‹ Des Endométrites Infectieuses: Rôle des micro-organismes dans la pathogénie des maladies des femmes; Essai de thérapeutique utérine antiseptiqueChapitre 2 sur 22 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Il y a quelques années encore, imbu de l'influence mystérieuse des diathèses sar la production des métrites, des endométrites, des hypertrophies et des ulcérations du col, on traitait à peine localement

ces affections.

Toute la thérapeutique consistait à toucher le col utérin avec un liquide plus ou moins modificateur; Courty avait cru faire beaucoup en introduisant dans la cavité utérine un crayon de nitrate d’argent,

‘exemple suivi par les praticiens les moins timorés.

Le traitement était symptomatique.

L’ulcération étant le reflet de la maladie utérine, le traitement dirigé contre elle n’était que palliatif.

Il est vrai que l’antisepsie n’était pas découverte; et toute tentative

opératoire, toute manœuvre un peu hardie sur l’utérus était suivie

de mort par péritonite, par phlegmon pelvien, ou par infection purulente.

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Cette perspective peu encourageante ne pouvait que commander l'abstention, et cela d'autant plus que la plupart des opérations gynécologiques n’ont que fort rarement les caractères d'opérations d'urgence.

Cette aptitude à l’infection explique pourquoi la gynécologie a fait si peu de progrès pendant si longtemps, et est restée presque exclusivement médicale.

Aujourd’hui, grâce aux belles découvertes de M. Pasteur, qui ont ouvert une voie nouvelle à la chirurgie, la thérapeutique utérine a bénéficié des procédés antiseptiques.

Aussi, existe-t-il moins de récalcitrants, moins de partisans d’une expectation constante en gynécologie.

La constance des bons résultats opératoires de la thérapeutique intra-utérine bien entendue et maniée par des hommes experts dans les rigueurs de l’antisepsie moderne; l’innocuité des opérations, le nombre considérable de cas publiés sans aucuñ accident ont ouvert les yeux des classiques les plus endurcis dans les vieilles méthodes.

Mais ce que l’on ne s’est pas assez demandé, c’est comment agissaient ces antiseptiques, en d’autres termes sur quels microbes pouvait s'étendre leur sphère d'action.

C'est cette lacune que nous allons essayer de combler; ce sont les recherches que nous avons faites pendant trois ans consécutifs sur les micro-organismes de la cavité utérine que nous allons exposer en insistant sur les modifications qu’ils apportent dans la pathogénie des affections utérines, c’est le bon résultat d’une intervention logique et rationnelle dirigé contre ces micro-organismes que nous allons publier.

Nous pensons que nos premiers travaux seront confirmés par des recherches ultérieures ; et qu’il n’est ni prématuré ni trop hardi de prévoir que dans un jour prochain sans doute, on pourra compléter

les quelques anneaux qui manquent, dans le cas qui nous occupe,

pour constituer cette chaîne non interrompue que représente la patiente et rigoureuse méthode introduite dans la science par Pasteur pour l'étude de chaque micro-organisme en particulier.

Si la conception des affections utérines est entrée dans une voie nouvelle, nous serons heureux d’y avoir contribué pour notre faible part.

Dans le cours de notre internat passé à l'hôpital Beaujon et à l’hô-

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pital Bichat, nous avons été à même de voir combien les résultats de la thérapeutique intra-utérine antiseptique étaient remarquables.

Cette année même, nous avons suivi de nouveau les malades traitées de la sorte, les années précédentes : soit à l'hôpital, soit en ville ; et toujours nous avons été émerveillé des avantages retirés de cette médication toute moderne.

Ce qui, à nos yeux, donne le plus de valeur à cette étude, c’est qu’elle a été entreprise à l’instigation et poursuivie sous le contrôle de notre excellent maître, M. le Dr Terrier, qui n’a cessé de nous prodiguer ses précieux conseils et ses bienveillants encouragements, pour lesquels nous le prions de bien vouloir accepter ici l’expression de notre vive gratitude.

De plus, notre maître a bien voulu nous faire part de quelques faits observés dans sa clientèle. Cette nouvelle preuve d'intérêt jointe à la reconnaissance que nous lui devons pour l’enseignement que nous avons reçu de lui, pendant notre externat, notre internat provisoire et notre dernière année d’internat, nous autorise à profiter avec joie de l’occasion qui nous est offerte pour l’assurer que nous ne perdrons jamais le souvenir du temps trop court pendant lequel nous avons eu l’avantage de recevoir ses leçons.

Nous ne saurions également trop remercier nos maîtres dans les hôpitaux, M. le professeur Dieulafoy qui a bien voulu nous faire l’honneur d’être notre président.

MM. les Drs Hérard, L. Labbé, Le Dentu, Segond, Quénu, Richelot, Blum, Peyrot, Jalaguier, Horteloup, Desprès, Gingeot, Gombault et Schwartz de l'intérêt qu’ils nous ont porté pendant toutes nos années d'étude.

Que notre collègue, M. le Dr Hallé, veuille bien recevoir aussi nos remerciements. C’est lui qui nous a initié aux recherches bactériologiques : et, grâce à ses bonnes leçons, la tâche nous a été rendue plus facile dans le laboratoire du professeur Cornil, où notre maître le Dr Chantemesse et notre ami et collègue M. Fernand Widal nous ont aidé de leur expérience et de leurs conseils.

Nous n’oublierons pas non plus notre collègue et ami M. Isch-Wall qui nous a octroyé la permission d'opérer quelquefois dans son service. MM. Paquy et Courtet, externes des hôpitaux ontapporté le plus grand soin à recueillir plusieurs observations.

Qu'ils reçoivent ici nos sincères remerciements.

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