INTRODUCTION
La haute valeur des travaux d'AMBARD et de son école fit la fortune pleine d’espoirs de la constante uréo-secrétoire dans l'exploration fonctionnelle des reins.
Elle est admise par la majorité des auteurs. Certains, pourtant, y firent obstacle, critiquant théorie et applications. AMBARD, lui-même, exposa ces critiques pour les discuter dans un article de la Presse Médicale, en 1928. CHABANIER et LOBO-ONELL prirent la défense de la constante dans leur beau livre L’exploration fonctionnelle des reins.
Il ne nous appartient pas d'exposer et de discuter le bien-fondé des thèses de chacun. M. le Professeur ETIENNE accorda toujours crédit à ce mode d’exploration, à condition de ne pas se référer au chiffre global de la formule, mais de s'appuyer sur l'interprétation de chacun de ses facteurs, leur donnant une valeur propre et un pouvoir de contrôle.
Dans l’étude des urines séparées, bien avant la Contiaissance des lois d’AMBARD, la concentration uréïque fut considérée comme le critère fonctionnel du rein. CATHELIN accepta ce critère, mais ALBARRAN le trouvait en défaut dans 16 % des cas. Aussi, fut envisagée la notion du débit. ALBARRAN enseignait qu'un rein débitant 0,75 gr.
durée, en 2 heures était un rein médiocre, un rein débitant dans le même temps 1 gr. 10 était un rein satisfaisant.
Mais, là encore, l’étude du débit aboutit à des mécomptes, par la production de « faux débits », du fait d’une azotémie anormale.
On peut, ainsi, juger de la nécessité de considérer simultanément les trois facteurs de la secrétion uréique: concentration et débit dans les urines, taux dans le sang. Leur étude comparée aboutit à l'établissement, par AMSARP, de la constante uréo-secrétoire ; le chiffre, qui l’exprime, cst d'une interprétation si facile que, bientôt, beaucoup négligèrent d’en voir les facteurs et les enseignements si riches qu'il est possible d’en tirer. Il faut avouer que l’interprétation est, parfois, pleine d’embüches, nombre d’observateurs durent en être rebutés.
Nous avons recueilli quatre-vingt-deux observations de malades hospitalisés à la Clinique médicale B., 4e M. le Professeur ETIENNE. Tous ont été suivis par nous; près de soixante-dix d’entre eux subirent notre exploration rénale complète, parfois même renouvelée.
Les examens de laboratoire ont été faits au Laharatoire Central des Cliniques, sous la direction effective de M. le Docteur VERAIN. Nous avons eu la chance de trouver, là, des techniques de recherches irréprochables, empressées, diligentes de la part de ses collaborateurs et, en particulier, de M. LAFAILLE, Ingénieur Chimiste.
Que M. VERAIN trouve, ici, l'expression de notre reconnaissance pour l’aide sans réserve qu’il nous a apportée
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dans notre travail, dont il a une large part. Nos rertercie ments vont également à ceux qui nous ont apporté une aide précieuse au cours de nos travaux cliniques, à nos camarades LEGAIT et TIGER, Externes des Hôpitaux.
Le plan de ce travail sera le suivant :
PREMIÈRE PARTIE Déterminations pathogéniques et fonctionnelles urinaires.
IL — Considérations physio-pathologiques avec classification proposée des états rénaux.
II. — Exposé de la technique adoptée pour l’exploration rénale.
IT. — Interprétation des résultats obtenus.