou de Saint Jean , en ce qu'elles sont acidulés par de l'acide carbonique libre; en ce que, comme celles de Saint Jean, elles contiennent du carbonate solubie de chaux j en ce que, comme celles de

Saint Jean, elles contiennent du sulphaté, efc du muriate de soude. Ces eaux diffèrent Tune de l'autre en ce que dans celles de Saint Jean il y a du carbonate soluble de magnésie et de fer , et du sulphate de magnésie qu'on re trouve pas dans celles de Saint Gervais j En ce que celles dfe Saint Gervais contiennent du pétrole , qui n'est pas dans celles de Saint Jean; et en ce que daas celles de Saint Jean la proportion de muriate de soude est plus forte.

Je connais trois, analyses des eaux de la Perrière; Tune iusérée dans le Journal de Pharmacie par le Docteur Hybord ; l'autre qui n'a pas été imprimée, par M* Michelotti : une troisième par M. C&nlù, mon aide à l'Ecole de Chimie. J'ai analysé moi-même ces eaux sur le lieu. Ces eaux ne sont pas sulphureuses comme on l'avait annoncé d'après des donnés qui n'ont rien de commun avec les eaux des sources. Elles ne sont non plus acidulés ; elles n'ont donc rien de commun ni avec les eaux d'Àix qui sont sulphureuses , ni avec celles de Saint Gervais , ni avec celles de Fiichaiilon qui sont acidulés , tandis

qtfe celles de la Perrière sont purement salines. Elles se rapprochent de celles de Saint Jean en ce qu'elles contiennent comme cellesci des carbonates solubles de chaux et de magnésie ; Elles se rapprochent de celles de Saint Gervais en ce qu'elles contiennent du carbonate soluble de chaux. Elles diffèrent de celles de Saint Gervais et de Saint Jean en ce qu'elles né contiennent point d'acidd carbo- Aiquc libre; de celles de Saint Gervais en particulier, en ce qu'elles contiennent du carbonate soluble de magnésie, qui n'est p࣠dans celles de Saint Gervais , et en ce que *IIes ne contiennent pas de pétrole qu'on as*sure être contenu dans celles de Saint Gervais ; de celles de Saifit Jean en particulier en ce que dans celles-ci il y a de T acide carbonique libre, qui n'est pas daijfc çélles de la Perrière , et que le Sel commun est dans celles de Saint Jean beaucoup plus abondant.

De l'efficacité Médicale

, t de l'eau de l'Echaillon.

Si les expériences de Withe, Brande, Falconer, Brugnalelli ,sur l'action dissolvante des solutions alcalines , de celles de chaux et dé magnésie sur les concrétions caculeuses formées par les acides uriqùe , et phosphorique sont exactes , les eaux de l'Echaillon, qui sont une véritable eau naturelle alcatino mephiti* que doivent Jouir d'une graride vertu contre ces maladies rébelles, et par suite dans les maladies artritiqueç. En général elles doivent être lâxativçs, exercer une grande action dissolvante. . «. ,

Favre, qui le premier les mit en vogue, les proclamait comme spécifique contre toutes les maladifcs ; mais Fantoni , dont on doit toujours respecter le savoir, autant que la sage réserve qui caractérise le Médecin prudent , n'a pas manqué de mettre des bornes à ces exagérations -, Illud , nous dit-il , parlant de Favre , alioquin optimo 7 et rei medicae pe-

*?/<> ignoscendum est , qui vel ignotas , vel penilus neglectas tiquas primiis àd polum adhibendas curasset, si nirnium aliquando in earum celebrandis laudibus , prope umversalem islam esse medicinam praedicaret*

Fantoni, qui en avait souvent fait usage , et qui s'étoit procuré aussi des renseigne mens divers par d'autres Médecins , qui souvent en avaient essayé les effets , nous a laissé sur la vertu médicale de ces eaux des notices exactes , en peu de lignes ; nous en rendrons compte par ses propres paroles. . . . Ahum , dit-il , mwere soient ; maximeqiie per vias uriiiae secedere. Cibi appetifum excitant , et vwidum faciei colorem pler unique indue uni iis , qui ex morbo pallorem contraxerant* Quorum corpora copioso potu abstergi, atque inaniri conligit 9 vix ullam virium imbecillitatem sentiunt ; sed aliquanlum hi potius gracilescunt ; qui tamen bonam habitudinem brevi récupérant, et valenliores fiant.... Tarn « D. Favre , tiuli ab aliis experierUibus Medicis praesertim îïi lentore sanguinis , owniumque humorum ; in obstructis glandu- Us, et visceribiis ; in tardis quibusdam f*-

bribus ; affectione hy]rocondriaca , pulmô— m's calharro ; suppressis mensibus , clorosi eaeierisque ejusmodi ïnorbis , utililer datas audhnmus ; et nostra quoque obseivalione non paucis profuisse afflvmamus. Porro egregium ad Bronçocellem id sane remedium est.

El iiisi antiquus tumor indurueril , omîtes eo laborantes aquarum potus miralnliter adjuvat.

Il est bon de remarquer qu'il n'est question H que de ces eaux prises en boisson; les gens de l'art jugeront de leurs eflet administrées en bains.

Il est bon d'observer encore • ce que nous avons fait remarquer de la différence dans la force de ces eaux en les comparant tlans la proportion de leurs principes à l'époque oïl Fantoni les a examinées , et à celle d'une amélioration marquée après une meilleure concentration dans \m réservoir , qui s'il ne les met pas à l'abri tout à fait de tout mélange d'eau étrangère , au moins en a écarté une portion considérable. Il est à croire que avant rétablissement de ce réservoir , les eaux de l'Arco pouvaient plus aisément s'y mêler \ Fantoni en effet témoigne des craintes qu'elles

ne soient par le courant de cette rivière emportées , et perdues.

Les observations des gens de lart qui exercent la Médecine à Saint Jean, sont conformes à celles de Fantoni. M. Falco , qui exerce avec distinction la médecine dans çette ville depuis dixsept ans, nous a communiqué quel-, ques observations de ce genre, dont nous al- Ions rendre compte.

Des dames qui ont accouché heuresement, et qui n'ayant pas allaité leurs enfans , ont éprouvé une suppression subite de lait , suivie de douleurs dans l'hypogastre, dans les extrémités inférieures , qui $ont devenues infiltrées , ^près avoir employé inutilement plur sieurs moyens curatifs , ont été enfin conseiU lées par M, Falco de faire usage des eaux de FEchaillon, qui ont occasionné des evaçuations alvines, et des urines abondantes, dont le sédiment étoit blanchâtre , et copieux. La guérison en fut complette,*

Trois personnes atteintes depuis quelque temps de la jaunisse , ont été guéries en buvant ces eaux. M. Falco a observé, que plusieurs personnes atteintes du goitre , de tur

meurs glandeuses , de scrofules ont éprouve les meilleurs eîicts de l'usage de çes caux % Il en a prescrit souvent à quelques personnes atteintes de dartres, qui en ont obtenu leur guérison. Il a souvent vu, que ceux qui avaient éprouvé des fièvres intermittentes suivies d'obstructions dans les viscères du basventre , ont obtenu leur rétablissement par l'usage de ces eaux en boisson. Plusieurs personnes atteintes de rhumatisme chronique, qui marchaient avec gène, ont été guéries en pre-

uant des bains dans les eaux de PEchaillon.

On voit chaque jour, dit M. Falco , que ceux qui ont des embarras gastriques , et qui sont menacés de lièvre bilieuse sont promptenient guéris en buvant de ces eaux purgatives, qui ne fatiguent point l'estomac , lors même qu'on en prend des quantités énormes. Les enfans , les adultes , les vieillards tous s'accoutument aisément à leur usage.

Heureux , dit M. Falco en terminant , et nous le répéterons avec lui ; heureux si mes observations peuvent convaincre , que l'usage intérieur , et extérieur des eaux thermales de FjLehailion est utile dans plusieurs maladies*

J'aurai par là contribué / au" soulagement de é, que les Médecins ne doivent jamais perdre de vue.

A. .-• .;; • \ - \ < KfS 7

F. se ne permette la Stampa :

fiESSOJNE per la G. Cancelleria.

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