C. — Le catalogue de Laurent Pignon
Laurent Pignon, de Sens, où il prit l'habit des Frères Prêcheurs, devint un personnage de marque dans son ordre. Maître en théologie (1412), confesseur du duc de Bourgogne Philippe le Bon, il devint successivement évêque de Bethléem (1423) et d'Auxerre (1432 f 1439) 1. Il a composé un Catalogus fratrum spectabilium ordinis fratrum Praedicatorum, dont la sixième section contient le Catalogus fratrum qui claruerunt doctrina2. Ce catalogue n'est autre que la Tabula scriptorum que nous connaissons déjà. Les additions qu'on trouve chez Pignon sont peu considérables, et Denifle les a indiquées en variantes dans son édition de la Tabula3.
Le catalogue des écrits de saint Thomas, tel que la Table nous le donne, a été reproduit littéralement par Pignon, avec quelques très rares modifications que nous allons indiquer.
D'abord, Pignon complète l'énumération de la Tabula en ajoutant un des écrits authentiques que sa source avait omis. Il place après le numéro 84 de la Tabula : [846^] Item contra Guillelmum de sancto amore 4. Mais la Tabula avait donné cet ouvrage sous le n° 28, sans dire qu'il est contre Guillaume de Saint-Amour. Le numéro
1 Quétif-Echard, Script. Ord. Praed., I, p. 804 ; Chapotin D., Les Dominicains d'Auxerre, Paris, 1892, p. 113 et suiv. ; Eubel, Hierarchia catholica, I, p. 139 ; II, p. 112.
2 Paris, Nation., lat, 14582 (ancien Saint Victor, 650).
3 Archiv, II, p. 191 et suiv.
4 Loc. cit., p. 238, note 2.
96 DES ÉCRITS AUTHENTIQUES DE SAINT THOMAS d'AQUIN
omis par la Tabula est le Contra retrahentes a religionis ingressu, contra Geraldos. Son texte nous permet aussi de corriger le bourdon de la Tabella, au numéro 80. Il ajoute aussi au numéro 24 : quod vocatur compendium sancti thome, ce qui est exact. Mais il dit aussi : ad Urbanum papam quartum, ce qui est une erreur, ainsi que dans la Tabella, l'écrit étant dédié à frère Raynald.
D'autre part, le catalogue de Pignon introduit ceci après le n° 23 de la Tabella : [23ÔW] super boethium de consolatione. Cet ouvrage est un apocryphe, et il paraît ici pour la première fois.
Ainsi donc, on le voit, le texte de Pignon, comme celui de Herford, n'est qu'une réplique de celui de la Tabella à l'égard duquel ils jouent l'un et l'autre le rôle d'un deuxième et troisième manuscrit.
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