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CHAPITRE V. — Influence de la force et de la santé

3’accepte la thèse de M. Lévy : constitution c’est force. Mais cette force s’exprime moins par la vigueur musculaire que par la résistance aux causes de destruction. La femme est assurément moins forte que l’homme au point de vue du dynamomètre; mais elle résiste davantage dans la lutte silencieuse que la vie soutient à chaque minute contre la mort ; elle résiste davantage au temps, qui est la grande cause de destruction. Cette question de l’influence de la force sur le développement des maladies épidémiques comprend une foule d’éléments divers; tout y rentre : âge, sexe, puberté chez les femmes, professions débilitantes, habitudes, etc. C’est un problème qu’il faut aujourd’hui se borner à poser dans ses termes complexes, en se référant à une donnée générale ayant cours et notoriété, savoir : que la faiblesse radicale, la cacochymie,, l’état de maladie, sont des conditions funestes dans les temps d’épidémie. Combien n’avons-nous pas eu d’occasions de le vérifier, pendant le dernier choléra, à Paris ! Je me rappelle un cas entre beaucoup d’autres. Un capitaine de dragons, homme athlétique, est pris tout à coup d’une angine œdémateuse. Les accidents marchent avec une effroyable rapidité. La trachée est ouverte; la vie revient. Tout fait présager une issue favorable. Mais nous sommes aux derniers jours du règne du choléra (1849'', et, au milieu de la joie de la famille et des projets d’avenir, la fatale influence s’empare de l’opéré. Il se refroidit, il bleuit, et

il meurt sans oppression, sans souffrance, l’espril libre et l’âme ferme. J’ai vu chez plusieurs malades, notamment chez une personne enlevée depuis à ses affections {quarum pars magna fui), naître les premiers accidents du choléra, et toujours (oserai-je le dire?) j’ai été assez houi eux pour arrêter la marche de la maladie au moyen de l’éther et du laudanum à haute dose, administrés à intervalles rapprochés, jusqu’à cessation des symptômes. Le tableau 17 du rapport de M. Blondel {Mouvement recapitulatif, pur sexe et par établissement, des malades traités dans les hôpitaux et dans les hospices, avec distinction des cas déclarés au moment de l’admission ou dans les cinq premiers jours qui l’ont suivie, et des cas constatés sur les malades qui étaient depuis longtemps dans les établissements, etc.) donne, pour le chiffre total de 12,280 cholériques, la proportion considérable de 1,708 invasions dans l’intérieur des établissements hospitaliers (hôpitaux généraux et spéciaux). Celte proportion s’élèverait à 4>ioo, en y comprenant les invasions des hospices et maisons de retraite (2,397); sous le rapport de la santé de la popidation, on ne saurait logiquement confondre les maisons de retraite avec les hôpitaux.

Quoi qu’il en soit, ce chiffre de i ,708 invasions dans l’intérieur des hôpitaux civils indique assez l’influence de l’état morbide en général sur le développement du choléra.

J’ai composé les deux tableaux suivants, d’après les tableaux n°‘ 29 et 3o du rapport de M. Blondel. Ils indiquent notamment la proportion d’aliénés atteints du choléra en 1849, àeen?» \’ Hospice de la Vieillesse- Hommes et dans \ Hospice de la Vieillesse -femmes.

Ils se rapportent , en outre , à la question d’âge et de sexe.

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