‹ Des esprits et de leurs manifestations diversesChapitre 151 sur 341 · Nous voulons parler duD'' G · texte numérisé non relu

Nous voulons parler duD'' G

premier ordre.

, directeur d’une feuille médicale du

EXCEPTIONS MÉOICALES.

Au temps de notre propre scepticisme , nous étions toujours scandalisé de trouver dans certains traités classiques, par exemple dans le Dictionnaire des sciences médicales (art. Homme), plusieurs phrases qui juraient terriblement avec l’époque et avec l’esprit général de ces soixante volumes.

Qu’on en juge par celle-ci : « Notre siècle, qui se vante d’être si éclairé, montre autant d’horreur pour les esprits qu’autrefois , suivant Aristote, la nature éprouvait d’aversion pour le vide : on ne veut rien reconnaître hors la nature et le néant... On se prive ainsi volontairement des faits les plus merveilleux, des vérités les plus hautes et les plus incomparables pour s’attacher à l’incertitude des rapports des sens... »

Et plus loin : « Il le faut bien avouer, la doctrine des anges et des démons est beaucoup trop rejetée de nos jours. »

Ailleurs encore et comme réplique au célèbre article Détnonomanie publié par Esquirol dans le même livre : « Si l’empire du démon semble avoir beaucoup trop perdu de son influence à cause du peu de foi de nos jours, qu’èst-ce donc que toute cette thaumaturgie médicale qui, sous le nom de somnambulisme et de magnétisme, succède de nos jours aux sorcelleries, aux vampires, aux revenants, etc.? Ce sont, direzvous , des folies ! mais quelles attestations plus juridiques, quelles autorités plus sacrées manquent donc à leur entière confirmation^?... »

C’était un collaborateur de Broussais et de Magendie qui ne craignait pas, en 1820, de s’exprimer ainsi sous les yeux et sous la dure férule de tels maîtres !

Quelques années plus tard, le docteur Malattier, dans une thèse soutenue avec le plus brillant éclat devant la Faculté, s’exprimait à son tour, sinon avec autant de franchise, du moins avec autant de sagacité. « Sans admettre comme irrévocablement démontrées, disait-ü, certaines situations qui sem-

i . Art. Imagination.

IMPORTANCE MÉDICALE

blent mettre le sujet soumis à l’influence du magnétisme en rapport avec le monde invisible, nous sommes forcé d’avouer qu’il y a là pour l’esprit de l’homme plus d’un mystère à découvrir. .. AWs savons que cette situation étrange devient chez quelques-uns pour ainsi dire l’état normal, et qu’ils arrivent au point de ne pouvoir plus parler et agir que sous l’action de y influence mystérieuse qui s’est en quelque sorte emparée de leur organisation tout entière i. »

En Allemagne, c’était bien autre chose, et si les facultés imitaient partout celle de Paris en se cramponnant à la spiritophobie d’Esquirol et tant d’autres, la désertion individuelle et journalière d’un grand nombre de savants distingués ne laissait pas que de faire souvent trembler sur leurs sièges les pères conscrits du matérialisme orthodoxe. Hoffmann et de Haen ^ , les deux plus grandes autorités médicales du XVIII' siècle, étaient encore trop voisines pour être oubliées de leurs disciples. Henri Stilling, professeur très-distingué de médecine et de chirurgie à Marbourg et à Heidelberg, n’avait pas craint de mettre au jour, à Francfort (en 1808), Scènes du royaume des Esprits, et plus tard. Théorie de leur connaissance. Kernier publiait en 1835, à Calsruhe, ses Possédés des derniers temps; Eschenmayer son Apparition du règne le plus ténébreux de la nature, confirmée juridiquement ; Ennemoser, son grand ouvrage magnétique; le docteur Horner, son Magikon, etc., etc.

En Italie, vers 1850, les docteurs Vallauri, Forni et Bellingeri, de Turin, rédigeaient un rapport « sur une alfection convulsive très- singulière, » qu’ils eurent le courage d’attribuer, après très-mûr et très-savant examen, à sa vraie cause,

Page 1