Des épidémies
Le sort in’a imposé une rude tâche, en me donnant à traiter, dans l’espace de quelques jours, une des plus grandes questions de la pathologie et de l’hygiène. Je pouvais me borner à exposer l’état de la science sur cet incommensurable sujet des Épidémies. C’eût été une affaire destyle, ou plutôt de paraphrases, et je n’aurais pas eu besoin, pour une telle besogne, de travailler chaque jour pendant dix-huit heures. Mais je n’ai pas de goût pour ces sortes de productions, au moins pour m’y mettre de ma personne, et j’ai eu l’ambition de faire plus : périlleuse ambition! J’ai voulu établir une doctrine et faire converger vers une seule idée, que je crois vraie, tous les éléments de la question, analysés et contrôlés à nouveau. Je suis arrivé ainsi à une formule doctrinale qui, si je ne me fais illusion, fournit une base
solide à la partie pratique, c’est-à-dire à la prophylaxie. Chemin faisant, j’ai donné place à une masse de détails, la plupart lésumés en tableaux, que j’ai composés moimême sur d’autres tableaux, ou d’après des recherches qui me sont personnelles. En un mot, j’ai fait ma thèse comme j’aurais fait un livre, sans me préoccuper du concours autrement que par rapport au temps fixé, et sans souci de l’argumentation, que je désire ardemment, pourvu qu’elle porte sur le fond des choses. Et si d’ailleurs , par ma faute, la discussion était contraire à ma cause, j’en appellerais, pour celle-ci, des hasards de la dispute oratoire à une lecture réfléchie. Quoi qu’il arrive de ce concours, j’aurai la satisfaction d’avoir été jusqu’à l’extrême limite de mes forces pour faire une oeuvre utile, surtout aux élèves, qui, dans ces questions de contagion et d'épidémie , sont arrêtés et troublés par les plus grandes difficultés.