‹ Des Éraflures et des Contusions de l'EstomacChapitre 4 sur 19 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Sur le conseil de notre éminent Maître, M. le professeur . Forgue, nous avons choisi comme sujet de thèse inaugurale les éraflures et les contusions de l'estomac par armes à feu.

Il ya peu de temps encore, ces lésions n’ävaient pas attiré l'attention des chirurgiens, qui pensaient qu'un projectile ne produisait, en fait de lésions graves, que des perforations. Notre Maitre, M. le professeur Forgue, fit, en 1901, une laparotomie pour un coup de feu de l’épigastre, et son blessé succomba le troisième jour dans des conditions tout à fait inattendues ::la balle avait produit par contusion un ulcère gastrique qui s'était digéré par la suite et avait tué le malade par hémorragie. Ce cas malheureux, malgré Îles conditions particulièrement favorables dans lesquelles l'opération avait élé faite, donna à MM. Forgue et Jeanbrau

Rat figure

l'occasion de reprendre la question des coups de feu de l'estomac dans un mémoire paru en 1903 dans la Æevue de Chirurgie. L'examen de nombreuses observations permit à nos maîtres d'établir une classification nouvelle des lésions produites sur les viscères creux par les projectiles : les perforations, les éraflures, les contusions. Ils montrèrent que ces deux dernières lésions n'étaient bénignes qu’en apparence et pouvaient parfaitement tuer, comme une perforation. La même thérapeutique leur était donc apphcable. :

À vrai dire, la tâche nous a été facile : MM. Forgue et Jeanbrau ont, en effet, publié en 1903, dans la Æerwe de Chirurgie, une étude remarquable où la question est mise au point avec une conscience de documentation, une méthode et une clarté d'exposition auxquelles M Delorme rendait tout dernièrement hommage, à l’Académie de Médecine.

MM. Forgue et Jeanbrau ont bien voulu nous permettre de suivre de très près leur mémoire, et nous ont fait l’honneur de nous confier quelques-unes des planches qui illustrent leur travail. Notre thèse n'est donc que le reflet, aussi fidèle que possible, des idées de nos Maitres. Mais, si elle n'a d'autre mérite que d'exposer des données à l'abri de‘ toute critique parce qu'elles ont été formulées après scrupu leux examen de chaque cas, notre thèse aura cependant aux veux de nos juges la signification d’une œuvre personnelle. C’est nous qui avons, en effet, traduit la plupart des observations de langue anglaise qui ont servi à nos Maîtres pour écrire leur mémoire. Parmi les observations qu'ils ont résumées en tableaux à Ja fin de leur mémoire, nous avons cru intéressant d'en reproduire quelques-unes in ertenso; en particulier, nous avons donné celle de M. le médecin principal Dubujadoux, qui l'avait communiquée à la Société de chirurgie, où elle avait été brièvement résumée.

Page 1